Château de Villers-Cotterêts

Le domaine royal de Villers-Cotterêts est le témoin de 13 siècles d’histoire !
Le château actuel, joyau de la Renaissance, fut édifié par François Ier, qui l’aimait tant qu’il l’appelait : « Mon plaisir ». C’est dans ce château que François 1er signe l’ordonnance de Villers-Cotterêts.
Alexandre Dumas, né à Villers-Cotterêts en 1802, évoque le château à quelques reprises dans ses Mémoires...


Château de Villers-Cotterets - Vue aérienne

" Le château de Villers-Cotterêts (…) était, avec Sainte-Assise, la résidence de M. le duc d’Orléans. Commencé par François Ier, le château a été achevé par son fils Henri II.
Le père et le fils y ont apposé leur cachet.
François Ier y a sculpté ses salamandres ; Henri II, son chiffre et celui de sa femme, Catherine de Médicis.
Les deux chiffres sont renfermés dans les trois croissants de Diane de Poitiers.
Etrange réunion des chiffres des époux et des armes de la maîtresse, et qui est encore visible aujourd’hui à l’angle de la prison donnant sur la petite rue qui conduit à l’abreuvoir." (Alexandre Dumas, Mémoires, chap. 1).

Le château


Château de Villers-Cotterêts - Gravure d'Adam Pérelle, face nord, 1670 Crédits : Archives départementales de l'Aisne

François 1er, de retour de Madrid, où il était captif, décide de résider en Ile de France, et surtout au coeur du Valois : il est le neuvième roi de cette dynastie. Le site de Villers-Cotterêts le séduit, notamment par sa forêt giboyeuse.

C’est ainsi que la construction d’un ’logis’ royal est décidée, sur le site du château médiéval, détruit pendant la guerre de Cent ans, et dont les quelques éléments subsistants sont intégrés aux nouveaux bâtiments. Les travaux vont s’étaler sur les règnes de François 1er et d’Henri II.

En 1539, les bâtiments principaux sont achevés, et c’est là que, alors qu’il y fait un long séjour, François 1er signe l’ordonnance de Villers-Cotterêts.

Le château a conservé son plan d’origine. La cour est encadrée de deux longues ailes, les anciens communs. Au fond se situe le logis royal.
Sur la façade, des piliers surmontés de colonnes corinthiennes soutiennent une suite de consoles feuillagées et une loggia dallée, dont les niches devaient, à l’origine, abriter des statues. Au-dessus de cette loggia se trouve un portrait de François Ier portant le grand collier de l’Ordre de Saint-Michel. De longues et étroites fenêtres, couronnées de coquilles soutenues par des figurines d’Amour complètent l’architecture de cette façade de pur style Renaissance.

Un passage voûté, à caissons sculptés, donne accès à la cour du Jeu de Paume qu’encadrent les appartements royaux.

Le grand escalier, semblable à l’escalier Henri II du Louvre, est couvert d’une voûte inclinée, en anse de panier, ornée de trois rangées de caissons sculptés de salamandres, de feuillages, de fleurs de lys, de têtes d’angelots …


Château de Villers-Cotterêts, retable de la chapelle Crédits : Office de tourisme de Villers-Cotterêts

Aux XVII et XVIIIe siècles ce sont les ducs d’Orléans, premiers princes du sang, qui en deviennent propriétaires, recevant Louis XIV, Molière, la princesse Palatine, ou faisant de ces nobles murs, le théâtre des fêtes du sacre de Louis XV.

L’ordonnance de Villers-Cotterêts

Cent quatre-vingt-douze articles réforment la juridiction ecclésiastique, réduisent certaines prérogatives des villes, et rendent obligatoire la tenue des registres des baptêmes. Mais c’est surtout l’acte fondateur de la primauté et de l’exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique du royaume de France ; en effet, pour faciliter la bonne compréhension des actes de l’administration et de la justice, l’ordonnance leur impose d’être rédigés dans cette langue. Le français devient ainsi la langue officielle du droit et de l’administration, en lieu et place du latin.

Le parc

La forêt de Villers-Cotterêts (Retz) jouxte le parc du château, dessiné par Le Nôtre, qui a préservé les grandes lignes de sa composition XVIIe.
Les destructions des deux guerres ont impacté le parc. C’est de Villers-Cotterêts que part en juillet 1918 la contre-offensive des Alliés...

"Beaux arbres ! à l’ombre desquels s’étaient couchés François Ier et madame d’Etampes, Henri II et Diane de Poitiers, Henri IV et Gabrielle... (...)
Car, poète que je suis, il y a une chose que je préférerais à tout l’or de la terre, c’est le murmure du vent dans vos feuilles ; c’est l’ombre que vous faisiez trembler sous mes pieds ; ce sont les douces visions, les charmants fantômes qui, le soir, entre le jour et la nuit, à l’heure douteuse du crépuscule, glissaient entre vos troncs séculaires, comme glissent les ombres des antiques Abencérages entre les mille colonnes de la mosquée royale de Cordoue !"
(Alexandre Dumas, Mémoires, chap. 21).

En 1808, le château devient le « dépôt de mendicité » du département de la Seine et accueille à ce titre un millier de reclus parisiens. Il est ensuite transformé en maison de retraite, qui fermera ses portes en 2014.

Quelques dates repère !
1528 François Ier décide l’édification du château
1539 François Ier signe l’ordonnance de Villers-C.
1558 Henri II signe les lois de l’Auld Alliance
1661 Les ducs d’Orléans récupèrent le château
1664 Molière et Louis XIV pour la pièce Tartuffe
1722 fêtes du retour de sacre de Louis XV
1756 campagne d’agrandissement par le duc d’Orléans
1793 Philippe Egalité démantèle le château
1808 transformation en dépôt de mendicité
2014 la maison de retraite quitte les lieux

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine ; Simon Le Boeuf, Office du tourisme de Villers-Cotterêts

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