Charte d’Amiens

Congrès d’Amiens de la CGT (1906)

La charte d’Amiens affirme l’autonomie syndicale à l’égard des partis politiques et oriente rigoureusement la C.G.T. vers le syndicalisme révolutionnaire et definit les moyens d’action : grève générale et action directe pour parvenir à « l’expropriation capitaliste ».


Charte d’Amiens

La défense des intérêts moraux et matériels, économiques et professionnels.

« Entre les divers syndicats et groupements professionnels des deux sexes existant en France et dans les colonies, il est créé une organisation unitaire et collective qui prend pour titre : Confédération Générale du Travail : C.G.T.
La confédération a pour but : »le groupement des salariés pour la défense de leurs intérêts moraux et matériels, économiques et professionnels .. en dehors de toute école politique.
La charte d’Amiens affirme l’autonomie syndicale à l’égard des partis politiques et oriente rigoureusement la C.G.T. vers le syndicalisme révolutionnaire ; les moyens d’action : grève générale, action directe (même sabotage et boycott) pour parvenir à « l’expropriation capitaliste ».

La révolution socialiste

« D’un côté il y a ceux qui regardent vers le pouvoir, de l’autre ceux qui veulent l’autonomie complète contre le patronat et le pouvoir. »
Au congrès (le 9e) de la CGT, les motions réformistes et révolutionnaires sont rejetées ou retirées ; c’est la motion présentée par le secrétaire général, Victor Griffuelhes, qui est adoptée à une large majorité.
Ainsi le congrès confédéral d’Amiens confirme l’article 2 constitutif de la CGT : « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat... ».
Il réaffirme clairement que le syndicalisme doit préparer l’émancipation intégrale (du prolétariat) qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste.
Syndicalisme révolutionnaire, donc, qui préconise l’action directe par la grève générale et la méfiance vis-à-vis des partis. C’est ce qu’on appelle la Charte d’Amiens.
« La grève est un phénomène de guerre et la révolution socialiste est une extension de cette guerre dont chaque grande grève est un épisode. » -Georges Sorel-
La politique répressive de Clemenceau empêche le mouvement de se développer mais la Charte d’Amiens deviendra la charte du syndicalisme français.

Réunie en congrès à Amiens en octobre 1906, la Confédération générale du travail (CGT) adopte un texte qui fera date dans l’histoire du syndicalisme français.

Texte de la charte d’Amiens

MOTION ADOPTÉE AU CONGRÈS D’AMIENS DE LA CGT LE 13 OCTOBRE 1906

Le Congrès confédéral d’Amiens confirme l’article 2 constitutif de la CGT :

La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat.

Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière.

Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique :

Dans l’oeuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’oeuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale.

Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation de salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat.

Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entière liberté, pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors.

En ce qui concerne les organisations, le Congrès décide qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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