Château de Coucy

Forteresse du XIIIe siècle

Démantelé pendant la Révolution, consolidé par Viollet-le-Duc au XIXe, détruit par les Allemands en mars 1917, le château, summum de l’architecture militaire féodale, est aujourd’hui un ensemble de ruines grandioses


Château de Coucy, vue aérienne - Vue aérienne du château de Coucy Crédits : CRDP d'Amiens

Prestigieux monument de l’histoire médiévale, le château de Coucy-le-Château a, pendant 700 ans, élevé dans le ciel picard son donjon resté invincible jusqu’à la Première guerre mondiale.

Les Allemands minent le château et font sauter les enceintes et le donjon en mars 1917. Malgré cette destruction partielle, ce château reste l’exemple le plus accompli, le plus ambitieux et le plus achevé de l’architecture militaire médiévale.

Il est représentatif de la richesse, voire de l’ostentation de l’architecture princière des grands féodaux de la première moitié du XIIIe siècle.


Château de Coucy avant sa destruction en 1917 - Le château de Coucy avant sa destruction en 1917

L’ensemble fortifié occupe plus de 14 hectares. Il comprend trois enceintes successives. Situées sur un éperon rocheux, celles-ci déroulent près de deux kilomètres et demi de courtines, ponctuées par une trentaine de tours. 

Malgré les tourmentes du temps et de l’histoire, le château, consolidé au XIXe siècle par Viollet-le-Duc, présente encore d’imposantes ruines avoisinant l’enceinte urbaine de la ville.

L’histoire du château

Dès le début du Xe siècle, le site de cet éperon rocheux est occupé et fortifié. Dominant la vallée de l’Ailette, il représente une position stratégique aux confins du Laonnois et du Soissonnais.


Coucy-le-Château - Coucy-le-Château Crédits : CRDP d'Amiens

Au premier plan de la photo, à droite, le fond de la vallée de l’Ailette largement boisé. Au second plan et vers l’arrière gauche : le plateau du Laonnois qui s’avance par un étroit promontoire sur lequel se dresse le château.

Au XIe siècle, Coucy devient peu à peu le lieu d’affirmation du lignage des sires de Coucy, seigneurs de Marle et de La Fère.

Le château, tel qu’il nous est parvenu, date des années 1220-1250, lorsque son édification s’insère dans le contexte des rapports de force politique entre le roi de France et ses puissants feudataires. À la mort de Louis VIII, en 1228, l’héritier du lignage, Enguerrand III de Coucy devient l’un des premiers barons du royaume sous le règne de Philippe Auguste.

Profitant de la minorité de Saint Louis et des difficultés de la régence de Blanche de Castille, Enguerrand III entreprend, de 1225 à 1242 (date de sa mort), la construction d’un vaste ensemble fortifié qui a pour but de protéger cet emplacement stratégique pouvant servir de base d’appui ou de repli contre la capitale du royaume de France. Des constructions primitives, il ne conserve qu’une chapelle romane.

La modernisation du château est l’oeuvre du dernier des Coucy, Enguerrand VII comme le prouve un compte de châtellenie de 1386-1387.

Dans la grande salle, de grandes fenêtres à meneaux alternent avec les cheminées encore en place dans les ruines actuelles.

La salle à voûte lambrissée, dotée d’une grande verrière dans le pignon côté basse-cour, influencera les programmes architecturaux de Louis d’Orléans, acquéreur de Coucy en 1399, à la mort d’Enguerrand VII. La campagne de construction est achevée par Louis d’Orléans qui met en place les statues des Preux de la grande salle, ainsi que la cheminée des Preuses de la salle du Paille (ou poêle).

Lors du regain d’intérêt pour l’art médiéval au cours du XIXe siècle, ces décors et architectures sont particulièrement admirés. Viollet-le-Duc, s’en inspire dans sa recréation des oeuvres de Louis d’Orléans à Pierrefonds. 

L’architecture


Château de Coucy

Le château montre l’application des efforts de rationalisation et de la réflexion sur l’art de la fortification, menée par les architectes des chantiers royaux de Philippe Auguste. 

Enguerrand a l’idée d’appuyer la forteresse à la ville. Il élève autour de l’agglomération une enceinte fortifiée de 28 tours, encore visible aujourd’hui.


Château de Coucy, les remparts - Les remparts Crédits : Szeder László

Entre la ville et le château proprement dit, une basse-cour est implantée sur un plan hexagonal irrégulier comprenant des salles et la chapelle. Cette basse-cour est séparée du château par un fossé.

Le château, à la fois forteresse et palais fortifié, a l’aspect d’un quadrilatère irrégulier. Une tour renforce la défense à chaque rupture d’alignement.

Le donjon, de 54 m de haut et 37 m de diamètre, protége l’accès au château. L’épaisseur de mur est de 7,50 m.

Au deuxième étage, l’architecte a aménagé une galerie à 3 m.

Au sommet, des corbeaux de pierre sont destinés à recevoir des hourds.


Château de Coucy

Un symbole de pouvoir

Le donjon, au caractère colossal, est emblématique de la portée symbolique qu’Enguerrand de Coucy entend donner de sa force et de son pouvoir.

Le caractère architectural du château est d’abord ostentatoire par ses dimensions imposantes. L’intérieur reste inhabitable. L’enjeu est d’abord d’afficher la puissance seigneuriale, motif repris dans le bas-relief du tympan de la porte représentant un chevalier combattant un lion.

Les bâtiments résidentiels et les annexes ont le même caractère imposant que le donjon. La grande salle seigneuriale à l’étage surclasse par ses dimensions les salles princières. Seule la salle du Palais de la Cité sous Philippe le Bel peut rivaliser avec un tel luxe. 

Visite

Outre le site qui est resté imposant, on peut visiter les immenses caves voûtées parfaitement préservées, la prison, les salles basses des tours.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Guiochon, Xavier-Philippe

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