Cirque Jules Verne

« Depuis 125 ans que le Cirque Jules Verne existe, des centaines d’artistes et personnalités hors du commun lui ont insufflé la vie. La magie d’un lieu comme celui-ci, c’est la transcendance qu’il permet, et sa capacité à s’imprégner de la marque de l’extraordinaire. Le Cirque Jules Verne sait gronder, murmurer, rire, applaudir, retenir son souffle, mais jamais il ne se tait. Toujours, d’une manière ou d’une autre, la grandeur trouve son chemin vers la piste, à travers les écuries, les loges, les fauteuils rouges. Sous sa coupole, sous l’étoile du cirque, chacun trouve sa place dans la mise en œuvre d’un spectacle, d’une création, d’une action, de la vie. » (Site officiel du Cirque Jules Verne).


le Cirque municipal en 1906 Crédits : Wikicommons

Du cirque en bois ...

La tradition du cirque à Amiens remonte au milieu du XIXe siècle. À cette époque, on élève chaque année, pour la Foire de la Saint-Jean, un bâtiment éphémère en planches que l’on démonte ensuite. La Foire se tient sur l’ancien bastion de Longueville, qui commandait la ceinture fortifiée du sud de la ville. Celle-ci est détruite en 1845 pour permettre le développement du chemin de fer et la construction du quartier bourgeois de Henriville où devait résider Jules Verne.

En 1865, une Société du Cirque se constitue afin d’encourager la municipalité d’Amiens à construire un cirque en dur, comme vient alors de le faire la ville de Reims.
Le site de la place Longueville est définitivement retenu, mais la Ville hésite devant l’ampleur de la dépense. Prudente, elle décide de construire en 1874 un cirque provisoire en bois qui se maintient péniblement jusqu’en 1888. Les fonctions de ce cirque permanent sont multiples : spectacles, concerts, soirées lyriques, conférences, fêtes scolaires, remises de prix, réunions sportives.

Au cirque en pierre ...


Le Cirque Jules Verne Crédits : Wikicommons

L’idée d’un cirque en dur se concrétise enfin en 1887. L’impulsion est donnée par le maire républicain d’Amiens, Frédéric Petit, activement soutenu par Jules Verne , installé à Amiens depuis 1871, et futur conseiller municipal.

On trouve une trace de la passion de l’écrivain pour le cirque dans deux romans qu’il écrit à Amiens : Mathias Sandorf, en 1883, et César Cascabel, en 1889. Mathias Sandorf est entouré de ses fidèles Pointe Pescade, l’acrobate, et Cap Matifou, l’hercule ... Et les Cascabel sont des saltimbanques, des artistes forains, aux aventures rocambolesques !

Les plans sont confiés à Émile Ricquier, architecte du département de la Somme, élève de Gustave Eiffel. L’objectif est de livrer le nouveau cirque pour la Foire de la Saint-Jean de juin 1889, soit pour le centenaire de la Révolution Française, ainsi que le rappelle Jules Verne dans son discours d’inauguration.

Le coût de l’édifice est colossal. L’importance des dépenses est principalement liée à l’échelle monumentale du projet et aux coûteux travaux de fondations, rendus nécessaires par la présence des vestiges de l’ancien bastion et par le passage d’un tunnel ferroviaire sous la place.

À cela s’ajoute la volonté de doter le cirque d’un éclairage électrique (plus confortable mais plus coûteux que l’éclairage au gaz) et d’un chauffage central, alimentés tous deux par une machine à vapeur.

Le 23 juin 1889, le Cirque est prêt. Il est inauguré, la même année que la Tour Eiffel, par le maire Frédéric Petit et Jules Verne, qui, en tant que Vice-Président de la 4e Commission, chargée des affaires culturelles.

« Le nouveau cirque est une œuvre d’art que votre administration municipale a voulu doter de tous les perfectionnements de l’industrie moderne. C’est le plus beau, sans conteste, c’est aussi le plus complet par ses aménagements et son outillage qui a été édifié en France et à l’étranger. » Jules Verne.

Le premier spectacle est assuré par Théodore Rancy, un nom dans le monde circassien. Tout au long de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle, le cirque assume vaillamment sa mission. On y vient nombreux voir les numéros de chevaux (le diamètre de la piste est de 14 m soit une circonférence égale à 14 galopades de cheval), mais surtout ceux de dressage des animaux sauvages.

Un cirque en dur, qui dure ...

Alors que de nombreux cirques en dur disparaissent tout au long du XXe siècle en France, celui d’Amiens survit aux risques de démolition et aux désastres des guerres. Seul un obus, en 1916, endommage la toiture et les buvettes, et fait disparaître l’une des deux marquises de fer forgé qu’Émile Ricquier avait tendues au-dessus des guichets. En 1958, la cheminée de 35 mètres de haut est raccourcie de 10 mètres pour des raisons de sécurité.

Des films y sont tournés... Les Clowns, de Federico Fellini (1972), Roselyne et les lions, de Jean-Jacques Beineix (1989), les Equilibristes, de Nico Papatakis (1991), avec Michel Piccoli, Copacabana, de Marc Fitoussi, avec Isabelle Huppert, tourné en partie sur le site du cirque, dans la fameuse brasserie La Coupole (2009) ...

Aujourd’hui, les espaces intérieurs ont été entièrement rénovés en 2002-2003. Le Cirque municipal, devenu Cirque Jules Verne, est le pilier de l’EPCC Pôle National Cirque et Arts de la Rue, avec le Hangar, Fabrique des Arts de la Rue et l’Ecole de Cirque. Le Cirque Arlette Gruss est associé très directement à cette nouvelle aventure, et transfère son siège social à Amiens.


la coupole du Cirque Jules Verne Crédits : Wikicommons

Le pôle s’engage à faire découvrir à tous les arts du cirque et de la rue, dans leurs formes traditionnelles et contemporaines.

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine

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