Barbier, Christian

Acteur (1924 - 1909)

Les 47 ans de carrière théâtrale, cinématographique et télévisuelle de Christian Barbier resteront marqués par toute une décennie du feuilleton, L’Homme du Picardie, dont l’action se déroulait à bord de la célèbre péniche de 38 mètres qui sillonnait les canaux de France et de Navarre.


Christian Barbier
 

Disparu le 3 novembre 2009 à Manosque à l’âge de 85 ans, Christian Barbier jette l’ancre après 47 ans de carrière théâtrale, cinématographique et télévisuelle.


Le « bourru » du cinéma

L’homme est discret, mais les films auxquels il a participé sont désormais classés parmi les grands classiques du cinéma français. Christian Barbier n’est pas d’origine picarde, il porte pourtant l’image de « La Picardie » dans le sillage du Picardie, péniche qui sillonne les fleuves de France pendant toute une décennie d’épisodes du feuilleton, L’Homme du Picardie.

Né le 28 juin 1924, l’acteur Christian Barbier débute véritablement sa carrière cinématographique en 1956, après avoir exercé de nombreux petits métiers. Il apparaît, aux côtés de Franck Villard et de Geneviève Kervine, dans Alerte au 2e bureau, un de ses premiers films, un polar de Jean Stelli. Il y campe un éminent spécialiste, le professeur Verdier, qui découvre un procédé inédit pour atteindre le cerveau électronique d’éventuels agresseurs. De rebondissements en coups de théâtre, l’énigme sera résolue !
 
Christian Barbier reste absent des plateaux de tournage pendant huit longues années. Il revient à l’écran en 1964 avec un petit rôle dans Week-end à Zuydcoote d’Henri Verneuil. Barbier y campe un camarade du sergent Julien (Jean-Paul Belmondo). La carrière de l’acteur démarre : La Vie de Château, Maigret à Pigalle, Le Franciscain de Bourges. En 1966, il est le partenaire de Michel le Royer dans Corsaires et Flibustiers.

C’est surtout avec le personnage de Joseph Burtol dans le feuilleton réalisé par Jean-Jacques Ertaud que sa réputation de « bourru » prend corps. En 1968, en effet, il devient L’Homme du Picardie ; cette première parenthèse télévisuelle de l’homme de cinéma, cantonné aux seconds rôles, va populariser l’acteur.

Fort de ce succès, Christian Barbier retourne en studio. Là, il poursuit sa carrière d’acteur décalé, sorte d’antihéros, et tourne également quelques des films à charge plus héroïque. La Horse, Les Granges Brûlées, La ligne de Démarcation et surtout L’Armée des Ombres, aux côtés de Lino Ventura, Simone Signoret et Jean-Pierre Cassel.

En parallèle de sa carrière cinématographique, l’acteur fait plusieurs apparitions pour des téléfilms au début de années quatre-vingt ; il incarne le grand-père « Grand-Pa » dans les six uniques épisodes de Mon ami Gaylord. Il apparaît dans L’œil du Sorcier, la Fortune des Rougons, Les rois Maudits, ou plus tard Julien Fontanes, et Retour à Locmaria, jusqu’en 2001.
 
Christian Barbier est également un homme de théâtre. L’un de ses rôles emblématiques fut celui de Janus Korczak, scientifique renommé du vingtième siècle, déporté avec ses élèves au camp de Treblinka, dans Korzack et ses enfants, aux côtés de Jacques Ruisseau sur la scène du Théâtre de Poche de Bruxelles.


Marque de fabrique télévisuelle

Christian Barbier, malgré la diversité des personnages qu’il a incarnés, reste, dans la mémoire collective, Joseph Burtol, le batelier du Picardie, héros du premier feuilleton télévisé de l’ORTF (Office de Radiodiffusion Télévision Française). La série est diffusée pour la première fois le 16 décembre 1968. Ce feuilleton est l’un des plus populaires de sa génération.
 

Du contexte social de l’Homme de Picardie

Le quotidien du marinier Joseph Burtol, c’est le quotidien des Français à la veille de l’explosion sociale de mai 1968. De plus, derrière la situation tendue de la batellerie, se profilent les restructurations du textile, de la sidérurgie...
Réalisé en 1967, L’Homme du Picardie fut diffusé en 1968, année charnière à bien des égards.

L’homme du Picardie est populaire, au sens noble du terme. Tandis que gronde l’orage des révoltes sociales, les sept mille mariniers de la batellerie française suivent les aventures quotidiennes du « Picardie ». A cette époque, il n’est pas rare que des files de bateliers s’immobilisent le long des rives. Peu d’entre eux possèdent un récepteur ; aussi arrive-t-il que les bateliers s‘arrêtent pour suivre ensemble les démêlés de la famille Burtol avec le quotidien.
 
Christian Barbier, de fait, est « mis en relation directe et régulière avec des millions de français qui ne (le) connaissaient pas encore », explique-t-il lors d’un interview par un quotidien picard. A sa manière, Christian Barbier fit beaucoup pour la notoriété de la Picardie. Il participa même, en 1992, à la soirée de clôture du 12e festival du film d’Amiens, aux côtés de Pierre Santini – auteur interprète du feuilleton L’Homme du Picardie.

 

Christian Barbier (1924-2009), l’homme du Picardie par « Nassera Metmati », publié le 24/09/10

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine ; Metmati Nassera

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