Fère en Tardenois

Commune de l’Aisne


Fère en Tardenois, le château - Fère en Tardenois, le château Crédits : CRDP d'Amiens

Code postal : 02130
 

Nombre d’habitants : 3270 en 2010


Gentilé : Férois, Féroises

Chef-lieu de canton, Communauté de communes du Tardenois.

Le château

Si le château de Fère-en-Tardenois est aujourd’hui aussi réputé auprès des amateurs d’architecture, il le doit au pont qui enjambe ses douves, et non à la construction principale et médiévale.


Fère en Tardenois, le château - Fère en Tardenois, le château Crédits : CRDP d'Amiens
La forteresse originelle tout d’abord est plantée sur un imposant site défensif, une butte artificielle, polygonale et pavée.

En 1206, Robert II, Comte de Dreux et de Braine, neveu du roi Louis VI le Gros. Il obtient de la comtesse de Champagne dont il devient le vassal, l’autorisation de construire un édifice fortifié à Fère-en-Tardenois. Pour implanter sa forteresse, il choisit un éperon dominant une voie de communication et en transforme l’extrémité en motte en l’isolant par un large fossé. 

Au sommet, est alors bâti un château de plan irrégulier à sept côtés, plan original pour l’époque, flanqué de tours circulaires massives aux angles. Ces tours, percées de hautes archères à chaque niveau, s’appuient sur quatre assises de pierre disposées pour former une sorte de roue dentée, élément décoratif absolument unique dans un château féodal.

Autre particularité de ce château, il ne possède pas de donjon 

On accède à la cour centrale par un châtelet d’entrée, cantonné par deux massifs rectangulaires en éperon. Cet aménagement jeté sur le fossé - aujourd’hui à sec - entre la poterne et le pavillon d’entrée préfigure le château de Chenonceau. 

Les différents propriétaires

La forteresse change plusieurs fois de mains dans les siècles qui suivent. Acheté en 1395 par Louis d’Orléans, son petit-fils, le roi François Ier en fait don, le 21 août 1528 au connétable Anne de Montmorency à l’occasion de son mariage avec Madeleine de Savoie. Dans un premier temps, le nouveau seigneur ne considère son domaine que comme un parc de chasse, puis transforme ces lieux militaires en résidence. De la première campagne de travaux, il ne subsiste aujourd’hui que la porte d’entrée datée de 1539, enrichie du vocabulaire décoratif de la première Renaissance.

Puis, dans le courant des années 1550, pour relier aisément le château à sa basse-cour, Anne de Montmorency fait alors bâtir par son architecte Jean Bullant un pont exceptionnel de 60 m de long.

Cette construction est formée de cinq arches monumentales qui supportent deux galeries superposées. La galerie inférieure joue un rôle purement utilitaire, mais le passage supérieur, accessible par des escaliers, est une galerie d’agrément consacrée au jeu et aux réceptions mondaines du connétable.

Si la fonction de cet élément du château ne présente donc rien de remarquable, la forme qu’il adopte en fait une galerie exceptionnelle, seulement comparable avec la galerie contemporaine du château de Chenonceaux, posée sur le Cher. 

Le château devient la propriété des Condé au XVIIe siècle, puis des Orléans au siècle suivant. Philippe-Egalité fait démolir le château à partir de 1776. On ne sait pour quelle raison.

Les profonds remaniements apportés au château au cours du XVIe siècle, puis le démantèlement qui a suivi la vente du domaine en 1779, ne permettent pas de connaître l’aspect et la distribution des bâtiments qui s’appuyaient contre l’élévation intérieure des courtines, ni les éventuels aménagements de l’époque médiévale, à l’exception du mur de soutènement polygonal cantonné de tourelles qui entoure depuis le XVe siècle la plate-forme sommitale transformée alors en terrasse d’artillerie.


Fère en Tardenois, le château - Fère en Tardenois, le château Crédits : CRDP d'Amiens
Aujourd’hui classé et propriété du Conseil général de l’Aisne, le site fait l’objet d’opérations de sauvegarde et de réhabilitation.

La halle au blé


Fère en Tardenois, la halle au blé - Fère en Tardenois, la halle au blé Crédits : CRDP d'Amiens

Cette halle, sorte de marché couvert, fut construite peu avant 1550. Il s’agit d’une halle au blé, servant donc exclusivement à la vente des grains. Fère possédait déjà à l’époque une halle plus ancienne près de laquelle se tenait le marché.

Ce bâtiment est formé de deux vaisseaux parallèles, séparés par des piliers de bois et délimités par des colonnes de pierre qui supportent un toit couvert de petites tuiles plates.

La tradition rapporte que le connétable Anne de Montmorency, seigneur du lieu, aurait fait couper les châtaigniers de son parc pour construire la charpente.


Fère en Tardenois, la halle au blé - Fère en Tardenois, la halle au blé Crédits : CRDP d'Amiens

Les documents d’archives mentionnent la présence de halles dans la plupart des communes qui jouissaient du droit d’avoir un marché, mais très peu ont survécu à la transformation de l’urbanisme à partir du XIXe siècle.

Parmi celles qui subsistent aujourd’hui, on peut citer par exemple la halle de Marigny-en-Orxois (Aisne), édifiée en bois au XIVe siècle, ou celle de Condé-en-Brie (Aisne) du XVIe siècle, d’un style proche de celle de Fère.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Riboulleau Christiane

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