Compiègne et son bassin industriel

Histoire des industries du secteur de Compiègne

La vallée de l’Oise constitue un axe privilégié de développement
industriel. Exploitation des ressources naturelles et développement des voies de communication ont permis à un important bassin d’activités de se développer au XIXe siècle. Peu de ce patrimoine industriel est resté visible.


Compiègne et son bassin industriel Crédits : CRDP

La vallée de l’Oise constitue un axe privilégié de développement industriel.

Un bassin d’activités s’est peu à peu organisé au cœur cette vallée, autour de Compiègne, entre une zone de plateaux calcaires, en rive droite de l’Oise, et des paysages de forêts sur la rive gauche. D’anciennes sablières reconverties (étangs, bases de loisirs, zones naturelles) témoignent aujourd’hui de l’exploitation des sols.

Dans les premières décennies du 19e siècle, des moulins à blé, des briqueteries et des tuileries sont déjà présents sur le territoire.

En 1840, dans le seul canton d’Attichy, 37 moulins à blé hydrauliques sont mus par les affluents de l’Aisne ou de l’Oise. L’industrie reste à cette époque majoritairement dispersée dans des ateliers à domicile ; c’est le cas de l’industrie du chanvre, qui fait travailler les tisserands à domicile, ou encore de la bonneterie, de la saboterie, de la ganterie, de la filature de lin.

A partir de 1830, le paysage industriel se structure progressivement autour de nombreuses voies de communication.

Le canal latéral à l’Oise, inauguré en 1831, la ligne Paris-Nord – Lille, ouverte en 1846 par la Compagnie des chemins de fer du Nord et la ligne Paris – Saint-Quentin, ouverte en 1850, modifient radicalement ce territoire, faiblement industrialisé jusqu’alors. Avec le canal latéral à l’Oise, la navigation n’est plus soumise aux crues et aux décrues. La rivière, navigable en aval de Compiègne, devient également navigable en amont.

Les ressources naturelles se prêtent alors plus que jamais au développement de l’industrie.

L’argile, le limon, le calcaire alimentent les tuileries, briqueteries, fours à chaux, fours à plâtre. La culture de la betterave à sucre, de la pomme de terre et du blé permet l’essor des sucreries et distilleries, des minoteries, des féculeries.

La présence des forêts et bois sur la rive gauche de l’Oise (actuelles forêts de Compiègne, d’Ourscamp et de la Laigue) explique la multiplication des scieries, brosseries et usines de menuiserie à partir de la fin du 19e siècle (la scierie Lecat Doraison à Canly, la brosserie Reygaert à Tracy-le-Mont…).

L’Oise et l’Aisne sont utilisées comme voies de communication, comme dans le cas de l’industrie de la céramique ; la briqueterie La Reconstitution à Ribécourt-Dreslincourt, par exemple, est implantée le long du canal latéral à l’Oise. L’eau fournit également l’énergie et entre dans les procédés de fabrication, d’où la concentration d’activités telles que la production de chaux et de plâtre, le textile ou la transformation des métaux à proximité des cours d’eau (l’Oise, l’Aisne, l’Aronde, le Matz, l’Automne).


Sucrerie de Francières Crédits : Région Picardie

Les sucreries et les usines de produits chimiques sont souvent desservies par des voies ferrées ; la sucrerie de Francières est par exemple raccordée à la gare d’Estrées-Saint-Denis par un embranchement ferroviaire individuel à partir de 1890. L’imprimerie, phénomène urbain, s’est quant à elle implantée à Compiègne, comme c’est le cas pour l’ancienne imprimerie Bourson.

Fréquemment, ces usines ont abrité plusieurs activités successives


Féculerie Gosse - Hameau de la Féculerie, à BaugyFéculrie Gosse, puis Coponet-Jouanne, puis féculerie et usine matières plastiques Lesguillon et Cie. Crédits : P. Glotain

La féculerie Gosse à Baugy devenue usine d’articles en matière plastique, la brosserie et usine de tabletterie Michaelis à Margny-lès-Compiègne devenue usine de petite métallurgie... Les moulins ont souvent été reconvertis, et l’énergie qu’ils fournissent ou le site qu’ils occupent, propice au développement de l’industrie, a pu servir à des féculeries, chaudronneries, filatures… Le moulin d’Espinoy à Evricourt a par exemple été converti en fabrique de roues en bois. Aujourd’hui, beaucoup de ces usines ne sont plus visibles sur le territoire.

Retrouvez les sites évoqués dans cette page sur le site de l’Inventaire du patrimoine culturel de Picardie :

- L’ancienne scierie Lecat Doraison à Canly, l’ancienne brosserie Reygaert à Tracy-le-Mont et la brosserie et usine de tabletterie Michaelis à Margny-lès-Compiègne, dans la rubrique des usines liées au travail du bois

  • L’ancienne briqueterie La Reconstitution à Ribécourt-Dreslincourt, dans la rubrique des usines de céramique

- La sucrerie de Francières, la féculerie Gosse à Baugy et le moulin d’Espinoy à Evricourt, dans la rubrique des usines agro-alimentaires

  • L’ancienne imprimerie Bourson à Compiègne, dans la rubrique des imprimeries

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Service Régional de l’Inventaire

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