Blanchard, Maurice

Écrivain (1890 - 1960)

Maurice Blanchard, écrivain, pilote, ingénieur, entrepreneur...et Résistant.


- Maurice Blanchard

Maurice Blanchard est né à Montdidier en 1890 puis il y est revenu pour passer la fin de sa vie et y mourir en 1960.

Enfant unique, il vit avec sa mère, abandonnée par son père. La nécessité conduit celle-ci à le placer dès l’âge de douze ans comme apprenti serrurier à Paris. Il est ensuite maréchal-ferrant puis ouvrier.

En 1907, il quitte ce « bagne industriel » et s’engage à l’arsenal de Toulon dans la marine. Durant la Première Guerre mondiale, Maurice Blanchard est pilote de chasse de l’escadrille de Dunkerque. Il est le seul rescapé de l’escadrille.

Seul, il reprend ses études, il est détaché au ministère de l’Air où il travaille à la conception d’hydravions.

En 1917, il est reçu premier à l’École des ingénieurs mécaniciens de la Marine. Il travaillera dès lors pour Blériot-Spad, puis fonde sa propre entreprise à Saint-Cloud.


- Maurice Blanchard, affiche Crédits : CRDP d'Amiens

Pendant la Seconde Guerre mondiale, résistant, l’ingénieur espionne dans les bureaux parisiens de la firme allemande Junkers.

Il s’engage dans la Résistance (groupe Brutus-Vidal). 

Ceci lui vaut, en 1945, d’être décoré de la Croix de guerre et de la croix de guerre anglaise.


- Maurice Blanchard Crédits : CRDP d'Amiens


- Maurice Blanchard Crédits : CRDP d'Amiens

Lorsque sonne l’heure de la retraite, Maurice Blanchard revient à Montdidier.

La ferme familiale a disparu avec les bombardements en 1918, mais on peut voir à Montdidier la maison aux 15 et 17, rue Saint-Martin, dans les faubourgs de la ville, où l’homme, sauvage et fuyant aux yeux de ses voisins vécu ses deux dernières années en compagnie de sa femme.

C’est avec l’envie de renouer avec ses années d’enfance, certes traumatisantes, mais avec ces images de paysages, de bruits et de scènes si familières à sa mémoire qu’il vit à présent.

Le poète et l’écrivain

« Dans la chambre avec mes souvenirs douloureux, mourir sous un brillant soleil d’hiver, mourir sur l’épaule de ma compagne dont les yeux humides et brillants se ferment lentement avec une très grande douceur sur les rêves inachevés et enfouis pour toujours » .
Ainsi s’exprime le poète en 1960 dans une de ses dernières œuvres.

Dès les années 1920, il se prend de passion pour la philosophie et étudie les langues anciennes et vivantes. Admirateur de Dante, Conrad et Shakespeare (dont il traduit des sonnets), il découvre la poésie, en particulier Paul Eluard et les surréalistes.

Dès lors, il écrit lui-aussi, une bonne dizaine de volumes, à partir de 1929, ce qui lui vaut l’amitié des cercles avant-gardistes parisiens, de Joë Bousquet et René Char notamment, son ami qui lui dédie le poème : Les Observateurs et les rêveurs .

Au mois de mars 1960, dans les colonnes du Courier picard , un journaliste, dans son compte-rendu de la mort de Blanchard, déplore la faible affluence qui assiste le cortège funèbre.

Quarante ans s’écouleront avant qu’un biographe et l’université s’intéresse à son œuvre et à son journal.

Pourtant l’homme, sa vie et ses textes, ne manquent pas de relief.

Un enfant de Montdidier est devenu un écrivain de renom.

La main à plume

En 1941, tandis que de nombreux surréalistes sont en Amérique, une poignée de jeunes gens décident de se réunir à Paris dans le but de maintenir le surréalisme en France occupée.

En référence au vers de Rimbaud La Main à Plume vaut la main à charrue , le groupe se baptise La Main à plume et affiche ainsi sa volonté d’insoumission.

L’opposition ne sera pas qu’intellectuelle et cette génération des « 20 ans en l’an 40 » payera un lourd tribut à la lutte armée : sur la vingtaine de ses membres durables, huit ne connurent pas la fin de la guerre.

La Main à plume fut l’expression d’une jeunesse radicalisée qui se réfugia dans les manifestes du surréalisme d’André Breton, pour se tenir « aussi loin de Péguy et d’Aragon qu’elle l’est de M. Drieu La Rochelle » (Jean Simonpoli, 1943).

Le groupe, qui compte dans ses rangs Paul Eluard et Maurice Nadeau, a fait paraître, dans une semi-clandestinité, une dizaine de publications collectives et une trentaine de plaquettes individuelles.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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