École de Santé d’Amiens

Évolution des lieux de formation et d’enseignement de la médecine et de la pharmacie dans la capitale picarde depuis la création de l’École de Santé d’Amiens en 1804.

Histoire de l’École de Santé d’Amiens par « Henri Berlemont », publié le 24 février 2012

Création de l’École de Santé d’Amiens, évolution des lieux de formation et de l’enseignement de la médecine et de la pharmacie dans la capitale picarde.
 

La fondation de l’Ecole de Santé d’Amiens

 

Le 1er Germinal an XII (22 mars 1804), la commission administrative des Hospices d’Amiens et la Société Médicale fondent l’École de Santé d’Amiens.
Le but y est de former des officiers de santé, institués par la loi de ventôse an XI (10 février 1803). L’officier de santé, sorte de médecin subalterne, se borne aux soins les plus ordinaires, aux procédés les plus simples de l’art de guérir, portant les premiers secours aux malades, aux blessés et s’occupant des pansements communs et journaliers.
Aux origines, l’École de Santé d’Amiens n’instruit donc pas de futurs docteurs de médecine. Seules les facultés de Paris, Montpellier et Strasbourg ont alors le droit de délivrer le doctorat en médecine. Néanmoins, la création de l’école amiénoise est une véritable innovation : elle est la première structure de ce type en France et sert de modèle pour de nombreuses écoles créées au cours du XIXe siècle.

Le 2 juillet 1806, l’école - installée dans une salle de l’hôtel-Dieu - devient par décret impérial école pratique de Santé.

 

De l’École secondaire à l’École préparatoire de médecine

Au cours de l’année 1825, Louis XVIII place tous les établissements d’enseignement médical et leurs enseignants sous l’autorité nationale de la Commission d’instruction publique : Amiens est alors le siège d’une école « secondaire » de médecine.

Le 13 octobre 1840, l’école amiénoise devient une école préparatoire de médecine et de pharmacie. Elle y accueille des étudiants en médecine - qui y commencent leur formation avant de la terminer dans une faculté où ils soutiennent leur thèse - et des officiers de santé. L’école dépend du rectorat de Douai ; elle reste la quatrième école préparatoire la plus peuplée de France et la meilleure école préparatoire au nord de Paris.

De 1850 à 1890, l’école se spécialise et dispose, au sein de l’hôtel-Dieu, de quatre amphithéâtres et de nombreuses salles d’enseignement pratique. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que des locaux plus fonctionnels soient installés rue de Guyenne, dans le quartier Saint-Leu.

Règlement de l’Ecole de Santé d’Amiens

En novembre 1892, l’enseignement médical manque pourtant de disparaître à Amiens. En effet, les écoles préparatoires de médecine sont menacées par la suppression en France de l’officiat de santé, jugé obsolète. Il faut alors toute la passion du conseiller municipal Jules Verne pour sauver l’école d’une fermeture certaine.

En 1918, le centre-ville d’Amiens est détruit : l’école préparatoire est momentanément transférée à Rouen. Elle reviendra dans la capitale picarde pendant l’entre-deux-guerres.
En 1940, la ville d’Amiens est bombardée par l’aviation nazie ; l’hôtel-Dieu et les locaux de l’école sont totalement détruits. Les cours sont alors déplacés à l’ancien évêché.

Le 10 février 1955, l’école préparatoire de médecine et de pharmacie devient par décret une école nationale de médecine et de pharmacie, rattachée à la faculté de médecine de Lille. De nouveaux locaux sont progressivement installés à Amiens, au sein de l’ancien collège des Prémontrés, rue Frédéric-Petit.

Création de l’Université de Picardie Jules Verne

Le décret du 22 novembre 1966 supprime la section pharmacie de l’école amiénoise mais fonde la nouvelle faculté de médecine. Elle est rattachée à l’université de Lille, malgré la volonté picarde d’acquérir le statut d’université à part entière.

Le 27 mars 1969, l’Université de Picardie, soutenue par l’écrivain et recteur Robert Mallet, est finalement créée par arrêté. Elle regroupe plusieurs « facultés » - renommées depuis la loi Faure du 12 novembre 1968 Unités de formation et de recherche (UFR) - dont l’UFR mixte de médecine et de pharmacie.

Dans les années 1990, les facultés de médecine et de pharmacie - distinctes depuis 1974 - intègrent l’ancien hospice Saint-Charles à Amiens, rue Louvels. Amorcée en 1991, l’installation du nouveau « Pôle Santé » s’achève avec l’ouverture de la bibliothèque universitaire en 2002.

En mars 2004, l’École de Santé d’Amiens fête son bicentenaire.
La future réhabilitation de la citadelle et la réintégration de l’Université de Picardie Jules Verne au cœur de la ville d’Amiens ouvriront une nouvelle page de l’histoire de l’École de Santé. D’ici quelques années, les UFR de médecine et de pharmacie devraient en effet s’installer à proximité du futur CHU Amiens Picardie, dont l’ouverture est prévue en 2013.
 

 

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Berlemont Henri

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