Albert

Commune de la Somme

Albert, troisième ville de la Somme en population, existait déjà sous l’empire romain. La ville fût détruite et rebâtie sept fois...plus une, à la fin de la Grande Guerre où il n’en restait plus rien !


Albert, un village en étoile - Albert, un village en étoile Crédits : CRDP d'Amiens

La Commune d’Albert dans le Santerre.

Albert est une commune située dans le département de la Somme, elle compte 10065 habitants. C’est la troisième ville de la Somme par sa population.

Le plateau picard étale sa platitude à peine troublée par l’encaissement d’une vallée sèche qui, naissant dans le village, s’éloigne vers la droite, jalonnée par une ligne d’arbres. Paysage d’openfield aux parcelles de taille moyenne (elles sont plus vastes dans le Sud de la Picardie). Cultures céréalières : vert foncé des blés, vert clair des orges ; betteraves qui laissent encore voir la terre beige. Le village, ramassé, tranche sur la campagne par ses arbres et ses pâtures. À l’extrême droite : les bâtiments désaffectés d’une petite sucrerie (on en comptait deux cents de ce type il y a un siècle en Picardie). Des hangars laissent deviner des fermes en activité. Le village s’agrandit par des pavillons neufs qui accueillent des personnes travaillant dans les usines de machines-outils d’Albert ou à l’Aérospatiale de Méaulte, toutes proches.

Histoire

La ville existait déjà sous l’empire romain, construite autour d’un pont, sur la Chaussée Brunehaut qui menait vers le Nord de la France. Elle s’est appelée Ancre jusqu’en 1620, en rapport avec l’un des plus grands aventuriers de notre histoire le Marquis d’Ancre monsieur de Concini. Louix XIII lui donne le nom d’Albert pour effacer ce souvenir. Ce non vient de Charles d’Albert duc de Luvnes, seigneur de la ville et grand fauconier. Grâce à une charte qui lu permet de se gouverner elle même, Albert devient une commue en 1178. La ville connut sept destructions complètes avant la première guerre mondiale mais fut rebâtie à chaque fois.

Située au coeur de la vallée de l’Ancre, à quelques kilomètres du front, la petite cité industrielle d’Albert fut le témoin des combats acharnés que se livrèrent les Alliés et les Allemands à partir de 1916.
La situation particulière de cette ville en fait un centre de ravitaillement de première importance et rappelle la place de choix des chemins de fer (surtout des trains portés sur des voies de 60 cm d’écartement) lors de la Première Guerre mondiale.

Albert fut détruite à 90 % ; c’est dire la violence de feu déployée par les belligérants dans cette région et dont l’écrivain Ernst Jünger, alors jeune combattant a porté témoignage dans son oeuvre « Orages d’acier ». 

La ville est prise par les Allemands le 29 août 1914, après la victoire de la Marne, mais elle est reprise le 13 septembre, le front s’éloigne de la ville à une distance de 3 km. Mais elle subit des bombardements de 1914 à la fin de 1915. La situation se calme après l’offensive des Anglais le 1er juillet 1916. La ville est reprise par les Allemands le 26 mars 1918, puis bombardée par les Anglais pour chasser les troupes allemandes. La ville est libérée le 23 août, il n’en reste plus rien, la reconstruction est menée de 1920 à 1930.

Basilique


La Basilique Notre-Dame de Brebières - La Basilique Notre-Dame de Brebières

Deux rendez-vous de pèlerinage se sont imposés depuis le Moyen Âge : Notre-Dame de Montflières, à Bellancourt, près d’Abbeville, et Notre-Dame de Brebières, à Albert, au cœur du Santerre. Un berger trouva une statue de la Vierge dans un champs.

Suite à l’accroissement de la population et pour perpétuer l’ancien pèlerinage, la basilique a été reconstruite entre 1884 et 1897 par un curé, l’abbé Ancinet Godin, sur les plans de l’architecte Edmond Duthoit. Ses voyages orientaux ont fortement influencé l’œuvre de l’élève d’Eugène Viollet-le-Duc. Notre-Dame-de-Brébières est ainsi un bel exemple d’architecture néo-byzantine, un style en vogue à la fin du XIXe siècle, qui connut également le néo-classique le néo-roman, le néo-gothique. Elle fut surnommée la « Lourdes du Nord », 

Le maître d’œuvre s’est inspiré d’un minaret du Proche-Orient pour dessiner le clocher-porche du sanctuaire marial, la corniche de l’abside étant la copie conforme de celle de l’église de Monreale en Sicile. Construite en briques et en pierres blanches, l’église est surmontée d’un clocher qui culmine à 76 mètres de hauteur, surmonté d’une statue de la vierge à l’enfant, elle-même recouverte de feuilles d’or.
La Première Guerre mondiale a contribué à donner au monument une nouvelle célébrité. Bombardée en 1915, sa vierge dorée, touchée par un obus, s’est fortement penchée sans tomber ! L’église et sa statue martyre ont alors été abondamment photographiées et l’image s’est diffusée à travers le monde sous forme de cartes postales, envoyées à leur famille par les soldats présents dans la région. Elle fut ainsi le témoignage de la violence et de l’horreur de la guerre.

Après la guerre, Brebières est reconstruite à l’identique par le propre fils de l’architecte Edmond Duthoit, Louis Duthoit, entre 1927 et 1931.
 
Albert et sa basilique - Albert et sa basilique Crédits : CRDP d'Amiens

Culture

La ville accueil tous les ans depuis 1991, date de sa création par des bénévoles, le Festival International du film animalier. Elle possède une discothèque et un bowling, une école de musique appelée Maurice André gérée par la communauté de commune, un cinéma de 250 places, un café théâtre, une bibliothèque médiathèque qui est aussi un cybercentre, et beaucoup d’équipement sportifs.

Musée Somme 1916 ou musée des abris


Le musée Somme 1916 à Albert - Le musée Somme 1916 à Albert Crédits : CRDP d'Amiens

La Picardie est une antique terre d’invasions et la cité d’Ancre, Albert dans la Somme, encore aux XVIe et XVIIe siècles, souffre des exactions commises par les Impériaux : en 1523, en 1553, en 1636 … C’est pourquoi ses habitants, les Albertins, comme beaucoup d’autres communautés rurales de ces terres de frontières, creusent dans le sous-sol crayeux des caches, appelées « muches » en picard, pour échapper au passage des troupes ennemies. En attendant 1916, année où la ville, devenue garnison britannique, est au cœur de la bataille de la Somme… Ces tunnels sous la ville trouveront encore au XXe siècle une utilité pour ses habitants. A l’approche de la Seconde Guerre Mondiale, la mairie d’Albert décide ainsi de réaménager ces souterrains, de construire des abris pour protéger les populations civiles locales. Un dispositif qui entre dans le cadre de la Défense passive.

Le musée Somme 1916 à Albert - Le musée Somme 1916 à Albert Crédits : CRDP d'Amiens

Plus tard, dans le plus important de ces souterrains, le Musée Somme 1916 est inauguré le 1er juillet 1992. Pas moins de six mois de travaux de réfection et de mise en conformité du site seront nécessaires pour permettre l’accueil des curieux et autres passionnés par l’histoire de la Grande Guerre, 50.000 par an, dont 60 % de touristes anglophones. A une dizaine de mètres sous terre et sur 250 mètres de long, de la Basilique à l’Arborétum-Jardin public, ce long couloir, ses alcôves, reconstituent en une quinzaine de scènes la vie dans les tranchées du combattant européen. Les objets, le matériel et les armes de cette époque permettent de visualiser le quotidien du Poilu ou Tommie, de mieux comprendre l’évolution des techniques de combat. Au sortir de ces lieux sous terre, le visiteur peut d’ailleurs faire l’acquisition de quelques-uns de ces objets d’époque dans le magasin-souvenir.
Ce Musée des Abris est décidément un lieu original.

Transports


La gare d’Albert - La gare d'Albert Crédits : CRDP d'Amiens

La gare n’a pas échappé aux bombardements pendant la première Guerre mondiale. Elle fut reconstruite dans les années vingt et bénéficia du concours financier de la ville de Birmingham, comme le reste de la commune. Son style est caractéristique de l’architecture d’après-guerre. La gare est massive, équilibrée, aérée, son portail principal ouvre sur un vaste hall dans lequel est exposé un avion de type « Potez ». Celui-ci rappelle que la ville était et reste aujourd’hui encore un grand centre de construction aéronautique.

Activités industrielles


Zone industrielle d’Albert - Zone industrielle d'Albert Crédits : CRDP d'Amiens

Albert possède deux zones industrielles (nord et sud) et une zone commerciale en plein développement. La ville accueille l’entreprise PHMA (Pôle Hydraulique et Mécanique d’Albert) qui, avec 24 entreprises complémentaires, emploie 2 000 personnes. Ces différentes zones et industries bénéficient du voisinage du site EADS de Méaulte et de l’aéroport Albert-Picardie, inauguré en 2007 et destiné à remplacer les longs et fastidieux trajets par camions des pointes avant des avions Airbus.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Désiré Emmanuel (CRDP d’Amiens) ; Sahaguian Franck

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