Cassini

une dynastie d’astronomes

Cette illustre famille d’astronomes, pionniers en géographie, en se fixant dans l’Oise pendant plus d’un siècle, a largement contribué au progrès et au renom de l’astronomie et de la géodésie française.


Extrait de la carte de Cassini de Thury (Saint-Quentin) - Extrait de la carte de Cassini de Thury (Saint-Quentin)

Les Cassini : quatre générations d’astronomes qui ont dirigé l’Observatoire de Paris et réalisé les premières cartes de France. Travailleurs acharnés, innovants dans l’organisation de leur recherche, se relayant de père en fils, les Cassini sont célèbres pour avoir établi les premières cartes de France ; elles ont été achevées en 1784, longtemps avant que les pays voisins ne s’attellent à la même tâche.

Les débuts

On est en 1665, Louis XIV vient de créer l’Académie des sciences et accède à sa demande de créer un Observatoire à Paris. L’optique se développe, l’astronomie doit suivre. D’autant que la comète de 1664 a attiré tous les regards des savants...

Comme il a convié à Paris le Hollandais Huygens, le ministre Colbert poursuit sa collection de savants. Il invite l’Italien Jean-Dominique Cassini à l’Observatoire. Jean-Dominique s’est fait connaître comme concepteur d’une « méridienne », un cadran solaire très précis. Grâce aux lunettes inventées par son ami Campani, il découvre trois satellites de Jupiter, puis calcule la vitesse de rotation. Il découvre quatre satellites de Saturne, établit une carte de la lune. Son œuvre majeure ? Il mesure les distances séparant les planètes du soleil.

Cet homme assidu, méticuleux, qui se contentait d’étudier les astres chez un mécène de Bologne, est consacré à Paris comme un héros. Il devient l’ami du roi soleil, prend la nationalité française et épouse Geneviève de Laistre, à Clermont (son portrait orne la salle des mariages de l’hôtel de ville).

Jacques, son fils, puis César le petit-fils, puis Dominique , l’arrière petit-fils lui succèdent à la tête de l’Observatoire. Jacques publie un « traité de la grandeur et de la figure de la terre », il voyage en Europe pour s’informer. César devient conseiller du roi Louis XV et son ami, l’assiste dans les temps de doute et de douleur... Ainsi, à la mort du dauphin, Louis XV s’enferme avec lui pour observer le ciel toute une nuit... Tout aussi attaché à la royauté, Dominique démissionnera de son poste en 1793, pour finir sa vie dans sa demeure de Thury-sous-Clermont.

Le dernier, Alexandre, sera renommé en tant que juriste et botaniste.

Les Cassini sont liés à la géodésie

Avec leurs cousins Maraldi, immigrés en compagnie de Cassini 1e, ils entreprennent de relever la topographie de la France pour en dessiner la carte en 182 feuilles à l’échelle 1/86 400è. Les « cartes de Cassini » sont célèbres et marquent le début de la géodésie (étude de la forme de la terre et mesure de ses dimensions). Elles ont permis le développement des services royaux des canaux, des ponts et chaussées et les grands chantiers qui ont unifié la nation.

Il a fallu deux générations pour réaliser ces cartes… Les Cassini les ont établies grâce à une organisation innovante, contemporaine : en gérant cette opération de service public de main de maître, comme une entreprise privée, cofinancée par les services de l’Etat, l’avance des clients et 50 actionnaires … On dirait aujourd’hui, en « partenariat public privé ». La guerre l’ayant privé des subsides royaux, Cassini III crée une association à qui le roi accorde le privilège de la vente des cartes durant 30 ans. Les états provinciaux achètent celles qui les concernent. Mais la Convention, en 1793, confisquent les cartes, ruine Cassini IV et le fait arrêter quelque temps, mais continuera les travaux... Les pays européens entreprendront leur cartographie des décennies plus tard...

Au départ des cartes, il y a une longue querelle entre la famille et d’autres savants sur la forme de la terre. Elle dure 80 ans…

Sous Louis XIV, au-delà des mers, l’expédition de Richer mesure que le pendule est plus rapide à battre la seconde à Cayenne qu’à Paris. Huygens et Newton attribuent cette différence à un aplatissement de la terre. Dans la lignée des travaux de Picard, Cassini II mesure un arc de Brest à Strasbourg, puis relève les villes principales par triangulation (mesure de la distance par 3 côtés d’un triangle. Le mètre a été calculé d’apèrs la longueur du ¼ du méridien terrestre). Son fils prend la suite grâce aux fonds royaux, à partir de 1750, en mesurant les abords de son château, puis le plat plateau picard. Puis l’Oise : Clermont/Senlis, Clermont/Compiègne … Par rapport au réseau de triangles connu, il détermine la position du moindre village, du plus petit clocher. Il étend le méridien de Dunkerque à Perpignan, qu’il mesure scrupuleusement. Mais à la mort de Colbert, les crédits royaux épuisés, l’opération s’arrête à Bourges. Le degré du méridien apparaît plus long au sud. Donc Cassini II en déduit que la terre ressemble à un ballon de rugby, alors que Newton la voit aplatie. La question sera discutée jusqu’en 1736, quand deux expéditions, en Laponie (Maupertuis) et au Pérou (La Condamine) permettront de conclure que la terre est aplatie. En savant rigoureux, en honnête homme, il recommencera les calculs de ses adversaires pour vérifier et reconnaître officiellement son erreur… avant de passer la main à son fils César.

Giovanni-Domenico Cassini, dit Cassini 1er


Giovanni-Domenico Cassini, dit Cassini 1er - Giovanni Domenico Cassini I

Giovanni-Domenico Cassini 1er est né en 1625 à Perinaldo en Italie (dans le comté de Nice, à l’époque) et mort à Paris en 1712.

Il est appelé par Louis XIV, sur recommandation de l’abbé Picard, pour poursuivre en France les observations astronomiques, qui l’avaient déjà rendu célèbre dans son pays natal. De plus, le roi lui confie l’organisation de son observatoire de Paris, en 1669.

Cassini épouse, le 10 novembre 1673, Geneviève de Laistre, l’une des filles du lieutenant général du comté de Clermont.

On lui doit la découverte de Quatre des satellites de Saturne. Il observe les intervalles qui séparent les anneaux de cette planète auxquels on donne son nom (division de Cassini). On lui doit de nombreuses observations, en particulier de la Lune, de Jupiter et des taches du Soleil. Tout ce travail est accompagné de publications sans cesse renouvelées. Il meut aveugle en septembre 1712. Sa dépouille mortelle repose dans l’église Saint-Jacques du Haut pas, à Paris, dans le VIe arrondissement.

Jacques Cassini, dit Cassini II


Jacques Cassini, dit Cassini II - Jacques Cassini II

Né à l’Observatoire en Paris en 1677, mort à Thury-sous-Clermont en 1756.

Également astronome, il poursuit l’oeuvre de son père, Giovanni-Domenico Cassini 1er, et l’accompagne dans ses voyages. En sa compagnie, il prolonge la méridienne jusqu’au Canigou.

Travailleur acharné, membre de l’Académie à 17 ans, il succède à son père. Il se lie avec Newton, Halley, Flamsteed. Avec son cousin Maraldi, il installe un observatoire à Fillerval, près de Thury, terre qu’il achète en 1719, bien après la mort de son père. Taxé souvent de grande réputation d’honnêteté et de sérieux dans son travail, il souffre aussi d’indécision.

C’est en se rendant dans sa propriété de l’Oise qu’à la suite d’un accident de voiture, il meurt, âgé de 79 ans. Il repose dans l’église du village de Thury-sous-Clermont.

César François Cassini de Thury, dit Cassini III


César François Cassini de Thury, dit Cassini III - César-François Cassini III

Né au château de Fillerval en 1714 , mort à Paris en 1784.

Appelé Cassini de Thury, fils de Cassini II , il va surtout se consacrer au grand projet de sa vie : la grande Carte de France topographique, l’ancêtre de notre ancienne carte d’Etat-major. Son buste inauguré au moment des manifestations de la Mission 2000 se dresse maintenant au milieu de la petite place Henri-Dunant à Clermont. 

Dominique, comte de Cassini, dit Cassini IV


Dominique, comte de Cassini, dit Cassini IV - Jean-Dominique Cassini IV Crédits : Lithographie de Julien Léopold Boilly

Fils aîné de César-François Cassini III, né à l’Observatoire de Paris en 1748, mort à Thury en 1845.

Après avoir navigué très jeune pour éprouver les montres marines, il entre à l’académie des sciences en 1770. Comme ses prédécesseurs, il succède à son père à l’Observatoire. Il transforme et commence à restaurer le vieil édifice créé par Perrault. Louis XVI le reçoit à plusieurs reprises et lui donne son appui.

La Révolution le chasse de l’Observatoire. Il est incarcéré quelques temps au couvent des Bénédictins-anglais, la Scala Cantorum actuelle.

Revenu dans ses terres de l’Oise qu’il affectionnait tout particulièrement, on le retrouve dans de nombreuses fonctions administratives, notamment comme maire de Thury, président du Conseil général, juge de paix du canton de Mouy, etc. Il décède le 18 octobre 1845, après avoir fait déposer de nombreuses donations à la commune de Clermont.

Alexandre Henri Gabriel, vicomte de Cassini


Alexandre Henri Gabriel, vicomte de Cassini - Alexandre-Henri Cassini Crédits : Gravure par Ambroise Tardieu

Fils de Jean-Dominique Cassini IV, Alexandre-Henri Cassini V est né lui aussi à l’Observatoire en 1781, mais n’a pas suivi le parcours de ses ancêtres, et s’est dirigé vers la botanique. Il est décédé bien avant son père, victime du choléra en 1832. C’est donc par sa soeur Aline, mariée à François Joseph Vuillefroy de Silly que la descendance va se perpétuer en France, en Angleterre et peut-être ailleurs, jusqu’à aujourd’hui.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Teillet Claude

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