Dulac, Germaine

Journaliste, réalisatrice et productrice de cinéma (1882 – 1942)

Germaine Dulac est non seulement l’une des premières réalisatrices de l’histoire du cinéma mais une théoricienne de l’art cinématographique. Elle met sa plume de journaliste au service de son engagement féministe et pacifiste.


Germaine Dulac Crédits : surrealismestvincent.wikispaces.com
 

Voilà comment en 1921, le journaliste André Daven décrit Germaine Dulac : « À ses doigts composés de bagues, des poignets sculptés, une cheville ceinturée d’or. Une canne. Fume, fume. Sa dextre torturant une cigarette, sa senestre ancrée dans la poche de son tailleur sont très convaincues de ce qu’elle fait. Au studio omet gens, heures, repas. Fume, fume. Véhémentement s’active, se fouette, et cinglée, commande. Est d’une urbanité parfaite et fume, fume. Wagner, Van Dongen, Vacaresco, Canudo. »

Biographie

Germaine Dulac est une des premières réalisatrices de l’histoire du cinéma. Elle est également célèbre pour son travail de théoricienne de l’art cinématographique et son engagement féministe.

Enfance

Née Germaine Saisset-Schneider le 17 novembre 1882 au 16 rue Dufour à Amiens, Germaine Dulac est la fille du Pierre-Maurice Saisset-Schneider et de Madeleine Weymel. Son père, Général de cavalerie est issu d’une famille de dignitaires de l’armée et d’hommes d’État. Quant à sa mère, ont sait peu de choses à son sujet. Elle fut internée contre son gré par son mari dans un hospice à partir de 1900 et durant les quatorze dernières années de sa vie. Germaine Dulac vit peu de temps en Picardie. Elle déménage ainsi dès ses premières années à Paris où elle est confiée à sa grand-mère. Puis elle est envoyée au pensionnat de la Visitation Sainte-Marie de Saint-Étienne où elle est interne de 1893 à 1904. Elle y nourrira un goût affirmé pour la littérature et les arts.

Mariage

À la suite de ses années au pensionnat, elle retourne s’installer à Paris. Elle a alors dix-huit ans et fréquente les milieux artistiques. C’est ainsi durant un concert qu’elle rencontre Albert Dulac, ingénieur agronome et futur écrivain qu’elle épouse en avril 1905. Mais le parcours de cette femme éprise d’émancipation l’amènera à demander et obtenir le divorce en 1920.

 

Journalisme

De 1906 à 1913, Germaine Dulac est journaliste à La Française, publication féministe. Elle y rédige des critiques de pièces de théâtre et des portraits de femmes de lettres. Chacun de ses articles est l’occasion d’évoquer le statut de la femme et de promouvoir sa libération. Parallèlement, Germaine Dulac donne de nombreuses conférences au sein de l’Alliance française sur l’importance des contributions féminines en littérature et sur le rôle des femmes dans le progrès social. Femme engagée, membre de la SFIO, Germaine Dulac est également pacifiste. Elle participe en 1907 à la marche des femmes pour la paix et deviendra dans les années vingt vice-présidente du Comité de désarmement moral, puis intégrera la Commission pour la compréhension internationale de la Société des Nations.

 

Théâtre

Avant de débuter sa carrière dans le cinéma, Germaine Dulac va s’essayer à l’écriture théâtrale. En 1907, elle rédige L’Emprise, pièce sur les aspirations émancipatrices d’une femme mariée à un homme conservateur. Elle écrira jusqu’en 1915 une dizaine de compositions dramatiques.

 
Germaine Dulac

Cinéma

Durant sa carrière de journaliste, Germaine Dulac rencontre de nombreuses vedettes féminines qui l’encouragent à se diriger vers le cinéma. En 1915, elle crée ainsi sa maison de production, DH Films, avec la romancière Irène Hillel-Erlanger qui deviendra sa scénariste. La carrière de réalisatrice de Germaine Dulac se déploie entre 1915 et 1934. Durant cette période, elle tourne vingt-neuf films.

1.Le cinéma impressionniste  : dans ses toutes premières mises en scène, Germaine Dulac cherche à définir sa propre esthétique mais sa formation et ses goûts artistiques, imprègnent ses films d’éléments théâtraux. C’est en 1918, avec La Cigarette que la réalisatrice prend la voie d’un cinéma réaliste où les images laissent transparaître la vie intérieure des personnages. La Fête espagnole (1919), né d’une collaboration avec le célèbre critique Louis Delluc, sera ainsi le point de départ de la première avant-garde du cinéma français : l’impressionnisme. Les films de Dulac sont rythmés et mettent en avant le mouvement, essence du cinéma. Quant aux sujets abordés, ils demeurent les questions féministes, mais aussi les inégalités sociales.

2.Le « cinéma pur » : Dulac développe tout au long des années vingt une théorie du cinéma prenant forme dans une série d’articles qui tente de définir l’art cinématographique. Cette conception peut se résumer dans ce qu’elle nomme : « une pure symphonie visuelle ». C’est sur un scénario d’Antonin Artaud que Dulac réalise La Coquille et le Clergyman (1927). Ce dernier demeure le plus célèbre de sa filmographie pour ses partis pris esthétiques et surtout le scandale qu’il provoqua, Artaud se désolidarisant de la réalisatrice et le groupe des Surréalistes critiquant vertement le film et la personnalité de Dulac. Cette dernière poursuivra tout de même quelques temps la voie du « cinéma pur » en mettant en scène des films abstraits.

3. Les documentaires : avec l’avènement du cinéma parlant, Dulac abandonne la fiction pour se tourner vers le documentaire et les films d’actualité. Elle y retrouve ses préoccupations éducatives. Elle crée ainsi en 1932 l’hebdomadaire France-Actualités. Puis elle devient en 1935 la directrice adjointe des Actualités Gaumont.

 
Germaine Dulac meurt prématurément en 1942 à l’age de soixante ans. Femme de conviction, elle aura consacré sa vie entière et toute son énergie à la défense de la cause féminine et au développement du cinéma.

 

Filmographie

1915 Les sœurs ennemies
1917 Dans l’ouragan de la vie
1917 Géo, le mystérieux
1918 La jeune fille la plus méritante de France
1919 Le bonheur des autres
1919 La cigarette
1920 Malencontre
1920 La fête espagnole
1920 La belle dame sans merci
1920 Âmes de fous
1922 Werther
1923 La mort du soleil
1923 La souriante Madame Beudet
1923 Gossette
1924 Le diable dans la ville
1924 Rêve et réalité
1926 La folie des vaillants
1927 Le cinéma au service de l’histoire
1927 Antoinette Sabrier
1927 L’invitation au voyage
1928 Thèmes et variations
1928 La germination d’un haricot
1928 Disque 957
1928 Danses espagnoles
1928 Celles qui s’en font
1928 La coquille et le clergyman
la coquille et le clergyman, 1928 Crédits : influencepeinturecinema.wordpress.com

1928 L’oublié
1929 Étude cinégraphique sur une arabesque
1934 Je n’ai plus rien

 

■.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Durteste Pierre

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