Communautés juives de Picardie

Histoire des Juifs du Nord et de Picardie

Le quotidien des Juifs dans le Nord de la France, du Moyen Âge jusqu’à nos jours, est lié à l’extrême fluctuation des frontières des régions du nord de l’hexagone depuis la division de l’empire de Charlemagne.

Depuis la mort de Charlemagne et la division de son empire, les frontières géographiques des régions du nord de l’hexagone ont toujours été fluctuantes compte – tenu des alliances conclues entre les rois de France et leurs vassaux.

Jusqu’au XIXe siècle

Après l’expulsion des Juifs de France en 1394, aucune archive n’évoque
la présence de Juifs dans le Royaume. Pourtant, dès le XVIIe, on constate, dans certaines provinces, que des marchands juifs sont bien présents. Dans le Nord et la Picardie, quelques années avant la Révolution française, ou pendant la période révolutionnaire, on peut attester la présence de quelques juifs. L’intégration définitive des masses ashkénazes et séfarades au sein même de la société moderne française est effective avec la promulgation du décret d’émancipation des Juifs de France en date du 27 septembre 1791. À partir de 1808, date de la création du Consistoire de Paris, les Juifs du Nord et de Picardie appartiennent à ce Consistoire, et, ce, jusqu’en 1873, date de la Création du Consistoire de Lille et du poste de Grand Rabbin pour toute la région.

Vingtième siècle

Dans le milieu du XIXe Siècle, l’industrialisation va révolutionner les régions du Nord et de Picardie. Après la Guerre de 14-18, la demande forte de houille blanche incite les Polonais chrétiens à venir travailler dans les mines. Les Juifs d’Europe orientale leur fourniront toutes les marchandises dont ils ont besoin, d’autant plus qu’ils parlent la même langue. Mais l’implantation des Juifs dans ces régions n’a pas été simple, l’antisémitisme a pris toutes les formes : cléricale avec l’Affaire du Baron Juif Liefman Calmer, économique avec « L’indicateur des Juifs de France », sociale avec La Libre Parole de Drumont. Il ne faut pas oublier l’Affaire Dreyfus, qui trouve ses prémices dans les articles d’Edouard Drumont contre les Juifs dans l’Armée.

En ce qui concerne les trois grands conflits avec l’Allemagne :1870, 14-18 et 39-45, les Juifs du Nord et de Picardie, tout comme les autres Juifs de France, ont fait leur devoir. Ils ont combattu l’ennemi commun et ont forcé Maurice Barrès au respect. Le visiteur des différents champs de repos y découvrira de nombreuses tombes de soldats juifs français mais aussi juifs américains, venus sur le sol de France pour
apporter la liberté.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, les Communautés Juives de ces
régions ont payé un lourd tribut en perte humaine : la déportation et l’exécution après être passé par le Camp des Malines. Aujourd’hui dans toutes les Communautés, un monument rappelle les sacrifices faits par le peuple juif.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la population juive de France est exsangue. Les survivants vont essayer de faire revivre leur patrimoine religieux et culturel. Certains retrouveront leur commerce, d’autres leur usine, etc…Mais le redémarrage est très difficile, il faudra attendre les années 60, et l’arrivée des Juifs d’Afrique du Nord, pour qu’un nouvel essor puisse être impulsé, grâce à leur nombre et par leur apport culturel. Des Communautés vont revivre à cette époque des « 30 glorieuses » mais, hélas, les deuxième et troisième générations vont préférer se rapprocher des grandes villes ou de la banlieue parisienne pour y faire des études et y trouver du travail. Par ailleurs, devant la montée d’un nouvel antisémitisme, qui prend le nom d’antisionisme, beaucoup de familles quittent le Nord et la Picardie pour s’installer en Israël.

Postérité


Suzanne Deutsch de la Meurthe, grand nom de la communauté juive picarde Crédits : Adermas

Les Communautés Juives sont aussi un bouillon de culture extraordinaire et ont laissé de grands noms tels que les grands rabbins Benjamin Lipman, Poliakoff, Léon Berman ou Israël Lévy, le Préfet Isaac, le Commandant Armand Lipman, le Capitaine Seligman, l’architecte Moïse Weil, Herschel Feibel Grysnzpan, Suzanne Deutsch de la Meurthe , Georges-Henri Halphen, Jules Wogue, ou des industriels comme J.P. Saltiel.

Le travail d’historien

Il faut, enfin, mettre en valeur les travaux des historiens qui ont œuvré à populariser l’histoire de ces communautés : Henri Gross, Léon Kahn, G.B. Depping, Robert Anschel, Bernard Blumenkarnz, Gérard Nahon, Danielle Delmaire, et tant d’autres... Les présidents ou les rabbins des différentes communautés ont également compilé des informations sur l’histoire de leur « Kéhila ». Franck d’Almeida a, pour sa part, mis à disposition des photos des membres de sa famille à Saint-Quentin.

Contributeur(s) initial(ux)

Franck d’Almeida et Frédéric Viey

Vos commentaires

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.