Breuil, abbé Henri

Préhistorien (1877-1961)

Les travaux de ce grand spécialiste de l’Art préhistorique l’ont conduit partout dans le monde. Il a cependant publié des études sur la Picardie et venait faire des conférences à Clermont, la ville de son enfance.


Abbé Henri Breuil - Abbé Henri Breuil Crédits : SAHC

Henri Breuil est né le 28 février 1877 à Mortain (Manche). Son père Albert Breuil, procureur de la République, était de famille amiénoise, Sa mère, Lucie Morio de l’Isle, fille d’un ancien sous-préfet de Compiègne, était originaire de Vauxcastille, près de Vierzy (Aisne). Arrivé à l’âge d’un an à Clermont, le jeune Henri y passe son enfance. Études primaires à Clermont, puis secondaires au Collège Saint-Vincent à Senlis, tenu par des pères Maristes. Il y passe son baccalauréat philosophie. Ensuite, sur avis médical, un an de repos et de vacances à Clermont, consacrée en grande partie à l’observation de la nature.
A l’automne 1895, il entre au Petit séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux. Son professeur de sciences, l’abbé Guibert, est ouvert aux théories nouvelles en préhistoire.

Aux vacances d’été 1896, il participe à des fouilles archéologiques à Campigny (Eure), avec le docteur Capitan. Il continue ses études au Séminaire des Carmes à Paris.

À l’été 1897, un voyage en Périgord avec Jean Bouyssonie (futur découvreur de l’homme de La-Chapelle-aux-Saints) lui permet de visiter les grottes ornées des Eyzies, de Gourdan, et du Mas d’Azil. Il rencontre Edouard Piette à la Grotte du Pape à Brassempouy (Landes).

En septembre 1899, il fait ses premières communications sur la Préhistoire en Picardie au Congrès de l’AFAS (Ass. française pour l’Avancement des Sciences) à Boulogne-sur-Mer.

En décembre 1900, il est ordonné prêtre. Un accord avec l’évêque de Soissons lui permet de réaliser sa double vocation religieuse et scientifique, et il poursuit donc ses études scientifiques. À l’été 1901, découverte des grottes ornes des Combarelles et Font-de-Gaume aux Eyzies. En octobre 1902, il va avec Emile Cartailhac à Altamira (Espagne), et en authentifie les admirables peintures. En 1904 et 1905, il termine sa licence de Sciences naturelles, et soutient une thèse sur l’Art préhistorique à l’Àge du renne.

De 1905 à 1910, il enseigne à l’Université de Fribourg (Suisse). En 1905, il participe au premier congrès préhistorique de France à Périgueux, puis en 1906 à Monaco. Il travaille à des relevés, études et publications sur les grottes ornées du Périgord et d’Espagne.

En 1910, est créé l’Institut de Paléontologie humaine, grâce au Prince Albert de Monaco. Henri Breuil rencontre Teilhard de Chardin dans le laboratoire de Marcellin Boulle. En 1914, il est correspondant des services de renseignements en Espagne. En 1918, il a déjà 200 publications à son actif.

En 1922 et 1923, décès de son père et de sa mère à Clermont, et vente de la maison familiale en 1924.

Il s’installe à Paris, 52, avenue de la Motte-Picquet et aura une maison de vacances à l’Isle-Adam. De 1922 à 1924, nombreux articles sur le Soissonnais l’Ardèche, le Lot, le Sahara, l’Europe centrale, l’Angleterre, etc. En décembre 1929, leçon inaugurale au Collège de France, à la chaire de Préhistoire.

Jusqu’en 1940, enseignement, articles et nombreux voyages : En 1931 et 1934, voyages en Chine (site de Chou-Kou-Tien), séjour au Portugal, et six ans en Afrique du Sud.

Travaux et distinctions

1931 : Études de stratigraphie du Paléolithique supérieur dans le Nord de la France, la Belgique et l’Angleterre .

1936, visite avec G. Matherat des ponts de fascines de Breuil-le-Sec

En 1936, il est Président de la Société préhistorique française. 

10 mars 1938 : conférence à la Société archéologique et historique de Clermont : l’Art rupestre préhistorique en Espagne 

1938-1939 : au Collège de France, étude sur les anciennes terrasses alluviales de la Somme, et la solifluxion (perturbation du sol par le gel) en Picardie.

En1939, membre de l’Institut.

En septembre 1940, il est appelé lors de la découverte de la grotte de Lascaux par 3 enfants, et il authentifie les peintures préhistoriques datées du Magdalénien (env. 12000 ans av. J.-C.). Son nom restera associé à cette découverte extraordinaire, mais dont l’étude fut faite par d’autres.

De 1942 à 1951, plusieurs séjours en Afrique du Sud, où il étudie les peintures rupestres, en Afrique centrale (Congo) et de l’Est (Ethiopie), au Sahara avec Henri Lhote. En 1947, il prend sa retraite du Collège de France.

En octobre 1951, 2e conférence à Clermont : À la chasse des peintures préhistoriques, du Périgord à l’Afrique du Sud .

1951, avec Raymond Lantier : Les hommes de la pierre ancienne (Payot)

1952, publication de son œuvre principale : Quatre cents siècles d’Art pariétal (Montignac)


Quatre cents siècles d’art pariétal, par Henri Breuil et Henri Lhote.

1954, avec Henri Lhote : Les roches peintes du Tassili (AMG).

1957, ses amis et élèves publient : Hommage à l’abbé Henri Breuil pour son 80e anniversaire , avec bibliographie très complète de ses communications, articles et publications.


Abbé Henri Breuil, médaillon - Médaillon de l'abbé Henri Breuil

Le 14 août 1961, il décède à l’Isle-Adam.

En 1970, une journée de travail des préhistoriens de l’Oise est organisée à Clermont, avec apposition d’une plaque sur la maison Breuil en face de l’Hôtel de Ville de Clermont.

Il laisse une oeuvre considérable (plus de 500 publications).

À son actif en Picardie : inventaire des objets de l’Âge du Bronze, et études sur la Somme préhistorique.

Il fixa une chronologie plus exacte des périodes de la Préhistoire, et ses relevés et études des grottes ornées en ont fait le spécialiste mondial incontesté de l’Art préhistorique

La devise de l’abbé Breuil

« Poursuivre tout ce qu’on entreprend raisonnablement, considérer comme raisonnable toute inspiration d’âme ou d’esprit harmonisée avec nos forces et nos obligations, et susceptibles d’accroître la vie en nous et dans le prochain ; y être à la fois hardi et prudent, savoir oser, savoir peser, savoir persévérer, n’est-ce pas le secret de faire le bien et de le bien faire ? » (septembre 1905, lettre à Robert Boulet) 

Témoignage

« L’abbé Breuil fut et demeurera l’un des plus grands maîtres de la Préhistoire. Il a marqué d’un sceau indélébile tous les tournants de cette prodigieuse enquête sur notre très ancien passé. » (Suzanne de Saint-Mathurin, Ecclésia, 1977). 

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Boulet Claude

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