Châteaux forts de la Somme

Quelques ruines remarquables

En dehors des forteresses célèbres de la Sommes, quelques ruines ont une belle histoire et valent le détour.


Château fort de Heilly - Heilly, château fort Crédits : CRDP d'Amiens

Château de Heilly

Chacun connait la Chanson de Roland , poème épique et chanson de geste datée de la fin du XIe siècle, une des plus célèbres œuvres littéraires qui nous soient parvenues du Moyen Âge. Surpris au col de Roncevaux par les Sarrasins, Rolland, neveu de Charlemagne, meurt dans la bataille, aux cotés de son épée Durandal , non sans avoir tenté de prévenir l’Empereur en sonnant de l’olifant.

Après s’être vengé des Sarrasins, le souverain supplicie le traître qui n’est autre que Ganelon, son beau-frère et donc beau-père de Roland. Ce récit légendaire prend bien entendu beaucoup de libertés avec l’histoire.

Sait-on que la fin de l’épopée se déroule dans le département de la Somme, non loin de Ribemont-sur-Ancre, au château de Heilly, propriété de Ganelon ?

Cette forteresse féodale a été détruite à deux reprises par les Espagnols, en 1553 puis en 1636. Reconstruit dans le milieu du siècle, il est en grande partie transformé à partir de 1757 par la volonté de Charle Antoine Gouffier, marquis d’Heilly, suivant les plans de l’architecte Pierre Contant d’Ivry. Celui-ci décide de la construction d’un corps de logis de style classique, de l’aménagement des jardins, du parc et d’un canal. Le château est enfin entièrement réaménagé en 1840, sous la Monarchie de Juillet.

Peut être son propriétaire, contraint comme une grande partie de la noblesse à un « exil intérieur » du fait de la venue au pouvoir des Bourbons Orléans, consacra-t-il son énergie au remaniement du château.

On dit que le seigneur d’Heilly, hanté par le souvenir de Versailles et de la cour, consacra alors sa fortune à vouloir faire de son bien le plus magnifique de la province. Cédé en 1848, celui-ci est ensuite détruit et transformé en carrière de pierre.

Triste sort.

Château de Picquigny


Château fort de Picquigny - Picquigny, château fort Crédits : CRDP d'Amiens

Le château s’élevait sur une crête calcaire surplombant la Somme, à 15 km en aval d’Amiens.
Il est mentionné pour la première fois en 1066, alors qu’Eustache de Picquigny est le seigneur vidame de l’évêque d’Amiens et l’avoué de l’abbaye de Corbie.

Aux XIIe et XIIIe siècles, le château continue d’être un site majeur, siège du vidamé d’Amiens. Il est modifié par Renaut de Picquigny (responsable de l’arrestation des Templiers dans le bailliage d’Amiens) ou par sa fille Marguerite.

En 1346, il se dresse face aux Anglais qui cherchent un passage sur la Somme. Quand Marguerite meurt sans héritier, il entre dans la famille d’Ailly, proche du duc de Bourgogne.

En 1542, le mariage de Jean d’Ailly avec Yolande de Bourgogne fait passer le château dans l’obédience des Bourguignons.

En 1470, l’armée française surprend celle de Charles le Téméraire à Belloy puis se réfugie dans l’enceinte du château qu’elle incendie en partant, craignant qu’il ne tombe dans les mains anglaises.

En 1475, Louis XI et Édouard signent le traité de Picquigny qui met fin à la guerre de Cent Ans.

Les deux rois se rencontrent sur un pont spécialement construit sur la Somme pour l’occasion. Louis XI achète la paix à Édouard contre 75000 écus et une rente annuelle de 50000 écus.

Les travaux de reconstruction du château ne commencent véritablement qu’au XVIe siècle avec Antoine d’Ailly et son épouse Marguerite de Melun.

Malheureusement, au XVIIe siècle, la fortune de la famille est dilapidée et le château tombe en ruine.

En 1774, il est saisi et abandonné. Il est vendu comme bien national pendant la Révolution.

Son plan était rectangulaire, ceint de fossés secs et comportant des tours circulaires aux angles. La tour nord-est dont il ne reste que le niveau inférieur était sans doute une prison. Les tours au sud sont plus importantes car elles protégeaient l’entrée principale du château.

Celle-ci surplombe le chemin des Rossignols, seul chemin d’accès entre Amiens et Abbeville quand les portes du bourg étaient fermées.
À l’est de l’entrée, la courtine reconstruite à la fin du XVe siècle (20 m de haut, 5 m d’épaisseur) protège trois niveaux d’habitation : au premier, une salle de garnison, au deuxième, une salle de réception, au troisième, des appartements privés.

Un aspect plus résidentiel a été donné au château par les remaniements du XVIe siècle. Ces derniers comprennent la construction de pavillons, dont l’un, aménagé près de la porte du Gard, est nommé pavillon Sévigné en hommage au séjour de la célèbre dame à Picquigny en 1689.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Boulnois Alain

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