Cayeux-sur-mer

Commune de la Somme

Station balnéaire de la Somme, située dans le Pays des Trois Vallées.


Cayeux-sur-Mer - Cayeux-sur-Mer Crédits : CRDP d'Amiens

Code postal : 80410
 

Nombre d’habitants : 2736 en 2010

Gentilé : Cayolais, Cayolaises

Canton de Saint-Valéry-sur-Somme, Communauté de communes : baie de Somme sud.

Située à mi-chemin d’Ault et du hameau du Hourdel, Cayeux apparaît comme une petite station balnéaire défavorisée par sa grève de galets. Elle accueille une clientèle modeste venant de Picardie, du Nord, de la banlieue parisienne qui y trouve calme et tarifs modérés.


Le phare de Cayeux-sur-Mer - Le phare de Cayeux-sur-Mer

Face à la mer s’allonge le boulevard littoral bordé d’un immense parc de stationnement automobile. En avant, sur le cordon de galets, s’alignent les cabines de plage. 


Les cabines de Cayeux-sur-Mer - Les cabines de Cayeux-sur-Mer Crédits : CRDP d'Amiens

Le chemin de planches bordé de cabines de plage, est considéré comme le plus long d’Europe (deux kilomètres).


Les planches à Cayeux-sur-Mer - Les planches à Cayeux-sur-Mer

Les cabines de bain, installées sur les hauteurs de la digue de galets, sont inséparables de l’image que les touristes se font de Cayeux-sur-Mer. Celles-ci sont actuellement d’un gabarit unique, précédées par un chemin de planches et alignées parallèlement à la mer. De couleur blanche, elles ont un double accès, coté ville et coté plage, un auvent que forme le panneau de bois qui clos la fenêtre une fois ouvert. Elles sont toutes baptisées d’un nom de ville différent et forme un alignement typique.

Il n’en a pas toujours été ainsi. A l’origine, sur les plages du Nord de la France, des cabines, montées sur roues, étaient véhiculées jusqu’à la mer, entrant dans l’eau et permettant aux dames de se baigner en évitant les regards indiscrets. En 1883, des tentes sont signalées sur la plage de Cayeux, et quelques années plus tard, pour faciliter la promenade, la municipalité fait installée un chemin de plage qui longe le front de mer.
Les cabines sont au nombre de 80 avant la Grande Guerre, séparées des premières maisons par un simple chemin. Puis, dans les décennies qui suivent, leur nombre ne fait que croître, arrivant à plusieurs centaines, 3 à 400 pour plus d’1,5 km de planches, peut être davantage. L’aménagement de la plage de Cayeux a donc suivi le rythme du développement du tourisme sur la cote picarde, de la vogue des bains de mer depuis le XIXe siècle.

Le casino


Le casino de Cayeux-sur-Mer - Le casino de Cayeux-sur-Mer Crédits : CRDP d'Amiens

Bâti sur la place qui ouvre la station sur la Manche, le casino tourne le dos à la mer en raison des désagréments causés par le vent du large. Il rappelle l’ancien dynamisme de la station, au début du XXe siècle, quand celle-ci recevait une clientèle plus fortunée qu’aujourd’hui. Récemment rénové, il accueille un restaurant panoramique et une salle de jeux avec des machines à sous.

Les estivants


Les estivants de Ault à Cayeux-sur-Mer - Les estivants de Ault à Cayeux-sur-Mer Crédits : CRDP d'Amiens

d’Ault à Cayeux, les estivants peuvent disposer de toute la place qu’il souhaitent.

Au premier plan à droite : la terminaison de la falaise d’Ault qui domine par un à-pic de 50 m l’estran couvert de galets. Vers l’arrière-plan file le cordon de galets qui isole de la mer la plaine littorale des bas-champs (tache verte à droite). Des épis de palplanches métalliques (couleur brune) ou de béton (couleur claire), construits perpendiculairement à la côte, ralentissent la migration des galets vers le nord (arrière-plan). Les estivants prennent leur bain de soleil, allongés sur les galets ou s’amusent sur le sable encore mouillé par la récente marée haute. Le retrait de la mer à marée basse atteint plusieurs centaines de mètres.

Les galets


Cayeux, les bas champs - Cayeux, les bas champs Crédits : CRDP d'Amiens

La vue prise au début du reflux montre le cordon de galets ici large d’une centaine de mètres et haut de près de dix. Une longue traînée noirâtre (galets encore humides) jalonne la partie que la mer vient de dégager. En arrière s’étend la plaine maritime des bas-champs vaste de 4 000 ha. Les activités agricoles y couvrent l’essentiel du territoire. De nombreux plans d’eau le parsèment. L’un, d’origine naturelle, avec son tracé digité et allongé, est le Hâble d’Ault qui recueille les eaux de drainage des bas-champs méridionaux ; le trop-plein s’évacue en baie de Somme par le canal rectiligne fuyant vers l’arrière-plan. Les autres étangs témoignent d’anciennes extractions de galets. En effet, le cordon de galets n’a pas toujours eu la position actuelle : jadis il s’étendait un peu plus à droite et, moins long qu’aujourd’hui, se terminait ici en s’épanouissant sur plusieurs centaines de mètres de largeur, par de multiples crochets recourbés vers les bas-champs. On les devine au-delà du grand étang du centre de la vue. Ces anciennes positions du cordon constituent d’immenses entassements fossiles de galets que l’on continue d’exploiter.

Le troisième mode d’occupation du sol est urbain : la petite ville de Cayeux (3 000 habitants), édifiée en arrière du cordon, s’est étendue vers le front de mer devenant une modeste station balnéaire et vers les bas-champs où elle trouve toute la place désirable. 


L’exploitation des galets aux hourdel - L'exploitation des galets aux hourdel Crédits : CRDP d'Amiens

Le nom de la ville tient son nom du picard « cayeux » qui signifie caillou. Les galets on autrefois servi à la construction et sont aujourd’hui utilisés par l’industrie.


L’exploitation des galets à Cayeux-sur-Mer - L'exploitation des galets à Cayeux-sur-Mer Crédits : CRDP d'Amiens

Les galets sont soit chargés dans des camions pour être portés sur les points les plus fragiles du cordon afin de l’engraisser artificiellement, soit livrés à des entreprises de travaux publics. Ils sont triés par taille ou concassés aux calibres exigés par la clientèle. On peut aussi les calciner et les réduire en poudre pour fabriquer du papier silexé (« papier de verre »), des filtres, des adjuvants aux enrobés pour le revêtement des routes... 

La richesse en silice des galets du cordon littoral en font un matériau apprécié. On les a longtemps prélevés sur le cordon même. Cette pratique qui amputait le cordon et contribuait à sa fragilité a été interdite. Seule persiste l’extraction en carrière sur des positions anciennes du cordon. Assurée par cinq entreprises employant plus de 200 salariés, elle couvre 42 ha d’où l’on extrait 350 000 tonnes par an. La vue montre l’immensité de ce site d’extraction (plusieurs dizaines d’hectares) qui grignote les espaces cultivés et sa proximité extrême du cordon actuel.

Seuls les galets de haute qualité, dits « ronds », utilisés comme agents de broyage dans l’industrie de la céramique, sont encore ramassés à la main sur le cordon... (à la condition de recharger le cordon par une quantité équivalente de galets banals). C’est la spécialité d’une entreprise locale qui contrôle 85 % du marché mondial et exporte 90 % de sa production. Tout comme ici, au nord de la baie de Somme, en arrière de la station balnéaire du Crotoy, la campagne apparaît trouée par d’immenses plans d’eau de forme géométrique, qui résultent de l’extraction de sable et de galets déposés jadis par la mer. La réglementation oblige les carriers à « végétaliser » et « paysager », là où l’exploitation est achevée, les rives de ces véritables petits lacs qui peuvent alors servir à la pratique de la pêche et des sports nautiques (voile).

La protection du littoral


La digue de Cayeux-sur-Mer - La digue de Cayeux-sur-Mer Crédits : CRDP d'Amiens

La tempête est l’épouvantail sur la côte picarde pour les communes comprises entre le hâble d’Ault et le Cap Hornu. Le risque est de voir la mer passer par dessus les digues. Pour faire face il a été mis un plan au nom prophétique de « Moise ». Des camions font des rondes pour répandre des centaines de tonnes de galets afin de sécuriser les habitations. En 2007, le renforcement à coûté 225 000€ pour acheminer entre 70 000 et 80 000 tonnes de galets ! Ce coût est assumé par les communes limitrophes, le Conseil général et le syndicat des bas-champs.

Le Hourdel et ses veaux marins


Le Hourdel - Le Hourdel Crédits : CRDP d'Amiens

Le Hourdel est un lieu-dit, simple hameau de 200 personnes environ, un des trois ports situés au cœur de la Baie de Somme. Il est éloigné de 7 km de Cayeux-sur-Mer, une commune dont il dépend sur le plan administratif.

En 1905, Adrien Huguet, auteur d’une Notice historique sur Le Hourdel écrit ainsi : « Ce hameau pittoresque, perdu sur la côte, s’avance à l’extrémité d’une pointe de terre bornée d’un coté par les flots de la Manche, d’un autre par les syrtes désertes et désolés de la Baie de Somme, et d’un troisième côté, vers la Mollière, par l’aridité de crocs semés de sapins maladifs ».
L’auteur ajoute ensuite que ses habitants vivent là, isolés, comme si Le Hourdel était une île. La pointe du Hourdel constitue en effet le poulier de la baie de Somme, son avancée méridionale et qui progresse vers le nord, par l’apport de galets notamment. Autrefois, le phare marquait la pointe nord de ce hameau de pêcheurs. A présent il faut se déplacer encore de quelques centaines de mètres avant que de l’atteindre. 

Le site offre l’un des plus beaux panoramas de la baie de Somme, ainsi que la possibilité de randonnées sur la plage ou le bois voisin de Brighton. Pas étonnant que Le Hourdel soit un des lieux de promenade favoris des touristes, visiteurs et autres randonneurs. Nombreux sont ceux qui viennent marcher sur sa plage de galets, jusqu’au poulier de la baie de Somme. 

Avec un peu de chance, le promeneur pourra apercevoir des phoques au repos sur les bancs de sable. La colonie de veaux-marins du Hourdel est la plus importante de France.

Cette petite agglomération s’organise autour de ses deux rues parallèles, le long desquelles s’alignent les maisons des pêcheurs, aujourd’hui moins nombreux que les touristes.


Le Hourdel, port - Le Hourdel, port Crédits : CRDP d'Amiens

Le Hourdel demeure un des trois ports situés au cœur de la Baie de Somme, le plus récent aussi, créé en 1833. C’est un simple quai, situé à la pointe méridionale de la baie de Somme. Il est protégé des tempêtes par l’extrémité du cordon de galets. Il accueille quelques bateaux de pêche et de nombreux bateaux de plaisance de taille modeste.

Si, au commencement, le site n’est qu’un havre, accueillant par hasard un bateau de pêche gagnant Cayeux et surpris par la tempête, aujourd’hui plusieurs entreprises de pêche y demeurent domiciliées.


Le Hourdel, port - Le Hourdel, port Crédits : CRDP d'Amiens

Et c’est un beau spectacle pour le visiteur que d’assister au retour à quai d’un de ces bateaux de pêche. Ch’Cotret , Enfant des Flots , Les 4 Vents , Orca , Sur f … Tels sont les noms de baptême de ces chalutiers-crevettiers, à la cabine déportée sur bâbord, typique des petits bateaux de pêche classiques haut-normands et de la côte picarde.


Le Hourdel, port - Le Hourdel, port Crédits : CRDP d'Amiens

Quelques pêcheurs continuent à approvisionner vacanciers et restaurateurs en crevettes grises, les « sauterelles », en poissons plats et autres coquilles Saint-Jacques. Selon la saison.


Le Hourdel, port - Le Hourdel, port Crédits : CRDP d'Amiens
A marée basse, la flottille de ces chalutiers, les « sauterelliers », au nombre d’une dizaine le plus souvent, demeure amarrée à l’estacade en bois.


Le Hourdel, port - Le Hourdel, port Crédits : CRDP d'Amiens

Plus loin à l’intérieur de la baie, ce sont les bateaux des plaisanciers qui reposent le long d’un ponton aménagé pour l’accostage, au bord du chenal. Car l’ensablement gagne également le port du Hourdel, qui se transforme lui aussi, comme Saint-Valéry, petit à petit en port de plaisance.


Le Hourdel, port - Le Hourdel, port Crédits : CRDP d'Amiens

Le Hourdel et Le Crotoy maintiennent une fonction moribonde de port de pêche. Une quarantaine de bateaux, avec une centaine d’hommes, ramènent soles (principalement), coquilles Saint-Jacques, civelles, crevettes (500 t en 1995 contre 2000 t en 1987). L’ensablement de la baie interdit aux bateaux de taille moyenne d’accéder aux quais en dehors des hautes mers de fort coefficient, les forçant à décharger leurs prises hors de Picardie, au Tréport surtout.

Le Hourdel et les galets


La vue prise vers le nord-est montre l’actuelle terminaison du cordon de galets. Il dessine un crochet vers l’intérieur de la baie de la Somme (à l’arrière-plan). La forme arquée de sa pointe provient de la poussée des eaux marines (à gauche) qui, pénétrant dans l’estuaire, y entraînent les galets parvenus au terme de leur long déplacement depuis le pied des falaises méridionales (4000 m3 arrivent ici chaque année).

Vers l’intérieur, des dunes de sable couvertes de buissons s’étendent jusqu’au petit canal qui amène, de la droite, les eaux du Hâble d’Ault. En bas à droite, le plan d’eau bleuâtre résulte de l’extraction des galets jadis déposés ici par la mer ; ils sont travaillés sur l’espace défriché voisin.

L’estuaire de la Somme s’ouvre largement, sur 5 km, entre le liseré blanc du cordon de galets (bas de la vue, sud) et celui ocre de la plage de sable du Crotoy (en haut à gauche, nord). Il est ici envahi par la Manche qui masque les alluvions sablovaseuses formant la « slikke », grise, nue car submergée à chaque marée haute.

Juste à droite de l’espace en eau, et à une altitude un peu supérieure, se distinguent les « mollières » (ou schorre). La mer ne les recouvrant qu’aux plus fortes marées, elles ont pu se garnir d’un tapis végétal où l’on rencontre la salicorne, cueillie par les pécheurs à pied et vendue comme condiment.

Les chasseurs de gibier d’eau ont creusé ici des « mares » pour attirer les volatiles qu’ils tirent depuis des caches (les « huttes ») aménagées près de ces trous d’eau artificiels.

Plus à droite encore, et donc un peu plus haut, s’étendent les bas-champs, ancienne plaine maritime constituée d’alluvions que les hommes ont drainée pour en faire un espace agricole. Le colmatage de l’estuaire de la Somme est aujourd’hui tel qu’on peut le traverser à pied à marée basse.

Le promeneur doit cependant se méfier de la montée très rapide de la mer qui risque de l’isoler sur un banc de sable avant de le submerger. Il faut se renseigner sur les heures de marée et être revenu sur la rive au moins deux heures avant la pleine mer.
 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens)

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