Doullens

Commune de la Somme


Doullens - Doullens Crédits : CRDP d'Amiens

Code postal : 80600
 

Nombre d’habitants : 6717 en 2010


Gentilé : Doullennais, Doullennaises

Chef-lieu de canton

Doullens est un site de fond de vallée.
La photo ci-dessus est prise du tiers inférieur du versant sud de la vallée de l’Authie en direction du fond de vallée (155 m d’altitutde) où se situe la cité et au delà vers le versant Nord, encore rural qui monte en pente forte vers la surface du plateau, à 130 m d’altitude.


Doullens, maison bourgeoise - Doullens, maison bourgeoise Crédits : CRDP d'Amiens

Quelques belles maisons bourgeoises et la bibliothèque et la médiathèque, dans un très beau bâtiment de brique et craie du XIXe siècle réhabilité témoignent de l’ancienne puissance de la cité, due essentiellement à sesindustries textiles.


Doullens, rénovation - Doullens, rénovation Crédits : CRDP d'Amiens

Le beffroi


Doullens, le beffroi - Doullens, le beffroi Crédits : CRDP d'Amiens

Question : quel est le point commun entre ces différentes communes : Abbeville, Amiens, Doullens, Lucheux, Rue et Saint-Riquier dans la Somme ; Armentières, Bailleul, Bergues, Cambrai, Comines, Douai, Dunkerque, Gravelines, Loos et Lille dans le Nord ; Aire-sur-la-Lys, Arras, Béthune, Boulogne-sur-Mer, Calais et Hesdin dans le Pas-de-Calais ?
Réponse : ces 22 communes possèdent toutes un beffroi - une tour renfermant les cloches de la commune.

Classés au Patrimoine Mondial de l’U.N.E.S.C.O., le 16 juillet 2005. Ils rejoignent 32 autres beffrois, belges, également classés sur la prestigieuse liste en 1999.

Au mois de décembre 2002, une association a été créée pour porter ce projet de classement et un comité scientifique - dirigé par l’historien Alain Lottin - a été nommé afin de déterminer les beffrois à distinguer. Seuls ont été retenus les monuments classés au titre des Monuments historiques, situés sur une aire culturelle limitée, l’ancienne Flandre du Moyen Âge.

« Les beffrois, c’est le symbole du pouvoir communal qui s’érige face à différents pouvoirs, le pouvoir seigneurial et celui de l’Église qui avaient leurs donjons. Le beffroi, au départ, ce sont des tours de guet qui assurent la surveillance et la sécurité de la ville… Aujourd’hui, c’est le symbole de l’identité urbaine. Il suffit de voir avec quel acharnement on les a reconstruits chaque fois qu’ils sont tombés et comment les villes récentes en ont bâti. » (Alain Lottin) 

À partir du XIe siècle, les communes libres font élever leurs beffrois au milieu des habitations de la cité. Le nouveau monument est le symbole de leur nouvelle autonomie, la construction étant précédée le plus souvent par la révolte, puis par la concession par leurs seigneurs d’une charte communale qui leur accordait des libertés.

L’horloge elle, est synonyme d’autonomie vis-à-vis du pouvoir religieux. Le temps du marchand se substitue à celui de l’Église, celuis des heures sonnées aux cinq prières quotidiennes.

Le beffroi, c’est l’avènement de la bourgeoisie urbaine.

A Doullens, le premier beffroi est construit en 1363. Il est détruit en 1595, lors de l’incendie de la cité par les Espagnols. Le monument communal est reconstruit en 1613 en briques et pierres dite « à bossage ». La partie supérieure date d’une restauration en 1781. La dernière en date remonte à 1979.
Le beffroi de Doullens est celui de l’ancienne maison communale, l’échevinage.

Depuis 1970, il abrite le Syndicat d’Initiative de la ville, installé au rez-de-chaussée dans la salle centrale, dont la voûte en croisée d’ogives monte à 28 mètres est.

La tour, qui culmine à 28 mètres de hauteur, comporte quatre étages renfermant les poids permettant le mécanisme de l’horloge, puis l’horloge, les trois cloches (dont la plus grosse répond au nom de Jeanne d’Auxi, puisque provenant de la commune voisine d’Auxi-le-Chateau), et la charpente.

La citadelle


Doullens, la citadelle - Doullens, la citadelle Crédits : CRDP d'Amiens

Cette vue aérienne de la citadelle de Doullens fait apparaître toute la complexité des fortifications de l’Ancien Régime. Cette structure demeurée presque intacte est l’une des plus vastes de France. Elle est située au sud de la ville et commande les vallées de l’Authie et de la Grouche, à 30 km au nord d’Amiens.

En forme d’étoile, elle se compose de deux ensembles distincts :

  • au nord, face à la ville, un ensemble quadrangulaire, bastionné à chaque angle (bastions d’Amiens, de la Reine, du Gouverneur, de Beauregard) ;
  • au sud, trois bastions (Richelieu, Royal, Dauphin).

Son élévation répond à des préoccupations militaires et politiques. Au XVIe siècle Doullens est une ville frontière, le roi François ordonne en 1526 le renforcement de cette place, construite sur les ruines d’un château vieux de plusieurs siècles. Le roi part guerroyer en Italie et souhait protéger le nord du royaume. Les travaux sont réalisés par l’architecte Antonio de Casrell.

Il faut attendre la prise de Doullens (1595) et d’Amiens (1597) par les Espagnols, pour qu’Henri IV décide de renforcer sa ligne de fortification.

Jean Errard de Bar-le-Duc, déjà en charge de la construction d’une citadelle à Amiens, modernise celle de Doullens à partir de 1599. Les travaux se poursuivent tout au long du XVIIe siècle.

La place forte tombe en désuétude lorsque s’éloigna la menace espagnole.

Elle devient une prison d’État (Gaston d’Orléans, Barbès et Raspail en furent les infortunés occupants !) et plus particulièrement une prison pour femmes à partir de 1855 (Albertine Sarrazin a relaté son évasion de Doullens dans « L’Astragale »).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la citadelle accueille une base de lancement de V1

L’église Saint-Pierre


Doullens, l’église Saint-Pierre - Doullens, église Saint-Pierre Crédits : CRDP d'Amiens

La fondation d’une première église remonte à 1110, mais la construction de l’église Saint-Pierre ne commence qu’au début du XIIIe siècle. Elle est achevée vers 1220 et témoigne d’un programme ambitieux : une nef à cinq travées qui s’élève sur trois niveaux au nord et deux au sud.

La partie orientale (transept et choeur), aujourd’hui disparue, s’étendait sur 14 m. Les pans du chevet sont en nombre pair (six), une pile placée dans l’axe de l’édifice donne du mouvement à l’ensemble.

Ce système servira d’exemple à l’époque flamboyante.

L’église Saint-Pierre est démantelée pendant la Révolution française puis vendue comme bien national et utilisée comme écurie et atelier de menuiserie.

Le calvaire


Doullens, le calvaire - Doullens, le calvaire Crédits : CRDP d'Amiens

La Grande Guerre est une guerre de coalition. Dès l’été 1914 se pose avec acuité la question de la coordination des forces britanniques et françaises sur le front occidental. Si celle-ci est ramenée au second plan dans les années qui suivent, la guerre de position succédant à la guerre de mouvement, l’offensive allemande du printemps 1918 montre de nouveau au grand jour les insuffisances du commandement allié.

L’année 1917 amène une première série de changements, l’entrée en guerre des États-Unis aidant. Ainsi, le 7 novembre, le Conseil suprême de guerre, où chaque pays est représenté par un officier général et un membre de son gouvernement, est instauré. Il a son siège à Versailles et à pour but « d’assurer une meilleure coordination de l’action militaire sur le front occidental et de veiller à la conduite générale de la guerre ».
L’année suivante cependant, sur toute la ligne de front, des soldats français, britanniques, italiens et américains sont engagés pour contenir les assauts allemands et stabiliser un front percé par les attaques allemandes des mois de mars et avril.

A Doullens, au nord du département de la Somme, le 26 mars 1918, le principe du commandement unique interallié est enfin adopté, lors d’une conférence internationale qui se déroule dans une des salles de la mairie.
Celui-ci est confié au général Foch. Avec le titre de Généralissime, l’officier français coiffe ainsi les généraux Pétain, Haig et Pershing. 

Il prend la direction stratégique des opérations militaires dès le 3 avril, mais n’occupe ses fonctions que le 14 avril suivant, avant d’être élevé au maréchalat.

Cette coordination des armées alliées lui permet de planifier et de mener l’offensive générale de l’été 1918 qui force l’Allemagne à demander l’armistice, le 11 novembre suivant.


Doullens, le calvaire - Doullens, le calvaire Crédits : CRDP d'Amiens

Doullens conserve dans son paysage le souvenir de l’événement fondateur du 26 mars 1918.

Le 26 juin 1921, un calvaire, érigé au sommet de la colline qui domine la ville à l’Est, est inauguré. Les lieux ont été marqué par les premiers bombardements qui ont touché la ville, aux mois de mai et juin 1918. Sur le socle du monument, deux bas reliefs sont dus aux ciseaux des sculpteurs Albert Roze et Pierre Ansard.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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