Duméril, André Constant

Zoologiste (1774, 1860)

La taxinomie de Dumeril a permis de mieux comprendre l’univers des insectes et d’en tirer partie pour mettre en place de moyens de destruction des insectes nuisibles en agriculture et en médecine.


André Duméril

Parcours scientifique

Après des études de médecine, Duméril devient l’élève de Cuvier au Muséum d’histoire naturelle de Paris. En 1803, il suppléait Lacépède à la chaire d’herpétologie (science des reptiles et science des poissons) et lui succède définitivement en 1825 après sa mort.

Il participe à la rédaction de plusieurs ouvrages d’histoire naturelle dont les leçons d’anatomie comparée de Cuvier et rédige plusieurs recueils d’entomologie (science des insectes), d’ichtyologie et d’herpétologie ainsi qu’une zoologie analytique. La taxinomie (la classification des êtres vivants) tient une part très importante dans ses publications et ses travaux comme la plupart des savants de la première moitié du XIXe siècle. Il élabore une classification d’herpétologie dans laquelle il maintient (à tort) les amphibiens, mais c’est surtout la classification des insectes qu’il va rénover et établir définitivement. Pour cela, il reprend d’une part la classification de Linné qui se base sur la forme et le nombre des ailes et la classification de Latreille qui se base sur la forme et le nombre des parties composant la bouche.

Découvertes

Ainsi, il parvient aux différents ordres toujours d’actualités : aptères, diptères, lépidoptères, hémiptères, hyménoptères, névroptères, orthoptères et coléoptères. Il est également le premier à rassembler les données permettant d’attester de la perception olfactive des insectes. Pour cela il procède en trois étapes ; le comportement, l’anatomie comparée et la localisation anatomique. Ainsi, il observe que les abeilles sont attirées par l’odeur des fleurs alors que celles-ci sont enveloppées dans un sac en papier opaque ou encore que les insectes nécrophages sont attirés par l’odeur d’un cadavre sur de très longues distances. Ses travaux sur les poissons lui démontrent que l’organe de l’odorat n’est pas systématiquement présent sous la forme d’un nez, en cela il s’oppose aux idées de son temps qui considèrent que l’insecte, n’ayant pas de nez, n’a pas d’odorat.

Pour localiser cet organe olfactif, il reprend l’hypothèse de Baster qui le situe à l’entrée des stigmates. Les stigmates sont les orifices présents le long de l’abdomen des insectes et qui leur permet de respirer. Il confirme cette localisation en observant de nombreuses fibres nerveuses qu’il associe aux nerfs olfactifs. La localisation se révélera fausse, puisque l’organe de l’odorat sera identifié dans les antennes au début du XXe siècle.

Cependant, ses réflexions sur l’odorat de l’insecte lancent un vif débat qui animera la communauté entomologique jusqu’au début du XXe siècle, tout comme son approche de la taxinomie qui a permis de développer l’étude des mœurs et de faciliter l’inventaire des insectes effectués tout au long du XIXe siècle, ainsi que l’identification des nouvelles espèces découvertes lors des grandes expéditions à travers le monde.

Retombées

Avec la révolution industrielle, l’agriculture s’intensifie et de nouvelles pathologies se développent. Sa taxinomie facilite la mise en place de moyens de destruction des insectes nuisibles tant en agriculture qu’en médecine. Elle permet également de développer l’étude des mœurs qui favorise la compréhension de l’univers des insectes.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Bouture Sylvain

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