Echos des tranchées (4)

Chapitre 4

La vie quotidienne sur le front, racontée par les soldats, quelques anecdotes, les nouvelles techniques de combat, la vie à l’arrière ... Les « petites histoires » de la grande Histoire.

D’où vient le nom « Chemin des Dames » ?


Le chemin des Dames Crédits : CRDP Picardie

L’origine du nom « Chemin des Dames » semble être bien antérieure à la Première Guerre mondiale. Elle remonte à la veille de la révolution de 1789, à une époque où l’on appelait « Mesdames » les filles du Roi Louis XV.
En 1776, la Duchesse de Narbonne-Lara, dame d’honneur de Madame Adélaïde, l’une des filles du roi, devient propriétaire du château de la Bove, près de l’Abbaye de Vauclair.
En prévision d’un voyage vers la Bove, Adélaïde et Madame de Narbonne, exigent la transformation du chemin qui allait du carrefour de l’Ange Gardien (entre Laon et Soissons) à Corbeny, en voie « carrossable ». La « route pour les Dames » finit par être construite entre 1785 et 1789.
Mais il semblerait que ces Dames ne l’aient jamais empruntée… En effet, dans les archives, on ne mentionne qu’un seul voyage des Dames à la Bove, en 1784 !

Mais où est donc le dragon de la Caverne du dragon ?


La caverne du dragon, le musée Crédits : CRDP Amiens

Dès les premiers mois de 1915, les troupes allemandes investissent une carrière de pierre, probablement exploitée à partir du XVIe siècle, sur le Chemin des Dames. Abri de fortune, la carrière devient vite en enjeu militaire stratégique.
Aux sept entrées de la caverne, des armes crachent le feu, tel un dragon. D’où ‘Caverne du Dragon’, nom donné, dit-on, par les Allemands.
La guerre à 15 mètres sous terre… La caverne permet des attaques et des replis sur l e Chemin des Dames. Protégés du froid, malgré une forte humidité, les Allemands transforment la caverne en une véritable caserne avec postes de tirs et un réseau d’électricité, mais aussi : des dortoirs, une chapelle, un puits, un poste de secours et même un cimetière…
Le 25 juin 1917, les Français prennent la Caverne du Dragon, et repoussent peu à peu les Allemands au fond de la grotte. Entre juillet et octobre 1917, les deux armées sont côte à côte, chacun restant sur le qui-vive, .et guettant avec angoisse le moindre bruit suspect dans les salles de la grotte …

Les tirailleurs sénégalais et la première guerre mondiale.


Des soldats sénégalais au camp de Mailly Crédits : Félix Vallotton. US copyright Office

Décret du gouvernement français, février 1912 : les « indigènes de race noire du groupe de l’Afrique-Occidentale française peuvent en toutes circonstances être désignés pour continuer leur service en dehors du territoire de la colonie » et précise que « la durée du service actif est de quatre ans ».
Les Français louèrent la bravoure des tirailleurs au feu, les propagandistes allemands les présentèrent comme des cannibales…
Ils participent à la bataille du Chemin des Dames en 1917. Au matin du 16 avril 1917, plus de 15 000 tirailleurs sénégalais s’élancent à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. Il neige. Paralysés par le froid, ils sont fauchés par les mitrailleuses allemandes. Dans cette première journée de l’offensive Nivelle, plus de 1 400 « Sénégalais » meurent dans les combats pour la conquête du Mont des Singes, pour la prise des fermes de Moisy et d’Hurtebise ou sur les pentes d’Ailles… Au total, plus de 7 000 hommes, sur 16 500 engagés, meurent sur le Chemin des dames, soit le quart des pertes totales des bataillons sénégalais au cours de la guerre.

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine

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