Cimetières ruraux et stèles

La révolution dans le mode d’inhumation, amenée par la législation du XIXe siècle, ainsi que les préoccupations en matière d’hygiène publique ont changé l’aspect et la localisation du cimetière rural.


Cimetière rural - Cimetière rural Crédits : CRDP d'Amiens

 Au nom du respect dû aux morts, le décret du 23 Prairial an XII (12 Juin 1804) impose la sépulture individuelle. Cette mesure entraîne une extension de la surface des nécropoles.

Le cimetière communal, placé dans la majorité des cas au centre du village, entourant l’église, devient rapidement trop exigu.

Il est alors transféré extra-muros, malgré les résistances des populations qui voyaient dans le couple église-cimetière un lieu de religiosité fédérateur au centre de la commune.

 La révolution dans le mode d’inhumation, amenée par la législation du La spacieuse nécropole placée au milieu des champs est close d’une haie ou d’un mur en briques, ce qui cache les tombes au regard du passant. Elle est aménagée suivant différents espaces réservés aux concessions, découpés par des allées rectilignes.

Les croix de fer et les chapelles funéraires font place aux caveaux familiaux. Le cimetière se minéralise. Les rapports entre l’homme et la mort évoluent...refus, interdit ?

À l’ouest d’Amiens, une quinzaine de communes ont transféré leur cimetière à l’extérieur de l’agglomération. Parmi ceux-ci, Ailly-le-Haut-Clocher.

Le cimetière d’Herchies dans Oise


Cimetière d’Herchies - Cimetière d'Herchies (Oise) Crédits : CRDP d'Amiens

Avec la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’État, le cimetière appartient entièrement à la commune, qui est chargée de son administration et de son entretien. Et celui-ci s’avère coûteux. Outre l’achat d’un nouveau terrain se pose la question de l’édification d’une enceinte pour éviter que le cimetière ne devienne un pré pour les bestiaux et ne soit ouvert à tous types de profanation.

Parfois, comme à Erchies, ces murs prennent un aspect monumental.

Stèle


Stèle en bord de route - Stèle au bord de la route Crédits : CRDP d'Amiens

Depuis le Moyen Âge le plus reculé, les communautés rurales ont élevé des croix de chemin pour conjurer le mauvais sort, le long des routes.

Un calvaire était planté à l’endroit où une mort accidentelle, par exemple, celle d’un voyageur occis par une bande de voleurs, semblait vouer les lieux aux forces du mal.

Une cérémonie religieuse, ainsi que la présence de la croix permettaient alors d’enlever au site ses relents malfaisants.

Plus généralement, au carrefour d’une voie de communication fréquentée ou aux confins de l’espace humanisé, il s’agissait de montrer que la protection de Dieu s’étendait sur le passant, sur le village voisin et ses habitations. Cette coutume se prolonge au XIXe siècle, lors de la rechristianisation port-révolution. Le culte marial en vogue dans la seconde moitié du XIXe siècle amène de nouvelles installations de figures religieuses sur le bord des routes, celles de la Vierge Marie. On les baptise « Vierge de la route ».

Avec le développement de la circulation automobile, les accidents de la route augmentent, particulièrement sur les routes départementales.

La religiosité n’a pas encore quitté l’univers culturel. L’automobiliste peut constater la multiplication de ces petits monuments à la mémoire d’un défunt, accidenté de la route : couronnes suspendues à un poteau de signalisation, croix mortuaire plantée sur le bord d’un talus et autres objets de mémoire. À Crouy Saint-Pierre, entre Amiens et Abbeville, l’un des plus anciens de ces ex vot date de 1972. Il est toujours fleuri et fait fi de l’autorisation préfectorale nécessaire.

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Picardia

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