Ensemble industriel Godin

Familistère Godin à Guise

À côté de sa fonderie de poêles en fonte, Godin construit à Guise, dans l’Aisne, entre 1859 et 1880, un Palais social , témoignage d’une utopie sociale restée sans lendemain. Aujourd’hui classé monument historique il fait l’objet du projet Utopia, destiné à sa valorisation culturelle et touristique.


- L'ensemble industriel Godin à Guise Crédits : Phot’R/Région Picardie

Jean-Baptiste André Godin transfère en 1846 à Guise dans le faubourg de Landrecies, la fonderie de poêles en fonte qu’il avait créée en 1840 dans sa maison natale d’Esquéhéries (Aisne). La production s’étend bientôt à de nombreux appareils et ustensiles de fonte émaillée.

Sur le nouveau site situé dans le faubourg de Landrecies, il conçoit une cité ouvrière modèle appelée « Familistère » et inspirée du « Phalanstère » imaginé par le théoricien socialiste Charles Fourier dans son ouvrage Nouveau monde industriel et sociétaire.

Pour l’entrepreneur axonais, les théories de Fourier semblent être à même d’apporter une solution à la question ouvrière. Le familistère est une société qui s’organise autour de pratiques communautaires : de nombreuses associations, des fêtes, un règlement intérieur.

Dès 1856, un jardin d’agrément destiné aux ouvriers est aménagé en face de l’usine.


- Le Familistère de Guise Crédits : Philippe Frutier/Région Picardie

Le principal immeuble de logements de la cité, appelé « Palais social », est construit entre 1859 et 1880 et complété peu à peu de bâtiments destinés à abriter différents services, les « équivalents de la richesse » (économat, écoles et pouponnat, théâtre, buanderie, piscine, jardins potagers, magasins d’approvisionnement).

Les pavillons d’habitation Landrecies puis Cambrai complètent le site en 1882 et 1885. La conception et la réalisation de cet ensemble magistral, d’une ampleur et d’une ambition exceptionnelles, restent le témoignage d’une utopie sociale restée sans lendemain.

L’entreprise elle-même repose sur des principes mutualistes, la participation des ouvriers aux bénéfices. Puis Godin remet en 1880 à l’Association coopérative du Capital et du Travail, qui regroupe les employés de l’usine, l’ensemble de son capital et de son patrimoine industriel et social.

Après la mort du fondateur en 1888, le sculpteur Amédée-Donatien Doublemard réalise un monument à son effigie sur la place principale du Familistère ainsi que le décor de son tombeau érigé dans le jardin d’agrément.

Après la Première Guerre mondiale, un monument aux morts de la Société du Familistère a été sculpté par les frères Jan et Joël Martel en 1922.

Au fond de la cour d’entrée de la fonderie, des bâtiments de brique et pierre sont élevés de 1922 à 1924 pour les nouveaux ateliers des modèles, du nickelage et du polissage.

La structure d’origine est dissoute en 1968 et remplacée par Godin S.A. qui connaît des difficultés économiques. L’ensemble du site est alors acquis en 1970 par la société Le Creuset qui vend les pavillons d’habitation en copropriété et cède peu à peu à la ville les parties publiques du Familistère. Quelques anciens familistériens y vivent encore.

L’ensemble est classé Monument historique depuis le 4 juillet 1991, ce qui rend possible une restauration des bâtiments depuis 2000, suivant l’initiative conjointe de la ville de Guise et du département de l’Aisne. Le projet de valorisation culturelle et touristique du site du Familistère se nomme Utopia.


- Le Familistère de Guise

L’usine Godin


- L'ensemble industriel Godin à Guise Crédits : CRDP d'Amiens

la marque Godin est aujourd’hui la propriété de la société Cheminées Philippe.

L’usine Godin est toujours visible sur la rive droite de l’Oise. Elle s’est étendue vers l’est, au moment de la reconstruction notamment, entre 1922 et 1924, quand ses bâtiments sont réaménagés après les dégâts de la Première Guerre mondiale.

La fonderie, qui compte plus de 300 salariés en 2011, produit toujours la fonte nécessaire à la fabrication des poêles, cuisinières et autres ustensiles ménagers de la marque Godin. Aujourd’hui, elle est synonyme de qualité et de haut de gamme.

La ville de Guise est donc plus que jamais liée au destin de l’entreprise Godin.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

Vos commentaires

  • Le 9 mars 2016 à 14:14, par lenoble sylvie En réponse à : Ensemble industriel Godin

    je suis une petite fille de Laurent Henri travaillant a Godin et habitait en face de l usine et aussi faisait du jardin ,ou les terre était prêté par Godin il était un remarquable ouvrier il a eu des médailles ; voila pour ma petite fille je cherche des photos de mon grand père ,et des écris a son sujet , je me rappel que son jardin était très beaux merci

    Répondre à ce message

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