Chin Hua Lao

Castelthéodoricien d’adoption, artiste méconnu !

Chin Hua Lao est né dans la provine de Lukien, au sud-ouest de la Chine, en 1908. Humaniste, peintre, ébéniste, sculpteur, sa vie est inscrite à Chateau-Thierry, où il a souhaité reposer.


Chin Hua Lao Crédits : Frédéric Pannier

Les années chinoises.

Le début du XXe siècle, en Chine, est marqué par des revendications de plus en plus fortes du peuple, excedé par l’incompétence et la corruption de la dynastie Mandchoue règnante. Le choix d’un régime républicain est décidé en 1911, et le dernier empereur, Puyi, abdique. Mais le premier président, Yuan Shikai, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Le pays est alors en plein chaos politique et économique ! Et, ce, d’autant que le parti communiste chinois est créé en 1921...

Le père de Lao possède une importante fabrique de meubles. Son oncle fait partie de l’élite intellectuelle du pays, et compte Paul Claudel parmi ses amis ; l’écrivain est, à l’époque, en poste en Chine. Adolescent, Lao se retrouve orphelin, ses parents semblent avoir été victimes de la guerre civile qui ravage le pays entre 1915 et 1920.

Sous la tutelle de son oncle, il étudie aux Philippines, où il tombe amoureux d’une étudiante rencontrée pendant des cours de théâtre... « Les étoiles pourront disparaître, les océans se retirer, (...) Mais les deux mots Gin et Hua seront inséparables, L’amour de Gin pour Hua Lao est pour l’éternité, indestructible ». L’avenir ne suivra pas cette voie romantique !

Les années françaises, direction Château-Thierry.

Première guerre mondiale : en mai 1916, un traité est signé entre la France et le gouvernement chinois, qui s’engage à fournir des coolies (surnommés « travailleurs célestes ») pour participer à des tâches non militaires. De jeunes coolies illettrés signent des contrats de travail de 5 ans. Ces paysans robustes comptent bien faire fortune, tout en ignorant que le continent européen est en guerre !

Des tâches éprouvantes leur sont confiées, et de nombreux heurts les opposent les aux autorités françaises : ils sont ’parqués’ dans des camps de travail (principalement à Blangy-sur-Bresle, à Saigneville et dans la forêt de Crécy), dont ils ne peuvent pas sortir, il leur est en effet interdit d’entrer en contact avec la population ; ils sont mal nourris, mal chauffés, nombreux sont ceux qui ne recevront jamais réellement leur salaire (5 francs par jour). Ils effectuent principalement des travaux de terrassement, de réfection des routes et des chemins de fer, de nettoyage des champs de bataille ou de manutention dans les ports. 20 000 Chinois trouveront la mort en Europe, plus de 800 d’entre-eux sont enterrés au cimetière chinois de Nolette, à Noyelles-sur-Mer.

On estime que 2 000 à 3 000 d’entre eux sont restés en France après la guerre. Ils furent recrutés par l’industrie et, particulièrement, par les usines Louis Renault de Boulogne-Billancourt et les usines Panhard et Levassor, formant ainsi le premier noyau de la communauté asiatique française.

La population chinoise commence à s’installer durablement en France après la Première Guerre mondiale. On retrouve une communauté chinoise durant l’entre-deux-guerres regroupée majoritairement à paris, dans certains quartiers précis : la Madeleine, et à proximité de la gare de Lyon. Ils sont marchands d’objets de luxe, et tiennent aussi des boutiques de « chinoiseries », services à thé, éventails ...

Le parcours de Chin Hua Lao est fort différent, atypique !

Hua fait partie des chinois désireux d’acquérir une formation culturelle au « pays des Lumières et de la Révolution », et obtient son visa en 1928.
A Paris, il ne maîtrise pas suffisamment le français pour suivre efficacement les cours qu’il a choisis. Il fréquente quelques temps les Beaux-Arts, et gagne Château-Thierry, où un retrouve sa trace sur les registres du lycée Jean-de-la-Fontaine en 1929. Pourquoi Château-Thierry ? Est-ce sur les conseils de Claudel, familier des lieux ?

Toujours est-il que Château-Thierry, ville joyeuse et festive, accueille Hua à bras ouverts. Il trouve un logement, un travail dans une imprimerie. Parallèlement à son métier ’officiel’, Hua restaure les meubles de son patron, s’exerce aux arts décoratifs. Il est l’un des représentants de l’Aisne du pavillon de Picardie de l’Exposition internationale des Arts et techiques à Paris. Il y expose deux vues de Château-Thierry en liège et incrustations de nacre.

Il s’ouvre à la religion chrétienne, et partage son temps libre entre activités artistiques et paroissiales.

Il peint, des natures mortes et des portraits, sans en tirer aucun bénéfice. Il ne vend pas, il donne ...

En 39-40, il offre, toujours bénévolement, ses services à l’hôpital. Pour son médecin chef, puis pour des amis, il répare des meubles, en conçoit, en fabrique ...

En 1955, il réalise pour la « fête à Jean » (de la Fontaine) un char, qui devient, au fil des années et des « fêtes à Jean », LE char de la ville !

Il est devenu une personnalité appréciée de la ville. Dans son jardin, des statues d’animaux des célèbres fables, et des bustes de personnalités locales voisinent, en toute harmonie ! Mais, une nuit, son jardin et ses oeuvres sont vandalisés.
« Acte politique ? Vengeance ? Crime gratuit ? » s’interroge le Bas de l’Aisne. « M. Lao, bien connu à Château-Thierry, depuis un demi-siècle qu’il y vit, pour ses talents d’ébéniste, a été très éprouvé par cette agression (...). La police s’est attelée-dès le 2 avril- à ce casse-tête (non, je ne le ferai pas), ajoute, non sans humour, le journaliste. »Je vois d’ici que les coupables rient jaune" !

Dès lors, Hua ne participe plus à aucune fête. Il aurait rêvé d’un voyage dans son pays natal, mais, seul, il ne l’a jamais entrepris.

Après son décés, deux expositions ont été organisées, en son honneur, en 2008 et 2009.

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine

Vos commentaires

  • Le 1er décembre 2015 à 23:01, par pannier En réponse à : Chin Hua Lao

    bonsoir a tous et a toutes je vend un livre sur la vie de lao chin hua voici mon téléphone 06 86 50 64 43 je le vend 18€ ou il est a vendre chez lecler chateau thierry

    Répondre à ce message

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