Creil

Commune de l’Oise

Cette ville ouvrière, à la mixité culturelle importante, a subi les crises de plein fouet et peine à résister à l’attraction de la région parisienne en matière d’emploi.


L’Oise à Creil - L'Oise à Creil Crédits : CRDP d'Amiens

Ville centre du sud de l’Oise

Nombre d’habitants : 31000 habitants

Agglomération : 68000

Gentilé : Creillois, Creilloises

Jumelages :

  • Marl (Allemagne)
  • Pendle (Angleterre)
  • Chorzow (Pologne)

30,8 % de la population de la ville a moins de 20 ans, taux supérieur à la moyenne nationale (24,6 %) et régionale (26,9 %).

Ville ouvrière, Creil a connu un grand brassage des nationalités à partir du XIXe siècle avec l’arrivée successive de migrants venant d’abord des régions du Nord de la France, puis d’Europe du Nord, du Sud et d’Afrique.

La ville subit de plein fouet la crise économique qui débute au milieu des années 1970. Les années 1980 sont ponctuées de fermetures et de restructurations. Les années 1990 accentuent ce phénomène, avec notamment la fermeture de l’usine Chausson qui employait environ 3000 personnes.

Si le bassin creillois est en partie sous l’influence de la région parisienne, attractive en matière d’emplois, il faut tout de même noter que 37,3 % des actifs travaillent dans la commune.

Creil possède cependant un atout important, celui d’être située sur un important noeud ferroviaire, autoroutier et fluvial. La vallée de l’Oise constitue un axe de passage fondamental entre la région parisienne et celle du Nord-Pas-de-Calais et, au-delà, l’Europe belgo-néerlandaise ou rhénane. La vue montre ses composantes ferroviaire et fluviale. La voie ferrée dessert une vaste zone d’industries lourdes. L’Oise reçoit les plus grosses péniches de gabarit européen comme les convois poussés de 4 000 t, de Paris jusqu’à Compiègne. Plus au nord, seules les péniches de 700 t accèdent au canal du Nord et celles de 300 t au canal de Saint-Quentin. Le projet « Seine-Nord » vise à mettre au gabarit européen l’une de ces deux artères. 

La Faïencerie , un outil à la disposition d’une politique culturelle ambitieuse


Le centre culturel de la faïencerie à Creil - Le centre culturel de la faïencerie à Creil Crédits : CRDP d'Amiens

Depuis 1993, le centre culturel de la faïencerie témoigne de la politique culturelle ambitieuse d’une ville ouvrière de plus en plus influencée par Paris et qui cherche à préserver son identité. Son objectif est de redynamiser une ville affectée par la crise et un quartier (rive gauche de l’Oise). 

Au terme de trois années de travaux (avril 1990-octobre 1993), le grand centre pluriculturel est inauguré à l’emplacement de l’ancienne faïencerie qui porte son nom. Cet espace reprend les structures de l’ancienne médiathèque. Réalisée par le cabinet Fabre-Perrottet-Catiani pour un montant de 70 millions de francs, cette réalisation regroupe plusieurs éléments : une médiathèque (300 places), un théâtre (800 places), un cinéma, une salle de concerts (1000 fauteuils), une vaste salle d’exposition, la Canneville, et une cafétéria (200 couverts).

La façade de béton est enveloppée d’une écharpe de verre et d’une ossature métallique. L’ensemble privilégie la lumière, l’espace et la fonctionnalité.

Fondée en 1797, sous le Directoire, la manufacture de faïence locale trouve son plein développement dans la seconde moitié du XIXe siècle, lorsqu’elle fusionne avec celle de Montereau, en 1840. Plus d’un millier de salariés contribuent au succès de l’entreprise. Celle-ci doit sa renommée au procédé de décor imprimé par décalcomanie qui donne à ses productions cette originalité.
L’usine ferme cependant ses portes en 1895 et il faudra attendre un siècle entier, jusqu’au début des années 1990, pour que soit inauguré sur cet ancien site industriel le théâtre de la ville de Creil.
http://www.faiencerie-theatre.com/

Le musée Gallé-Juillet


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Avec la maison Gallé-Juillet, la ville de Creil, dans l’Oise, possède un musée original. Située place François Mitterand, cette grande demeure bourgeoise est un don fait à la municipalité en 1929 par Mme Berthe Gallé. Veuve depuis peu, celle-ci était sans héritier depuis le décès, en 1916, de son fils Maurice. Cette donation était le moyen pour cette notable locale de perpétuer son bien, son histoire. L’accord avec la ville de Creil précisait en effet que la maison Gallé-Juillet devait demeurer en l’état, avec l’ensemble de son mobilier en ses murs, comme si ses occupants y vivaient encore.


Musée Gallé-Juillet de Creil - Musée Gallé-Juillet de Creil Crédits : CRDP d'Amiens

Trois propriétaires différents y résidèrent : l’Anglais Jacques Bagnall directeur artistique de la manufacture de faïence de Creil, le maire et médecin Jules Juillet, et enfin Ernest Gallé, artiste peintre et collectionneur.

Ces bourgeois éclairés enrichirent les lieux de leur goût pour le mobilier et la décoration. Ainsi Ernest Gallé lui-même n’était autre que le cousin d’Emile Gallé, artiste et fondateur de l’école de Nancy et du mouvement de l’Art Nouveau. Et la maison creilloise qui porte aujourd’hui son nom est largement tributaire de cette époque de l’histoire des arts.
Dans ces lieux revit le XIXe siècle avec les meubles, tableaux, jouets, laissés par les époux Gallé-Juillet.


Musée Gallé-Juillet de Creil - Musée Gallé-Juillet de Creil Crédits : CRDP d'Amiens

La maison Gallé-Juillet, grande bâtisse de dix-neuf pièces, distribuées sur quatre étages fut construite sur les vestiges d’un château médiéval à la fin de la Révolution. Au deuxième étage de l’habitation, le visiteur curieux peut admirer la très riche collection de faïence de Creil et de Creil-Montereau. Provenant de la manufacture locale, une importante collection de 5000 pièces est exposée dans deux salles différentes et régulièrement enrichie. 

Le monument aux morts de Creil


Le monument aux morts de Creil - Le monument aux morts de Creil Crédits : CRDP d'Amiens

Peu de communes en France ne possèdent pas leur monument aux morts. L’hécatombe est telle, le deuil si profond et douloureux, le besoin de commémorer si puissant que les municipalités font ériger un lieu du souvenir, souvent dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale, entre 1920 et 1925.
La stèle est le modèle le plus communément érigé, mais un tiers des monuments environ possède une sculpture figurative, coq, femme, soldat, médaille, ange …Le sens en devient plus évident, la pierre se charge d’un message à destination du passant, de l’observateur présents et futurs.
Le monument aux morts de Creil est l’un de ceux qui ont une connotation pacifiste. Ils sont peu nombreux en France, quelques dizaines.
La municipalité organise un concours en 1923 en vue de l’attribution de la commande. Le sculpteur Georges Verez en est le lauréat.

Son œuvre, exécutée dans la pierre calcaire et inaugurée le 17 octobre 1926, est d’une facture classique. Elle représente la Paix « se révélant à l’humanité » sous une forme allégorique, celle d’une femme habillée à l’antique, se découvrant en soulevant un voile qui cachait son visage.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

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