Château fort des Ducs de Guise

Château fort construit entre 1537 et 1560 environ

Tout au long des transformations et modernisations, du premier château mentionné au Xe siècle à la forteresse royale du XVIIe, le fort a perdu petit à petit son rôle militaire, mais est resté symbole féodal. Anéanti lors de la première guerre mondiale, le château a fait l’objet d’un patient et remarquable sauvetage. Il est ouvert au public.


Château fort des ducs de Guise
Les origines

Un château appartement aux comtes de Vermandois est mentionné à la fin du Xe siècle sur la bute dominant la vallée de l’Oise à l’ouest. Il comprend une chapelle dédiée aux saints Gervais et Protais, devenue collégiale en 1052, qui abrite la sépulture des premiers seigneurs et des dignitaires laïques et ecclésiastiques, et son enclos renferme le cimetière de la paroisse, qui dépend du chapitre. Le château et la collégiale sont relevés par Jacques d’Avesnes après le siège du comte de Flandre en 1180, il passe dans le domaine royal en 1185. Le donjon est probablement érigé à cette époque. La famille d’Anjou engage de considérables travaux sur le château au XVe siècle.

Transformations

A partir de 1540 environ, Claude Ier de Lorraine, premier duc de Guise, entreprend de transformer le château en une des plus modernes citadelles d’Europe, et une des premières adaptations en France du système bastionné. Son tracé triangulaire reprend en grande partie celui des courtines et des tours circulaires médiévales. Les travaux peuvent être attribués à l’ingénieur provençal François Mandon de Saint-Remi, présent à Guise en 1537. Le chantier est poursuivi vers 1560 sous l’égide de François Ier de Lorraine qui fait reconstruire la collégiale et ériger l’arsenal.

Devenu forteresse royale au milieu du XVIIe siècle, le château de Guise est restauré et modernisé à partir de 1673 sur l’ordre de Vauban, sous la conduite de l’ingénieur Rivière (logis du gouverneur, corps de garde du bastion de la Haute-Ville, saillant de la Poterne). Mais le fort ne joue plus guère de rôle militaire, même si le symbole féodal garde toute sa valeur : le donjon, dont relève l’ensemble des fiefs du duché de Guise, est restitué en 1767 à Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé.

Destructions et sauvetage

La Révolution française ruine la collégiale tandis que le fort, déclassé en 1881, est anéanti par les deux batailles de Guise en août 1914 et novembre 1917 qui ne laissent subsister en élévation que le donjon et l’enceinte bastionnée en brique.

Le sauvetage du château est entrepris au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par Maurice Duton, fondateur du Club du Vieux Manoir, et couronné en 1963 par le premier prix des Chefs-d’œuvre en péril. Le Club du Vieux Manoir assure toujours l’entretien et l’animation du site ainsi que l’accueil du public.

Le donjon a été classé Monument historique le 22 juillet 1924, l’ensemble du site du château (glacis, enceinte et portes, bâtiments et soubassements subsistants, sous-sols archéologiques) a été inscrit Monument historique le 21 septembre 2007 et fait actuellement l’objet d’une procédure de classement.

 

 

 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Service Régional de l’Inventaire

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