Églises et chapelles de l’Aisne

Églises romanes, gothiques et néo-gothiques

L’inventaire des Monuments historiques répertorie 300 bâtiments inscrits et classés dans le département de l’Aisne.

Le Moyen Âge est une période d’intense construction d’églises, une « floraison » aurait dit le chroniqueur Raoul Glaber qui vécu vers l’an mille.

Mais les monuments de style roman ne sont pas légion dans le département de l’Aisne. C’est que la région a été fort touchée, entre Soissons et Laon, par les combats de la Première Guerre mondiale. Le Chemin des Dames … Chacun sait que cette guerre fut grande en destructions.

Ajoutons que la Picardie est plutôt terre d’élection de l’art gothique, « l’art de France », qui s’installe très tôt dans ces contrées proches de la capitale parisienne et du pouvoir royal. Plus tard et au Nord, ce sont des églises fortifiées qu’élèvent les communautés rurales.

Église d’Azy-sur-Marne


Eglise d’Azy-sur-Marne - Église d'Azy-sur Marne Crédits : CRDP d'Amiens

Un pignon triangulaire, une toiture qui descend généreusement sur les bas-côtés de l’édifice, lui-même dominé par la tour de son clocher, percée de fenêtres où domine l’arc en plein cintre. Cette église est caractéristique des églises romanes de la région où les édifices religieux ont fréquemment de ces portails romans, géométriques.

Le portail est du XIIe siècle.
Comme de nombreux édifices anciens de ces communes rurales, cette église ne possède pas d’éléments architecturaux remarquables.

Son ancienneté pourtant la désigne naturellement pour figurer sur la liste des bâtiments inscrits et classés à l’inventaire des Monuments historiques, né sous la Monarchie de Juillet grâce à l’énergie de l’écrivain Prosper Mérimée.

Église de Septvaux


Eglise de Septvaux - Église de Septvaux Crédits : CRDP d'Amiens

Cette jolie église romane du XIIe siècle a la particularité de posséder sept pignons et deux clochers, peut-être en référence aux 7 « vaux » (vallons) qui ont donné son nom au village.

Église de Nouvion-le-Vineux


Eglise de Nouvion-le-Vineux - Église de Nouvion le Vineux Crédits : CRDP d'Amiens

Cette église du XII et XIIIe siècle possède un très beau clocher roman ainsi que des chapiteaux du XIIe qui forment un ensemble remarquable.


Eglise de Nouvion-le-Vineux - Église de Nouvion le Vineux Crédits : CRDP d'Amiens

Telle qu’elle se présente aujourd’hui au visiteur, l’église de Nouvion-le-Vineux, située à quelques kilomètres au sud de Laon, a été édifiée en plusieurs campagnes dans le courant des XIIe et XIIIe siècles.

À cette époque, elle relève du chapitre de la cathédrale de Laon et ce lien aussi bien que la proximité de la ville épiscopale, expliquent l’influence du chantier de la cathédrale sur cette petite église paroissiale.
Le plan exact de l’église au début du XIIe siècle est inconnu, mais il comportait une nef sans bas-côté, communiquant par une arcade avec un clocher hors oeuvre. La base, massive et aveugle, et le premier étage de ce clocher datent de cette période ainsi peut-être que plusieurs assises des absidioles du chevet.

Le troisième quart du XIIe siècle voit la surélévation du clocher et l’édification d’une sorte de transept à absidioles dont la croisée, voûtée d’ogives et percée de fenêtres sur plusieurs côtés, rappelle la tour-lanterne de la cathédrale de Laon.

Cette croisée ouvre sur un choeur à abside, terminé par une niche d’autel. L’achèvement du clocher et la construction de la nef, bordée cette fois de bas-côtés, prennent place à la fin du XIIe siècle ou au début du siècle suivant. La nef, prévue plus longue, ne peut alors se développer que sur deux travées à cause de la déclivité du terrain, également cause du tracé irrégulier de la façade. L’église se complète enfin d’un petit porche ajouté au XIVe siècle.
À l’extérieur, l’élément le plus remarquable est le haut clocher ajouré sur ses quatre élévations par de larges baies, subdivisées de colonnes médianes dans les étages supérieurs. La richesse décorative omniprésente atteint son apogée au niveau médian, recouvert sur ses faces et ses angles de colonnettes droites ou à chevrons portant des chapiteaux feuillagés. Cette ornementation se retrouve à l’intérieur de l’édifice où les chapiteaux s’ornent d’acanthes et feuillages divers mais aussi de sculptures figuratives : lions, sagittaire, cerf, musicien jouant de la viole, etc. Le traitement de ce décor, ainsi que l’élancement vertical de la croisée du transept, témoignent du passage du roman au premier art gothique dans le Laonnois, dans le courant du XIIe siècle. 

Église de Pont-Saint-Mard


Eglise de Pont-Saint-Mard - Église de Pont-Saint-Mard Crédits : CRDP d'Amiens

Dans le petit village de Pont Saint Mard, près de Coucy-le-Château, au Nord de Soissons, s’élève une église pour partie construite au XIIe siècle.

L’abside, que marque à la naissance du toit son cordon de billettes, apparaît comme une excroissance sur le mur de la tour, qui se situe à la croisée du transept. Celle-ci, massive et percée de fenêtres, s’élève et domine la chaussée en contrebas, le cimetière communal.

Pour partie, l’église a été agrandie au XVIe siècle, au cours de cette Renaissance heureuse qui suit et termine la dépression démographique de la fin de la période médiévale. À Pont-Saint-Mard, comme ailleurs, le besoin se fait sentir d’agrandir l’église du village, sa nef notamment.

Église Saint-Yved de Braine


Eglise Saint-Yved - Église de Braine Crédits : CRDP d'Amiens

La petite ville de Braine conserve un sanctuaire dont l’origine remonte au VIIe siècle, époque à laquelle l’Église de Rouen y aurait mis à l’abri des Normands les reliques de saint Évodius ou saint Yved.

Les chanoines prémontrés s’y installent en 1130 et, avec les dons de Robert de Dreux, frère du roi Louis VII, ils rebâtissent l’église dont la consécration intervient en 1216.

Élevée de 1180 à 1216, l’église abbatiale présente une grande homogénéité malgré la destruction des quatre premières travées de la nef en 1832.

Elle tire son originalité d’un plan tout à fait exceptionnel combinant le type basilical dans la nef, à l’origine de six travées, le type centré dans le choeur et le transept à la jonction desquels sont implantées des chapelles en échelon à 45 °, comme dans l’église bénédictine de Saint-Michel-en-Thiérache.

Ce plan répond aux multiples fonctions liturgiques de l’édifice qui accueille la communauté des chanoines mais abrite également les reliques de saint Yved qui donnent lieu à un pèlerinage. L’église sert également de nécropole pour les seigneurs de Braine.

L’élévation de l’édifice à trois niveaux montre la double influence des deux grands chantiers voisins et contemporains des cathédrales de Laon et de Soissons (mêmes marques de tâcherons sur cette dernière). La présence de la tour-lanterne reprend le parti de Laon.

Des vestiges du portail central ont été remontés au revers du portail actuel en 1970, pour évoquer le Couronnement de la Vierge, la Dormition de la Vierge, et peut-être l’Assomption.

Le tympan de Lausanne fait référence à celui de Braine.

Tous les chapiteaux de l’église sont décorés sur le thème végétal décliné du crochet, de la feuille d’eau et du fruit d’arum.

Il reste de l’abbaye le pignon du bâtiment des convers datant du milieu du XIIIe siècle.

L’architecture des Prémontrés, souvent taxée d’avoir imité l’architecture des Cisterciens, montre dans cet édifice l’esprit novateur des Prémontrés qui s’exporta dans toute l’Europe par le biais de l’Ordre.

Église de Liesse


Eglise de Liesse - Église de Liesse Crédits : CRDP d'Amiens

Précédée d’une modeste chapelle dès 1115, l’église de Liesse fondée par les chanoines du chapitre cathédral de Laon, se développe au XIVe siècle.

Lieu d’une ardente dévotion à la Vierge, encouragée par le pape, elle devient un grand centre de pèlerinage et est rebâtie à partir de 1379.

Les rois de France, de Louis XI jusqu’à Louis XVI, se rendent à Liesse au retour de leur sacre à Reims, en même temps qu’ils vont à Corbeny « pour toucher les écrouelles ».

L’aménagement du choeur de l’église témoigne encore de la faveur du pèlerinage auprès des rois, reines et grands de France : Marie de Médicis offre le maître autel, Louis XIII et Anne d’Autriche font construire la sacristie et la famille des Guise-Lorraine fait élever en 1616-1617 par le sculpteur lorrain Cornille Desmaires, le jubé en marbre noir et blanc.
Le jubé est une clôture monumentale séparant le choeur réservé au clergé de la nef à laquelle avaient accès les fidèles. Cette clôture servait, le temps des lectures de l’Épître et de l’Évangile, de chaire à prêcher. Elle se transformait alors en une véritable tribune, le jubé, dont le nom fut inspiré par les premiers mots de « Jube, domine, benedicere » (Ordonne, Seigneur, de bénir), prière par laquelle les diacres et lecteurs demandent à l’officiant sa bénédiction avant de chanter l’Évangile. Avec la modification de la liturgie au XVIIIe siècle, la plupart de ces clôtures furent détruites. Liesse est une des rares églises françaises à avoir conservé son jubé.

Église collégiale d’Oulchy-le-Château


Eglise collégiale d’Oulchy-le-Château - Église d'Oulchy Crédits : CRDP d'Amiens

L’église collégiale d’Oulchy-le-Château s’élève à l’intérieur d’un important château fortifié, attesté au Xe siècle et possession des comtes de Blois-Champagne ; il n’en reste que quelques vestiges.

L’ancienne collégiale appartient à un type architectural fréquent en Champagne et en Île-de-France : la nef couverte d’une charpente, aux grandes arcades en plein cintre décorées d’un ensemble remarquable de chapiteaux sculptés de motifs géométriques et stylisés, remonte à la fin du XIe siècle.

Un clocher du côté sud, haut de trois étages appartient à la même campagne de construction et avait peut-être son pendant côté nord.

Le choeur, de plan carré éclairé par un triplet proche de celui de la cathédrale de Laon et le transept ont été construits au début de l’époque gothique, à la fin du XIIe siècle. L’aile du prieuré qui s’étend au nord, très endommagée pendant la Grande Guerre, a été bâtie au XVIIe siècle.

Église Saint-Pierre de Soissons


Eglise Saint-Pierre - Église Saint-Pierre de Soissons Crédits : CRDP d'Amiens

La ville de Soissons au Moyen Âge est dominée par ses nombreux clochers, comme en témoigne le plan-reliquaire, qui date de 1560, en cuivre ciselé, visible au musée de l’église Saint Léger.

Si la cathédrale demeure de nos jours, les grandes abbayes de Soissons ont beaucoup plus souffert de l’usure du temps et surtout des déprédations issues de la Révolution. Saint Médard est fortement endommagée, Saint-Jean des Vignes est à l’état de ruines, Notre Dame a disparu.

L’abbaye royale, fondée vers 660, fut entièrement rasée à la fin du XVIIIe siècle. Elle occupait l’emplacement de l’actuel Palais de Justice et l’Hôtel des postes, un vaste enclos monastique qui s’étendait jusqu’à l’Aisne.

À l’époque carolingienne, 200 religieuses bénédictines sont placées sous l’autorité de l’Abbesse, le plus souvent une fille ou une parente du souverain carolingien. L’abbaye Notre Dame, célèbre en Occident pour sa riche collection de reliques, est aussi l’un des plus grand couvent de femmes du Nord de la France.

Eglise Saint-Pierre - Église Saint-Pierre de Soissons Crédits : CRDP d'Amiens

Aujourd’hui, il ne reste de ces lieux prestigieux, de ses trois églises qu’un pan de mur du transept de l’église principale, deux baies du bras nord, deux arcs en plein cintre d’un très beau style roman. S’y ajoute la façade, les deux dernières travées de la nef de l’église Saint-Pierre, élevée vers 1150-1160.

Cette petite élévation, mêlant art roman et gothique primitif, honore désormais la mémoire des victimes des déportations de la seconde Guerre mondiale.


Eglise Saint-Pierre - Église Saint-Pierre de Soissons Crédits : CRDP d'Amiens

L’abbaye Notre-Dame est devenue le square Saint-Pierre.

Église de Saint-Rémy-Blanzy


Eglise de Saint-Rémy-Blanzy - Église de Saint-Rémy Crédits : CRDP d'Amiens

Le clocher, haute tour carrée, est surmonté d’un dôme, en forme de ciborium, soutenu par des pilastres corinthiens cannelés.

De la plate-forme, la vue s’étend loin, sur la compagne semée de villages et de fermes, (Plessier-Huleu, Blanzy, La Loge...) sur le paisible ru des Gorgeats qui coule vers la vallée de Nadon. À l’Ouest, s’étend la forêt de Villers-Cotterets.

Église de Noyant, XIIIe siècle


Eglise de Noyant - Église de Noyant Crédits : CRDP d'Amiens


Village de Noyant - Église de Noyant Crédits : CRDP d'Amiens

Église de Royaucourt


Eglise Saint-Julien et Saint Jean-Baptiste - Église de Royaucourt Crédits : CRDP d'Amiens
Église Saint Julien et Saint Jean-Baptiste. Le clocher date du XIIIe siècle et la façade gothique, très élancée du XIVe siècle.

Église de Vorges


Eglise de Vorges

Les habitants du village de Vorges, à huit kilomètres au sud-est de Laon, possèdent une église dont on dit qu’elle a l’allure d’une cathédrale en miniature.

Son plan en forme de croix latine, qui respecte donc les canons de l’architecture religieuse, sa tour lanterne placée à la croisée du transept et de la nef ou cette rosace qui ouvre sa façade et illumine la nef, un vaisseau imposant qui compte cinq travées, sont autant d’éléments qui imitent les grands ensembles gothiques de Picardie.

Un bel exemple d’art religieux pour ce petit village de l’Aisne.
Son élévation présente également une grande unité de style.

La construction en effet remonte aux XIIe et XIIIe siècle.

On ne remarque que peu d’ajouts postérieurs, si ce n’est ces quelques renforts qui viennent se greffer au clocher, aux murs extérieurs du transept. La question se pose néanmoins de l’origine de son portail. Peut-être compte t-il des éléments de réemploi d’un édifice voisin, l’église laonnoise de Saint-Rémi-à-la-porte-du-cloître, démontée en 1842 ?
Un trésor est également visible à l’intérieur.

À coté d’un baptistère qui date du XVIIe siècle, le visiteur peut admirer un chemin de croix de style contemporain, œuvre d’un enfant du pays, l’artiste Hector de Pétigny. Ces quatorze huiles sur toile, restaurés récemment en 2007, ont été installées en 1949 à l’intérieur de l’église Saint-Jean Baptiste. Usant de couleurs chaudes, le peintre, influencé par l’art abstrait, a usé de figures géométriques pour donner un tour moderne à son œuvre, une de celles qui jalonnent le nord du département de l’Aisne.

Église de Chézy en Orxois


Eglise de Chézy-en-Orxois - Chézy, l'église Crédits : CRDP d'Amiens

Église Renaissance du XVIe siècle, de plan basilical.

Église de Landouzy


Eglise de Landouzy - Landouzy, l'église Crédits : CRDP d'Amiens

Landouzy-la-Ville, un village situé au Sud d’Hirson, au Nord du département de l’Aisne, possède un riche patrimoine immobilier : vieux cimetière, croix de chemin, temple protestant, maisons historiques et son église paroissiale.

La façade de 1888 est néo-classique. Le monument conserve encore quelques éléments épars issus de périodes plus anciennes.

L’église primitive est consacrée en 1168. L’arc triomphal à l’entrée du chœur en témoigne.

Le bâtiment, comme une grande partie du village, est incendié en 1591 par les Impériaux, puis par les Espagnols, le 6 septembre 1653.

L’édifice actuel est en grande partie relevé à cette époque. Il est alors décrit par les contemporains comme étant entouré d’une forte muraille de grès.

Les baies de la nef sont percées au XVIIIe siècle, le clocher restauré pendant le règne de Charles X, en 1827-28, par le charpentier Alexis Bécret d’Origny-en-Thiérache.

Les plafonds de la nef, du chœur et de la chapelle sont installés au cours de la décennie suivante.

Enfin, en 1888, sous l’impulsion du curé Pierre-Nicolas-Florestan Martin, desservant de la paroisse de Landouzy-la-Ville, l’élévation occidentale reçoit une nouvelle et élégante façade néo-classique, en placage de ciment, par M. J. Bianco, entrepreneur de maçonnerie à Hirson.


Eglise de Landouzy - Landouzy, l'église Crédits : CRDP d'Amiens

Deux statues en pied de la Vierge couronnée et de Saint Joseph, dominent surmontent le portail, encadrées de pilastres rainurés à chapiteaux corinthiens supportant un entablement couronné par un fronton triangulaire brisé, avec au centre de l’entablement un cartouche rocaille avec des palmes.

Dix verrières, réalisées par l’atelier des maîtres nancéens Henri et Pierre Benoît à la fin des années 1950, méritent l’attention.

La collégiale de Rozoy-sur-Serre


Collégiale de Rozoy-sur-Serre - Rozoy, la collégiale Crédits : CRDP d'Amiens

En 1017, Hildegaud, puissant seigneur de Rozoy en Thiérache fonde un collège de chanoines et un chapitre dans l’enceinte même du château.

Il bâtit une église qu’il fait consacrer par l’évêque de Laon sous l’invocation de Saint-Laurent. La Collégiale surplombe la commune de Rozoy-sur-Serre.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Plouvier, Martine ; Riboulleau Christiane

Vos commentaires

  • Le 5 juin 2015 à 21:02, par Montell En réponse à : Églises et chapelles de l’Aisne

    Pour les connaisseurs d’Eglises, je lance une bouteille à la mer :« y-a-t-il une personne qui pourrait me dire s’il y aurait une autre Église jumelle à celle de Margival ( l’Aisne) dans les régions environnantes ? »
    Par avance, merci.

    In God we trust AAA
    0603302807

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