Cuvinot, Paul

Ingénieur et homme poliique (1837-1920)

Intimement lié au Plan Freycinet (chemins de fer) en tant qu’ingénieur et en tant que politique, il se préoccupe de la sécurité et du secours mutuel...et de la sauvegarde du patrimoine en devenant l’un des premiers membres de la Société archéologique et historique de Clermont.


Paul Cuvinot

Paul Louis Joseph Cuvinot est né à Liancourt le 1er juin 1837. Il est le fils de Louis Joseph Cuvinot et d’Alexandrine Julie Norest. Il fut, en 1902, un des premiers membres de la Société archéologique et historique de Clermont (SAHC).
Il est présent lors de l’inauguration de la statue de Cassini II en 1902 à Clermont.
Il habita le château d’Agnetz dénommé le « Castel » peu après 1882, à la mort d’Emile de Girardin. Il décède à Paris le 19 août 1920 à l’âge de 83 ans.
Sa carrière professionnelle

Il fit ses études à l’Ecole Polytechnique, puis entra aux Ponts-et-Chaussées. Il a exercé dans le Doubs en 1860 puis à Nantes et à Paris durant la guerre franco-prussienne. Après la guerre, il remplit les fonctions d’ingénieur à Saint-Dizier. Il fut appelé, en 1876, à diriger le service de la navigation de la Seine et des ponts de Paris. Lorsque, pour la première fois, M. de Freycinet reçut en décembre 1877, le portefeuille des Travaux publics, il donna à M. Cuvinot le grade d’ingénieur en chef, et le nomma directeur du personnel et chef du cabinet. M. Cuvinot occupait ce poste lorsqu’il fut, le 5 janvier 1879, élu sénateur de l’Oise. Bien qu’il eût donné sa démission de fonctionnaire, un décret du 18 janvier 1879 le maintint à titre provisoire à la tête du cabinet et du personnel.

Sa carrière politique

Il brigua plusieurs mandats politiques comme sénateur et conseil général. Il fut élu sénateur de l’Oise, du 5 janvier 1879 au 10 janvier 1920. Dans cette assemblée, M. Cuvinot prit place sur les bancs de la gauche. Il fut en outre rapporteur de la loi sur les rapports des compagnies de chemins de fer avec leurs agents commissionnés (1887).

Il déposa de nombreux rapports concernant les transports par voie ferrée, les délégués à la sécurité des ouvriers mineurs (1890), les sociétés de secours mutuels (1892), les Caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs (1896). Il se fit entendre à la tribune au cours de débats relatifs : à la responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail (1890), au louage et aux rapports des agents de chemins de fer avec les Compagnies (1890), au budget général de l’exercice 1892 (1892), aux sociétés de secours mutuels (1892), à l’emprunt de 200 millions demandé par la ville de Paris (1892), aux Caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs (1893), à l’intégration de chemins de fer d’intérêt local dans le réseau d’intérêt général (1893).

A plusieurs reprises il a été question de M. Cuvinot pour un portefeuille ministériel mais sans que jamais cela ne se fasse. Il fut également président du Conseil général de l’Oise du 18 août 1890 au 18 août 1901 où il représente le canton de Noailles. Il fut également nommé chevalier de la Légion d’honneur le 8 février 1877.

Le bâtiment « Fondation Paul Cuvinot »

Le bâtiment « Fondation Paul Cuvinot » se trouve à Clermont de l’Oise, au croisement des rues Frédéric Raboisson et de la Croix-Picard. Fréderic Raboisson (1825-1906) était un riche agriculteur (1). Il fut également administrateur de l’hôpital de 1879 à 1906 soit pendant 27 ans. A sa mort, étant sans enfants, il demanda que toute sa fortune soit léguée à l’hôpital de Clermont. Celle-ci s’élevait à neuf cent mille francs (soit 3 187 953 euros !). Sa famille (neveu et nièce), fortunée elle-même, s’opposa à ce legs et entama un long procès qui alla jusqu’au Conseil d’Etat (séance du 7 mars 1908). La famille perdit ce procès. C’est le sénateur Cuvinot qui informera le conseil d’administration de cette bonne nouvelle pour l’avoir préalablement obtenue de Georges Clemenceau, alors Président du Conseil.

En 1906, à l’initiative de M. Cuvinot et de son épouse, fut créé l’Association du Sanatorium de l’Oise qui deviendra ensuite l’Office Privé d’Hygiène Sociale (OPHS) ayant pour but de lutter contre la tuberculose dans le département de l’Oise

Le Sénateur Cuvinot soutient le projet du conseil d’administration de « créer, dans un but humanitaire, un dispensaire antituberculeux où il serait donné des consultations, des secours et des soins aux malades de l’arrondissement, atteints de la tuberculose, lequel établissement, situé en dehors de l’enceinte de l’hospice et de ses dépendances serait desservi par un personnel exclusivement laïc ». Notre sénateur précisait que la Société antituberculeuse de l’Oise, dont il était le président, prendrait en charge les dépenses de personnel et d’entretien des locaux comme chauffage.

En 1909, l’hôpital concède à M. Cuvinot et la société antituberculeuse qu’il représente ce bâtiment pour un coût de 12 000 f. Pour perpétuer la générosité du sénateur donateur, le fronton portera la mention « Fondation Paul Cuvinot ». Durant la deuxième guerre mondiale, ce bâtiment sera bombardé.

En 1980, ce dispensaire d’hygiène sociale de Clermont cesse son activité. Il sert ensuite de consultation de pédopsychiatrie pour le Centre Hospitalier Interdépartemental de Clermont.

En 1997, le conseil d’administration de l’hôpital refuse de le vendre.

En 1998, L’hôpital général le reprend à sa charge et s’en sert pour héberger des médecins de garde du service des urgences et du Service mobile d’urgences et de réanimation (SMUR).


(1) Bellanger P. et E. Frédéric Raboisson (1825-1906) Société archéologique et historique de Clermont-en-Beauvaisis Comptes rendus et mémoires Tome 41 – année 2002-2005 - page 37-42

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Isambart Guy

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