Abbeville

Commune de la Somme

Située à 15 Km de la Baie de Somme, la petite Camargue du nord, Abbeville est au centre d’une agglomération d’environ 30.000 habitants. Ancienne capitale de l’ancien comté du Ponthieu.


Abbeville - Vue aérienne d'Abbeville Crédits : CRDP d'Amiens

Sous préfecture de la Somme

Code postal : 80101
Nombre d’habitants : 24 325 en 2009
Gentilé : Abbevillois et Abbevilloises
Jumelage : Argos, en Grèce, depuis 1993, Burgess Hill, en Angleterre, depuis 1994.

Géographie

Abbeville est située sur la Somme à quarante cinq kilomètres en aval d’Amiens, mais à une dizaine de kilomètres de la baie et donc de la Manche. C’est la seconde ville du département de la Somme, une cité qui s’est installée le long d’un des nombreux coudes du fleuve, aux eaux à faible courant.

La large vallée de la Somme à Abbeville est caractéristique : des étangs (dont l’étang de Caubert, bien visible sur la photo avec sa forme ovale), des îlots, des marais, le canal, quelques prairies et bois. Au centre de l’image, on remarque le tracé rectiligne de la ligne de chemin de fer, inaugurée en 1847.
La gare d’Abbeville, construite en 1862, est excentrée par rapport au reste de l’agglomération. D’autant plus que la ville se développe actuellement vers l’Est et le Nord (à droite de la photo).

L’autoroute A16 contourne l’agglomération par le Nord. L’accès à la ville se fait, depuis les années 1990 grâce à deux échangeurs autoroutiers.

Histoire de la ville


La place de l’Amiral Courbet et Saint-Vulfran au début XXe - La place de l'Amiral Courbet et Saint-Vulfran au début XXe

« Abbatis Villa » (domaine rural de l’Abbaye) est mentionnée en 831 comme possession de l’Abbaye carolingienne de Saint-Riquier.

La ville est fortifiée vers 991 et protégée par un château établi à proximité, sur l’emplacement du futur prieuré Saint-Pierre, par Hugues d’Abbeville, avoué de Saint-Riquier et gendre de Hugues Capet, qui est à l’origine de la dynastie des Comtes de Ponthieu.

En 1184, le comte Jean de Ponthieu confirme par une charte l’affranchissement de la commune d’Abbeville.

Le XIIe siècle marque le début de la prospérité économique grâce au commerce maritime, la Somme permettant alors la navigation de gros tonnages jusqu’au port d’Abbeville avec l’Espagne, l’Angleterre et les pays d’Europe du Nord. Cette prospérité dure jusqu’à la fin du XVe siècle (époque de la construction de la Collégiale Saint Vulfran).

L’installation, à l’initiative de Colbert, de nouvelles industries (manufacture de draps par le Hollandais Josse Van Robais en 1665, et manufacture de tapis et moquettes par Philippe Leclerc en 1667), n’est pas suffisante pour redonner à Abbeville une activité comparable à celle des siècles précédents, en dépit du renom que devait connaître la Manufacture des Rames des Van Robais.

Dans le courant du XVIIIe siècle, Abbeville semble perdre peu à peu de sa grandeur. le déclin s’accentue au XIXe siècle : la ville ne bénéficie pratiquement pas des effets de la « Révolution Industrielle » excepté dans les activités commerciales dont le rayonnement semble même s’étendre.

Pendant la Première Guerre mondiale, Abbeville, malgré plusieurs graves bombardements, retrouve un renouveau d’activités grâce aux troupes anglaises qui y tiennent garnison. Par contre, la guerre 1939-1945 n’apporte que ruines et destructions. De nombreux et inestimables vestiges du passé disparaissent lors du terrible bombardement du 20 mai 1940.

À visiter

Malgré les guerres, Abbeville possède un riche patrimoine architectural.

Son beffroi de 1209, un des plus anciens de France, a obtenu en 2005 son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’U.N.E.S.C.O.


Le beffroi d’Abbeville - Le beffroi d'Abbeville Crédits : D.Raux/Région Picardie

La collégiale Saint-Vulfran, construite en 1488, est unanimement considéré comme un chef-d’œuvre de l’art gothique flamboyant. Victor Hugo, lui-même, amateur éclairé d’art médiéval, en a fait une description évocatrice.


La place de l’Amiral Courbet et la collégiale Saint Vulfran à Abbeville - La place de l'Amiral Courbet et la collégiale Saint Vulfran à Abbeville

Le château de Bagatelle, construit en 1752, est un bel exemple de folie, tel qu’on en construisait à l’époque.

Le musée Boucher de Perthes et ses chefs d’œuvre de l’art flamand et sa collection de silex préhistoriques.

A découvrir également de vieilles maisons du XVIe, d’élégants hôtels particuliers et des portails des XVIIIe et XIXe siècles, miraculeusement préservés des bombardements de la deuxième guerre mondiale.


La gare d’Abbeville - La garde d'Abbeville Crédits : CRDP d'Amiens

La gare d’Abbeville a été construite en 1862. Sa construction qui mélange la brique et le bois, appartient à l’esthétique balnéaire (par exemple les construction de Mers-les bains). Depuis 1984, elle est classée monument historique.

C’est l’avant-dernière gare construite en bois en France…La dernière est la gare TGV Meuse-Bois sacré construite en 2007, avec des essences différentes, épicéas, pin et chêne.


L’hôtel de ville d’Abbeville - l'hôtel de ville d'Abbeville Crédits : CRDP d'Amiens

Alors pourquoi trouve t-on à Abbeville un Hôtel de Ville aussi tristement banal ? La seconde Guerre mondiale et ses combats sont passés par là.

Au printemps 1940, la défaite française a été si rapide à se dessiner qu’on en oublie très souvent la violence des combats qui l’ont précédée. 100.000 morts en 5 semaines de conflit pendant les mois de mai et juin, soit des taux de pertes qui rappellent ceux du mois d’août 1914 !

La bataille d’Abbeville se déroule du 28 mai au 4 juin 1940. La 4e division cuirassée de réserve du colonel de Gaulle s’y illustre.
Picasso a immortalisé Guernica, ville basque détruite par l’aviation allemande en 1937. Le même scénario se répète pour les Abbevillois, le 20 mai 1940.

La ville est réduite en cendres par les bombardements allemands : 2400 immeubles sont détruits, 3600 autres sont endommagés.

La ville est libérée par la 1re division blindée polonaise au mois d’août 1944 et la reconstruction peut commencer.
Celle-ci est officiellement lancée le 8 mai 1948, lorsque Max Lejeune, le maire d’Abbeville, accueille le Président de la République, Vincent Auriol, en visite, accompagné de René Coty, alors Ministre de la Reconstruction.

La première pierre des travaux qui vont donner un visage nouveau à la ville est posée. Douze années plus tard, le 9 octobre 1960, l’inauguration du nouvel hôtel de ville, marque la fin de la reconstruction du centre d’Abbeville.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; CRDP Picardie

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