Benay

Commune de l’Aisne

L’histoire de cette commune du Pays du Saint-Quentinois est marquée par la longue lignée des seigneurs de Benay ; l’un d’eux épousa Gabrielle d’Estrées.


Benay - Benay (Aisne)

Code postal : 02440
 

Nombre d’habitants : 213 en 2010 (287 en 1800, 346 en 1836)

Canton de Moÿ-de-L’Aisne, communauté de communes de la vallée de l’Oise, arrondissement de Saint-Quentin, diocèse de Soissons.

Benay est un village de l’ancien Vermandois, situé dans une plaine élevée, à 37 km au nord ouest de Laon et 11 km au sud de Saint-Quentin.

Autrefois de l’intendance de Soissons, du baillage de Saint-Quentin, des élections et diocèse de Noyon.

Le Patron du village est Saint Martin.

Hautencourt et la ferme de Caponne en sont les dépendances.

Benay possédait jadis un prieuré qui dépendait de l’abbaye de Saint-Éloi-Fontaine. Au XIVe siècle, le prieur, qui était en même temps curé du village, payait à l’abbé de Saint-Éloi une prestation annuelle de cent setiers de blé pour nourrir ses chiens.

On voyait jadis dans le cimetière une chapelle où Saint Martin s’était, dit-on, arrêté en revenant de Saint-Quentin, et auprès était un grès où sa mule, dit-on, avait laissé l’empreinte de son pied. C’était à l’époque un lieu de pèlerinage.

Les Seigneurs de Benay

  • Vers 1140, Vicard de Benay
  • 1162, Guillaume de Benay, fils de Vicard de Morcourt
  • 1216, Hugues de Benay
  • De 1225 à 1231, Aélide de Ribemont, dame de Benay, veuve de Guy, châtelain d’Hirson
  • 1233, Renaud de Rouvroy, chevalier de Benay
  • 1339, René, chevalier de Benay. Marie était sa femme, Agnès d’Estrées, sa mère et Raoul son frère.
  • 1360, Gérard de Véhieres, chevalier de Benay. Jeanne était sa femme. Ayant hérité du domaine de Moyembrie par la mort de son frère, il donna Benay en douaire à sa belle sœur.
  • 1364, Gilles de Nanteuil, veuve de Warnier de Vehières, seigneur de Montheaumery (Moyembrie)
  • Vers 1530, Jean de Mousquet, seigneur de Neville, baron de Benay. Sa fille, Gabrielle, épousa vers 1540 Philipe, seigneur d’Amerval, de Surfontaine, de Liancourt…
  • 1558, Antoine d’Amerval. Adrienne de Cauchon était sa femme et Nicolas leur fils.
  • 1584, Nicolas d’Amerval, chevalier des ordres du Roi, gentilhomme de sa chambre, enseigne de 100 hommes d’armes des ordonnances, gouverneur et bailli de Chauny. Anne de Gouffier était sa première femme. Ils engendrèrent Nicolas ; Antoine, seigneur de Surfontaine ; Charlotte, femme d’Olivier de Longueval ; Marie, femme d’Isaac de Saint-Simon, seigneur de Clastres ; Esther, femme de Denis de Rosie, vicomte de Voisins.


Gabrielle d’Estrée - Gabrielle d'Estrée

Gabrielle d’Estrées fut sa seconde épouse et également maîtresse d’Henri IV, dont elle songea à se faire épouser. Il fallait pour cela commencer par obtenir la cassation de son mariage avec Nicolas d’Amerval, et dans ce but, elle l’accusa d’impuissance auprès de l’official d’Amiens.

Elle lui exposa qu’à l’age de 18 ans, ses parents l’avaient contrainte à épouser d’Amerval, et qu’après deux ans d’attente le mariage n’était point encore consommé, d’Amerval fit défaut ; mais voulant protester publiquement contre la violence qui lui était faite, il fit et déposa entre les mains d’un notaire d’Amiens, son testament renfermant la déclaration suivante :

« …et parce que, pour obéir au Roy, et de crainte de perdre la vie, je suis sur le point de consentir à la dissolution du mariage de moy et de ladite d’Estrées, suivant la poursuite qui s’en fait devant l’official d’Amiens, je déclare et proteste devant Dieu et devant les hommes, je jure et affirme que si la dissolution se fait et ordonne, c’est contre ma volonté et par force, pour le respect du Roy, n’estant véritable l’affirmation, confession et déclaration que je pourrois faire estre impuissant et inhabile pour la copulation charnelle et génération. Et en tesmoignage de ce que dessus, j’ai signé ce mien testament et cette déclaration et profession que j’ai escripte de ma propre main, et de laquelle j’entends ici après que moy et les miens nous pourrons servir de faire annuler tout ce qui sera fait et ordonné par ledit official à mon préjudice et de mondit mariage ; lequel présent testament et déclaration, j’ai voulu tenir secrets, et à cette fin, ai clos et fermé la feuille de papier présente où les ai escriptes, et l’ai cachetée de mon cachet où sont empreintes mes armes, et prétentions de les exhiber ainsi cachetés et clos pardevant deux notaires audit Amiens… …Fait et signé de ma main, à Amiens, aujourd’hui 12 décembre 1594. »

Sur ces entrefaites, l’official de Noyon réclama la connaissance de cette affaire, le sieur d’Amerval étant seigneur d’un village du diocèse de Noyon, et par conséquent placé sous sa juridiction. La cause fut donc portée devant le chapitre de Noyon, le siège vacant. D’Amerval comparut pour récuser ce tribunal, sous prétexte que le siège de Noyon avait été promis au frère de Gabrielle. On passa outre, et des médecins et chirurgiens furent commis à l’effet de constater l’imbécillité et frigidité dudit d’Amerval, qui protesta de nouveau en rappelant qu’il avait des enfants de sa première femme. L’official de Noyon n’en prononça pas moins le divorce le 7 janvier 1595, déclarant le mariage des parties avoir été conclu contre les lois et statuts de l’église. Cette sentence n’empêcha pas d’Amerval de contracter peu de temps après une troisième union avec Marguerite d’Autun, union qui fut, dit-on, encore rompue sous le même prétexte d’impuissance. Marguerite d’Autun épousa Henri Robert de la Marck, comte de Braine.

  • 1610, Isaac de Saint-Simon, vicomte de Clastres, baron de Benay par sa femme Marie d’Amerval.
  • 1625, Claude de Saint-Simon, seigneur dudit, pair et grand louvetier de France, gentilhomme de la chambre.
  • En dernier lieu, la terre de Benay appartenait au comte de Laval Montmorency.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Adermas

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