Abbaye royale de Chaalis

XIIIe siècle

Il ne reste aujourd’hui que quelques ruines de cette riche abbaye mentionnée dès le VIIe siècle. Elles sont le reflet bien pâle de sa prospérité économique et de son rayonnement intellectuel entre le XIIe et le XVe siècle.


Abbaye de Chaalis - Abbaye royale de Chaalis Crédits : CRDP d'Amiens

L’abbaye royale de Chaalis est située à l’orée de la forêt d’Ermenonville, dans l’Oise, 

Un premier prieuré bénédictin, Cadolaïcus, est fondé par Renaud de Mello au début du VIIIe siècle.

Après 1040, Chaalis appartient à l’abbaye de Vézelay.

En 1136, elle devient abbaye cistercienne, pour honorer la mémoire du comte de Flandres Charles le Bon, assassiné à Bruges en 1127 et frère du roi Louis VI.
Située dans une zone marécageuse, elle participe à cette grande oeuvre de mise en valeur des terres incultes menée par l’Église. Les religieux ont drainé les marais et ont doté l’abbaye d’un magnifique réseau hydraulique qui ne contrôlait pas moins de huit étangs en 1464.
À partir du XIIe siècle, l’abbaye devient un centre intellectuel très important qui reçoit la visite de Saint Louis et de Charles V.

La construction des bâtiments subsistants débute au XIIIe siècle et s’étend jusqu’au XVe siècle.


Fresque de la voûte de la chapelle Sainte-Marie - Abbaye royale de Chaalis Crédits : CRDP d'Amiens

Au XVIe siècle, l’abbaye est administrée par l’un des plus grands mécènes de l’époque, le cardinal Hippolyte d’Este, créateur de la villa d’Este à Tivoli, en Italie.

Il invite le peintre Primatice à œuvrer à Chaalis. Entre 1543 et 1545, ce dernier réalise les admirables fresques situées sur la voûte de la chapelle Sainte Marie, restaurée en 2005.

Au XVIIe siècle, l’abbaye décline et c’est paradoxalement la volonté de son neuvième abbé commendataire (Louis de Clermont, petit-fils du Grand Condé) de relever Chaalis de ses ruines qui va précipiter sa perte.
Des plans grandioses sont établis par l’architecte Jean Aubert. Les travaux débutent en 1737, mais s’arrêtent très vite faute d’argent.

En 1785, l’abbaye est ruinée, les religieux dispersés.
En 1793, les bâtiments vendus comme biens nationaux servent de carrières de pierres.


Vestiges des murs de l’église - Abbaye royale de Chaalis

Aujourd’hui, il reste quelques pans de mur de l’église rappelant les ruines romantiques si appréciées au XIXe siècle.

En 1851, Madame de Vatry devient propriétaire du domaine. Elle décide d’entreprendre de considérables travaux de restauration et de remise en état des constructions.

En 1902, Chaalis est rachetée par Nélie Jacquemart-André qui réaménage le château où elle réunit une très belle collection d’oeuvres d’art et met en valeur ce grand domaine de plus de 1000 ha.
 


Château de l’abbaye de Chaalis - Abbaye royale de Chaalis (l'ache au premier plan)

L’abbaye royale de Chaalis est aujourd’hui la propriété de l’Institut de France.

Dans le vaste château, autrefois occupé par ses deux bienfaitrices, la salle des Moines, puis la Grande Galerie, au rez-de-chaussée, sont les lieux d’exposition de précieux panneaux peints au Moyen Âge, de coffres gothiques et Renaissance, de bustes antiques.


Château de l’abbaye de Chaalis - Abbaye royale de Chaalis Crédits : CRDP d'Amiens

Viennent ensuite les pièces de réception, ornées de tapisseries, de mobiliers estampillés et de tableaux de maîtres. Au premier étage, la galerie, consacrée à la peinture moderne et aux meubles Renaissance, ouvre sur les anciennes cellules de moines.

Celles-ci sont à présent occupées par un mobilier de style XVIIIe siècle ou Empire.


Château de l’abbaye de Chaalis - Abbaye royale de Chaalis Crédits : CRDP d'Amiens  

L’église


Vestiges de l’église - Abbaye royale de Chaalis Crédits : CRDP d'Amiens

L’église est construite au XIIIe siècle sous les abbatiats de Guillaume de Dongeon (1186-1202) et d’Adam (mort en 1217).

Elle est consacrée en 1219 par Guérin, évêque de Senlis.

Cette grande église, de 82 m de long et de 19,7 m de hauteur sous voûte, possédait un choeur assez réduit mais un transept très important, dont chaque croisillon était ceint de sept chapelles rayonnantes. La nef possédait six travées, un vaste porche d’entrée tenait toute sa largeur à l’ouest.

Seuls demeurent le mur de soubassement du chevet, une partie du bras nord du transept avec ses grandes arcades à piles rondes, de beaux chapiteaux à crochets et des fenêtres hautes en arc brisé.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia ; Boulnois Alain

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