Collège de médecine Picard à Paris

Médecins picards à Paris, (XIVe -XVIe siècle)

Entre le XIVe et le XVIe siècle, de nombreux médecins célèbres viennent de Picardie et se constituent en collège d’enseignement au sein de la faculté de médecine de Paris. La forte et longue présence de ce collège témoigne de l’influence intellectuelle de la Picardie sur la vie parisienne.


Jacobus Sylvius (Jacques Dubois), 1478-1555 Crédits : Wiki commons
Un collège Picard ?

Entre le XIVe et le XVIe siècle, de nombreux médecins célèbres ou médecins officiels du roi venaient de Picardie. Ces médecins constituaient un collège d’enseignement au sein de la faculté de médecine de Paris. À cette période il n’y avait que deux facultés de médecine en France : la faculté de médecine de Montpellier (la plus ancienne) et la faculté de médecine de Paris.

Dans l’état actuel des recherches historiques, il est encore difficile de déterminer l’origine, la durée et le rayonnement du collège de médecine Picard. Nous pouvons même douter de son nom car nous pourrions également l’appeler le collège d’Amiens, le collège de l’Aisne ou tout simplement les collèges picards.

Le terme de collège est ici à prendre au sens ancien, c’est à dire un regroupement de personnes revêtues de la même dignité ou ayant les mêmes droits. Alors si les limites de ce collège sont encore floues, il est tout de même important de montrer les preuves de son existence afin de mieux comprendre l’influence des médecins qui l’ont constitué et l’importance intellectuelle de la région du moyen-âge à la renaissance.
 

Origines supposées

À partir du moyen-âge, les médecins officiels du royaume devaient être clercs. Certains devenaient chanoines et abandonnaient la médecine, d’autres reléguaient leur fonction de religieux au second plan pour se consacrer à la médecine. Or, à la sortie du XIIIe siècle, les diocèses picards sont très puissants comme en témoignent les cathédrales et, entre le XIVe et le XVe siècle, la plupart des médecins parisiens venaient des diocèses de Laon, Reims et Rouen sans oublier Amiens et Soisson. Autrement dit, trois diocèses sur six sont picards et ces six diocèses possèdent des cathédrales récentes et imposantes. La prédominance du collège de Laon au sein même du collège Picard vient de Jean Favéi de Coucy-le-château. Il était le premier médecin de Jean Le Bon et en 1363 il fonde deux bourses spécialement réservées à des étudiants de médecine provenant du diocèse de Laon.
 

Rayonnement

L’apogée de la médecine picarde est significative à la fin du XIVe siècle. Parmi les six médecins officiels du roi Charles VI, trois sont picards : Regnault Fréron, premier médecin du roi est originaire du diocèse de Soisson, Jean de Monampteuil et Thomas Froussard de Voyenne sont originaires du diocèse de Laon. Notons que les trois autres étaient originaires des diocèses de Rouen, Arras et du Mans.

Parmi les autres médecins parisiens du collège Picard de la fin du XIVe siècle, nous avons Guillaume d’Harcigny du diocèse de Laon, Evrad de Conty du diocèse d’Amiens dont un membre de sa famille, Guillaume de Conty fut échevin et maire d’Amiens. Le dernier représentant important de cette lignée picarde de médecins est l’anatomiste Sylvius à qui nous devons plusieurs descriptions anatomiques et la formation de nombreux médecins au XVIe siècle dont Vésale qui modifiera la perception de l’anatomie. Cette forte et longue présence de ce collège nous démontre une influence politique, religieuse et intellectuelle sur la vie parisienne bien plus importante qu’il n’y paraît.

 

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Bouture Sylvain

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