Démographie de la Picardie

Descriptif de la population picarde

Avec près de 2 millions d’habitants et une croissance modérée de sa population, La Picardie est la douzième région française en terme de population. Elle a conservé le caractère rural de ses paysages et la proportion de Picards vivant en milieu rural est bien supérieure à la moyenne nationale.


Crèche Crédits : Photo Garret COM DES IMAGES / REGION PICARDIE Au 1er janvier 2006, on comptait 1.886.000 picards, soit une croissance de 4100 picards par an depuis 1999.

Historique

La Picardie retrouve ainsi son rang de 12e région en termes de poids démographique, comme cela était le cas en 1851, avec notamment le poids de la Somme, qui était le département le plus peuplé.

Entre ces deux périodes, différents événements ont vu la démographie picarde évoluer. Ainsi, l’impact des deux conflits mondiaux a entraîné une baisse importante de la population picarde. Les Trente Glorieuses ont été favorables à la Picardie avec une nouvelle poussée démographique de 1946 à 1962 due à l’excédent des naissances sur les décès.


Depuis 1962, l’Oise a bénéficié d’une plus forte croissance que l’Aisne ou la Somme, notamment en raison du desserrement de l’Ile de France. La situation isarienne a cependant connu un certain ralentissement de 1990 à 1999 avec un solde migratoire devenu légèrement négatif. De 1982 à 1999, l’Aisne a stabilisé sa population alors que la Somme a vu sa population croître de 2% au cours des années passées.

Aujourd’hui

La Picardie bénéficie d’un solde naturel encore bon avec 8.300 habitants supplémentaires. Néanmoins, elle souffre d’un déficit migratoire de 4.100 habitants par an qui sont perdus. Le solde naturel favorable est également dû à la diminution des décès ainsi qu’à la stagnation des naissances de deux enfants par femme. Néanmoins, la constance du nombre de naissances et de décès des picards dans les années à venir risque d’entraîner une baisse du solde naturel.

La situation démographique de l’Aisne est la conséquence du vieillissement de sa population, du départ des jeunes et du départ des femmes en âge de procréer, malgré un taux de fécondité plus élevé que dans le reste de la Picardie.

Dans l’Oise, le taux de fécondité est également élevé grâce au nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Cependant le solde migratoire connaît un déficit en raison du départ des retraités, retournant souvent dans leur région d’origine, ou en raison du départ des jeunes adultes, ayant également des conséquences sur le logement.

Le recensement


Maternité - Maternité d'Amiens Crédits : A.Sidoli/Région Picardie

Les premiers enseignements du dernier recensement font apparaître que l’âge moyen est passé d’un peu moins de 37 ans en 1999 à 38 ans en 2005, soit une hausse de 1 an et 4 mois en 6 ans. La taille des ménages reste plus élevée qu’en France (2, 3 pour la moyenne nationale) même si elle est passée de 2,59 en 1999 à 2,46. Enfin, la mobilité s’accélère. Un ménage sur trois déclare avoir changé de logement en 5 ans et un peu plus d’un sur cinq de commune ; seulement 7,5% des ménages viennent d’une autre région.

Le vieillissement de la population picarde


Sur le tour de Picardie - Sur la route du Tour de Picardie Crédits : L. Leber/Région Picardie

Si la Picardie connaît une fécondité assez élevée et que les naissances sont plus précoces qu’en moyenne, le taux de mortalité prématurée est proche de celui de la France (soit 258,6 décès pour 100.000 de moins de 65 ans contre 219,2 décès pour la France métropolitaine en 2002), l’espérance de vie est plus courte, en raison des risques liés au tabagisme et aux mauvaises habitudes alimentaires, le cancer étant la première cause de mortalité avant 65 ans.

Ainsi, un homme picard peut espérer vivre jusqu’à 73,1 ans alors qu’un français vivra jusqu’à 75,6 ans. Les femmes subissent le même sort avec une espérance de vie de 81,5 ans pour les picardes contre 82,9 ans pour les françaises. Ces profils de mortalité se retrouvent également dans les régions du nord de la France comme le Nord-Pas-de-Calais, la Normandie et la Lorraine.

L’exception picarde reste cependant l’Oise dont les traits démographiques dominants répliquent ceux de l’Ile de France avec une espérance de vie plus longue et un taux de mortalité plus faible.

Néanmoins, les projections démographiques restent optimistes et les tendances peuvent laisser penser qu’en 2030 la population picarde sera toujours jeune mais l’âge moyen des picards sera de 43 ans et 7 mois contre 44 ans pour l’ensemble des français. La part des 25 ans et moins passerait de 34,5 % en 1999 à 28,6 % en 2030. Les plus de 60 ans représentant en 2006 19,1 % de la population formeront 30,5 % du nombre d’habitants en 2030. Ce phénomène résultera de la génération du baby boom en 2007 dans les plus de 60 ans et de la faiblesse des classes d’âge plus jeunes.

L’accélération du vieillissement se fera néanmoins sentir en Picardie avec l’augmentation de la part des 80 ans et plus passant de 56.000 en 1999 à 142.000 en 2030. L’Oise sera le département le plus touché par ce phénomène avec 20.000 personnes de plus de 80 ans en 1999 puis 59.000 en 2030. Ceci oblige dès à présent à poser certaines réformes dès lors qu’une personne sur 5 de cette classe d’âge vit en maison de retraite. Les autres départements picards connaîtront un phénomène de vieillissement plus rapide, avec des conséquences sur certains bassins d’emploi à l’exemple du Vimeu, dans la Somme, qui sera, selon les projections, le territoire le plus « vieux » de Picardie.

Un peuplement disséminé

La Picardie a conservé le caractère rural de ses paysages, avec un habitat dispersé et une plus forte proportion de population vivant en milieu rural qu’en moyenne en France. En 1999, près de 40 % des Picards habitent une commune de moins de 2 000 habitants contre à peine un quart des Français.

Dans le même temps, l’absence de très grandes villes et de banlieues accentue l’aspect très rural de la région ; Amiens, l’agglomération la plus peuplée ne compte que 160 000 habitants. En 1999, moins du tiers des Picards habite une agglomération de plus de 30 000 habitants alors que c’est le cas pour plus d’un Français sur deux. Du point de vue des paysages, en dehors des principales villes, les terres agricoles recouvrent 80% de la surface du territoire de la Picardie. La présence d’un réseau particulièrement développé de villes moyennes et petites encourage un peuplement fortement disséminé en Picardie. Ces villes, qui maillent étroitement le territoire, connaissent une forte tertiarisation de l’emploi qui contribue à la dynamique économique des espaces ruraux. Elles assurent bien souvent à la population des campagnes, un accès relativement proche à l’essentiel des services de la vie courante, mais aussi récréatifs et touristiques. En moyenne, la population rurale se situe à environ un quart d’heure des principales ressources (commerces, services et emploi), le relief et le climat ne constituant pas, dans la région, de frein d’accès particulier.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Conseil Economique et Social Régional de Picardie

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.