Abbayes de Picardie

Vestiges

Même à l’état de vestiges, même si elles n’ont pas la réputation des « grandes », ces abbayes méritent l’attention.

Abbayes de l’Oise

Bonneuil-en-Valois, abbaye Notre-Dame du Lieu-Restauré


- Abbaye de Bonneuil Crédits : CRDP d'Amiens

Son origine remonte au XIIe siècle. En 1138, Raoul de Valois donne aux Prémontrés de Cuissy une demeure fortifiée avec une chapelle appelée un « lieu » au Moyen Âge, car consacrée. Cette donation est le point de départ d’un grand renouveau spirituel d’où l’appellation de Lieu-Restauré.

Aux XIIe et XIIIe siècles, une première abbaye est construite avec une église à chevet plat ; les bâtiments conventuels sont classiquement disposés autour d’un cloître au sud. La vallée est drainée et assainie.

En 1430, l’abbaye est détruite pendant la guerre de Cent Ans.

En 1564, elle passe en commende.

En 1567, elle est ravagée par les protestants.

En 1791, elle est vendue comme bien national et devient carrière de pierres.

L’église, reconstruite aux XVe et XVIe siècles, a conservé deux travées de la nef bordées de bas-côtés, ainsi que la plus grande partie de son transept. La façade occidentale s’ouvre par une porte en anse de panier du XVIe siècle, surmontée d’une remarquable rose datée de 1540 qui a fait la célébrité de l’édifice. Elle comporte des remplages flamboyants dont les courbes et les contre-courbes créent des jeux d’ombre et de lumière extraordinaires.

Ruines de l’abbaye Saint-Arnoul à Crépy-en-Valois


- Abbaye de Crépy-en-Valois Crédits : CRDP d'Amiens

Fondée au XIe siècle par Gauthier Leblanc, Comte de Valois, pour y abriter les reliques de Saint Arnoul, l’abbaye a été rattachée à l’abbaye de Cluny en 1077.

Elle est vendue comme bien national à la Révolution en 1790.

Une grande partie de l’église sera détruite.

Abbayes de l’Aisne

Abbaye de Foigny


- Abbaye de Foigny Crédits : CRDP d'Amiens

Foigny, l’ancienne Fusniacum, dans le Nord de l’Aisne, est un monastère cistercien, fondé en 1121 par Saint Bernard de Clairvaux, suivant la proposition de l’évêque de Laon, Barthélemy de Jur.

D’abord dépendant de l’abbaye de Saint Michel en Thiérache, ce domaine passe sous la coupe du jeune ordre cistercien.

Conduit par l’abbé Rainaud, un groupe de moines vient alors se fixer à Foigny, dans une petite île formée par un bras du Thon, puis sur la rive droite de la rivière, à flanc de coteau.

Un premier monastère est construit, la chapelle étant consacrée par Bernard lui-même, le 11 novembre 1124.

De nombreuses donations viennent ensuite enrichir le domaine de l’abbaye-fille de Clairvaux, venues de l’évêque de Laon, des grands féodaux de la région. Celle-ci obtient du pape Innocent II une bulle de protection qui n’empêche pas les conflits de naître avec les abbayes voisines, des provinces de Reims et de Rouen.

Le monastère de Foigny possède alors de nombreuses granges et autres dépendances au XIIIe siècle, sur un domaine estimé de 12000 hectares.

Ce dernier subit les outrages perpétrés par les bandes armées au cours de la Guerre de Cent Ans, les moines se réfugiant dans les villes voisines où l’abbaye possède des maisons.

Au cours des deux siècles qui suivent, les différents abbés qui se succèdent à Foigny, Jean Desprez, Louis de Bandouil, Jean de Nieule, Robert de Coucy , etc. ne parviennent pas à reconstituer la communauté.

L’abbaye elle-même est ravagée par les Impériaux qui envahissent la Thiérache 1542, puis par les Espagnols en 1634.

Vient alors le temps de la décadence.

Une dizaine de religieux seulement occupent les lieux au début du règne de Louis XIV.

Foigny est reconstruite sous l’abbatiat d’Armand-Gaston de Rohan-Soubise, de 1722 à 1741, avant d’être transformée en hôpital militaire en 1793, puis vendue et démolie.

Ne demeurent qu’un bâtiment du XVIIIe siècle, un massif de maçonnerie informe qui marque le coin de la nef et du croisillon nord de l’ancienne abbatiale, une petite chapelle de briques construite à la fin du XIXe siècle.


- Abbaye de Foigny Crédits : CRDP d'Amiens

Un moulin sur la rivière du Thon subsiste, il produit de d’hydroélectricité depuis 1982.

Le site de l’ancienne abbaye de Foigny a fait l’objet d’une campagne de fouilles en 1959.
 

Saint-Nicolas-au-bois, domaine ecclésiastique du Tortoir


- Saint-Nicolas-au-bois, domaine ecclésiastique du Tortoir Crédits : CRDP d'Amiens

Situé dans le massif forestier de Saint-Gobain, cet ensemble de bâtiments dépendait de l’abbaye bénédictine de Saint-Nicolas-aux-Bois, à proximité.

Connu sous le nom du Tortoir, toponymie liée probablement à l’existence d’un ancien pressoir ou plus vraisemblablement d’un moulin à foulon, ce domaine ecclésiastique, donné en 1130 par le chapitre cathédral de Laon à l’abbaye, avait une vocation agricole et forestière et n’était ni une maladrerie ni un manoir abbatial.

Un logis et des dépendances agricoles sont attestés au XIIIe siècle. Le domaine affermé depuis au moins 1604, en mauvais état, fait l’objet de gros travaux en 1660.

Vendu à la Révolution, il reste dans la même famille jusqu’en 1883.

Classé monument historique en 1912, il est racheté en 1925 pour servir de domaine d’expérimentation agricole avant d’être restauré par l’architecte Jean Trouvelot.

Jadis clos de murs et formant un quadrilatère, il est aujourd’hui réduit à un complexe de bâtiments qui occupent deux côtés en retour d’équerre et se composent d’une part d’un logis et d’une chapelle et d’autre part d’un grand bâtiment dont l’affectation primitive est indéterminée, mais supposée avoir été un réfectoire et dortoir des hôtes ou encore un cellier avec dortoir au-dessus.

Cette aile est rythmée sur sa façade sud par huit grandes baies répétées sur les deux niveaux. Si les baies de l’étage sont courantes au XIIIe siècle, celles du rez-de-chaussée à réseau polylobé sont d’un modèle rare, plus civil que religieux. Chaque angle de ce bâtiment repose sur une tourelle assise sur des trompes, signe plus d’apparat que de défense ; une cheminée monumentale est encore visible sur chacun des pignons ; l’élévation nord a été très remaniée.

La chapelle et le logis de dimensions plus modestes offrent encore un décor intérieur raffiné : culots à tête humaine sur la cheminée et aux abouts des poutres de la charpente. La datation proposée pour cet ensemble est du début du XIVe siècle.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Boulnois Alain ; Plouvier, Martine

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