Châteaux forts de l’Aisne

Quelques ruines remarquables

À côté des châteaux forts célèbres, quelques autres édifices méritent une mention et un détour.


Château fort de Berzy-le-Sec - Berzy-le-sec, château Crédits : CRDP d'Amiens

Le château fort de Berzy-le-Sec

Il ne reste du château fort, de Berzy-le-Sec, construit au XIVe siècle, qu’un châtelet d’entrée, encadré de deux tours circulaires à mâchicoulis, une chapelle du XVIe siècle et quelques éléments restants du logis.

Le château fort de la Ferté-Milon


Château fort de la Ferté-Millon - La Ferté-Milon, la porte du château Crédits : CRDP d'Amiens
Le château de La Ferté-Milon, dans le Sud de l’Aisne, est une curiosité architecturale.

Davantage qu’un château fort, c’est plutôt la façade de ce qui aurait pu être une forteresse que l’on peut voir sur les hauteurs de la commune, sur un vaste plateau dominant le cours de l’Ourcq.

La construction est restée inachevée au début du XVe siècle.

En 1392, au cours de la Guerre de Cent Ans, Louis Ier d’Orléans, frère du roi Charles VI le Fou et chef du parti des Armagnacs, lance le chantier de construction à La Ferté Milon d’une demeure seigneuriale, mais son assassinat par des partisans de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, le 23 novembre 1407, l’interrompt.

Assiégée en 1423, la place forte est démantelée par ordre du nouveau souverain, Henri IV, en 1494.

D’une centaine de mètres de long pour une quarantaine de hauteur, cette courtine est protégée par une large et profonde douve sèche. Flanquée de quatre tours, les murs épais sont ouverts au centre d’une porte en ogive, que défend un assommoir. Au sommet le chemin de ronde est muni de mâchicoulis, tandis que les murailles sont percées de nombreuses fenêtres. Comme si la défense, réduite à sa plus simple expression ne devait en aucun cas gêner l’œil et monter vers les hauteurs de l’édifice.

Le prince visiblement n’a pas définitivement tranché entre deux choix qui s’imposaient à lui. Bien évidemment, cette construction se doit revêtir un caractère défensif, mais derrière ce que l’on peut voir d’achever dans cette élévation, la volonté pour lui d’en faire un palais résidentiel est bien visible. Nombreuses en effet sont les décorations qui ornent cette façade. Chaque tour possède sa propre statue, une des Neuf Preuses, placée à l’intérieur d’une niche. Et, enfin, au dessus de la porte, trône un remarquable haut relief représentant le couronnement de la Vierge. Ici en image.

Le château fort de Nesles-en-Dôle


Château fort de Nesles-en-Dôle - Nesles-en-Dôle, le château Crédits : CRDP d'Amiens

Après la disparition de Robert II de Dreux en 1223 et le partage de ses possessions entre ses descendants, un de ses deux fils, Robert III, obtient du comte de Champagne, en 1226, l’autorisation de se faire construire une résidence fortifiée à Nesles.

Le plan de ce château reprend celui du château royal de Dourdan qui vient juste d’être achevé pour Philippe Auguste.

Construite en grès et calcaire, cette maison forte se compose d’une enceinte carrée de 70 m de côté, flanquée de huit tours : une sur trois angles du quadrilatère, deux qui encadrent la porte d’entrée ménagée au centre de la courtine nord et une placée au milieu des trois autres courtines.

Ces tours, aujourd’hui dérasées, comportaient deux niveaux ne communiquant entre eux que dans trois cas : l’étage était principalement desservi par le chemin de ronde.

Alors que le mur d’enceinte n’était ajouré d’aucune meurtrière (les percements actuels sont postérieurs au Moyen Âge), les tours avaient été dotées d’archères permettant des tirs multidirectionnels.

Le quatrième angle de l’enceinte est occupé par un donjon, isolé à l’extérieur et autrefois entouré d’un fossé comme le reste du château. Exception parmi les tours construites sous Philippe Auguste, ce donjon n’est accessible que depuis la forteresse par le biais d’une passerelle en bois jetée au-dessus du fossé.

L’aspect frappant de cette tour maîtresse bâtie sur trois niveaux est renforcé par son mur presque aveugle. Les rares ouvertures n’éclairent qu’un puits ou qu’un escalier ménagé dans l’épaisseur du mur. L’absence d’éclairage direct et de cheminée dans la pièce centrale voûtée d’ogives montre que ce donjon n’avait pas de fonction résidentielle mais qu’il devait plutôt servir d’ultime refuge en cas de chute de la forteresse.

Le logis avait donc vraisemblablement été prévu à l’intérieur de la cour, sans doute à l’emplacement occupé aujourd’hui par un logis de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.
 

Le donjon de Vic-sur-Aisne


Château fort de Vic-sur-Aisne - Donjon de Vic-sur-Aisne Crédits : CRDP d'Amiens

Le site existe au moins depuis le XVIIIe siècle. Au XIIe siècle,le donjon est reconstruit en pierre. D’une hauteur de 25 mètres, il a des murs de deux mètres d’épaisseur à la base.

Lors des guerres de religion au XVIe siècle, le château est pris et repris, les défenses du donjon sont détruites, disparition des mâchicoulis et des créneaux.

Sous l’impulsion de l’Abbé Hotman le donjon est transformé en habitation avec l’adjonction d’un escalier dans la tour façade ouest. Les trois étages présentent la même structure, à savoir une grande pièce centrale avec des petites salles dans les tours.

Le château a accueilli le Cardinal de Mazarin et Philippe de Savoie.

Motte féodale de Montaigu


Motte féodale de Montaigu - Motte féodale de Montaigu Crédits : CRDP d'Amiens

Cette photographie prise en 1996 montre la motte féodale, malgré la colonisation par des bois.

Cette motte de 50 m de diamètre à la base, 27 m au sommet et 6 m environ de hauteur, est aménagée sur une butte détachée de la côte du Laonnois dominant le village. Un accès est encore visible sur le flanc sud-est et quelques bases de murailles peuvent être reconnues.

Connue par les textes dès le Xe siècle, elle ne cessera d’être un enjeu militaire, subira plusieurs sièges et sera maintes fois plus ou moins détruite.

En 1441, le duc de Bourgogne impose la démolition de cette place forte, qui est immédiatement remise en état par Robert de Salebrusse, seigneur de Commercy. Aussitôt, le château sera cette fois en partie rasé et définitivement abandonné à tel point qu’en 1474, il « est en ruine à cause des guerres et de nulle valeur ».

En 1751, il n’en reste que « les matériaux et circuit de la motte ». 

Maison forte médiévale


Maison forte médiévale de Hargicourt - Maison forte médiévale de Hargicourt Crédits : CRDP d'Amiens

La maison forte médiévale de Hargicourt dans l’Aisne au lieu-dit « La Cologne » fut fouillée en 1982 et 1983 alors que le site était menacé par le tracé de l’autoroute A26 (Calais-Reims).

Il occupait une situation privilégiée à la limite du royaume de France et de l’empire, sur la route médiévale de première importance qui joignait la Flandre à la Champagne, celle-ci reprenant d’ailleurs en grande partie la voie romaine reliant Vermand à Arras.

La première occupation du site semble dater du VIIe siècle et perdure jusqu’au XVIe siècle.

La photo représente les fondations d’une tourelle d’angle faisant partie du donjon. Le donjon quadrangulaire a été édifié dans un angle de la ferme fortifiée du XVIe siècle.

Au début du siècle suivant, après l’abandon partiel de la ferme, ce donjon a été remanié, flanqué d’une grosse tour ronde et isolée du reste de la ferme par des douves.

Il semble qu’il ait été rasé après la construction de la forteresse du Catelet à quelques kilomètres au nord-est au début du XVIe siècle et qui défendait alors la frontière du royaume.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Riboulleau Christiane ; CRDP Picardie

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