Abbaye de Vauclair

La quinzième fille de Clairvaux …


Abbaye de Vauclair Crédits : Région Picardie

En mai 1134, une douzaine de moines cisterciens investissent la petite vallée marécageuse de l’Ailette pour y édifier une abbaye, à la demande de l’abbé de Clairvaux, Bernard. Ces religieux obéissent à des règles très strictes : pauvreté, solitude, travail, jeûne et prière

Le monastère devient prospère, de nombreuses fermes y sont adjointes, et les règles se relâchent … Une seconde campagne de construction est menée au XIIIe siècle, pour accueillir des religieux en plus grand nombre

Le nouveau domaine occupe un enclos de 17 hectares, fermé par un mur d’enceinte ouvert à l’Ouest par une porterie, dont la construction est achevée au milieu du XIVe siècle. Entre la porterie et les lieux réservés aux moines, à leur vie et à leurs prières, le quartier des hôtes accueille les visiteurs : hébergement, cuisine, glacière et même un vivier permettent aux pèlerins et autres voyageurs d’être en totale autonomie.

La guerre de cent ans et les guerres de religion marquent le début de toute une série de destructions et de dégradations… qui culminent lors de la Révolution, lorsque l’abbaye est vendue comme bien national, et les moines, dispersés. Le domaine est alors investi par la population, qui y pratique des activités agricoles, des pans de murs sont démantelés, et la pierre, ré-employée pour d’autres constructions…


Abbaye de Vauclair Crédits : Région Picardie

La Grande Guerre achève de ruiner Vauclair. Les bâtiments encore debout avant 1914 sont détruits par les bombardements de l’offensive du chemin des Dames, en 1917.

La ’renaissance’ de Vauclair

En 1965, Vauclair est un site à l’abandon, menacé de disparaître dans l’indifférence générale. Quelques interventions de confortation des ruines sont réalisées dans l’entre-deux-guerres, mais les vestiges de l’abbaye ont été gagnés par la végétation. De nombreuses pierres sont éparpillées dans les taillis autour des bâtiments que les bombardements de l’offensive du Chemin des Dames, en 1917, avaient achevés de détruire.

Il fallait écrire le passé et sauver le présent de Vauclair !

Devant l’absence de sources écrites, une seule solution : l’archéologie. Les recherches sur le terrain, démarrées en 1965 et poursuivies jusqu’en 1988, se révèlent à la fois le meilleur outil au service de la connaissance du monastère, et le catalyseur de l’intérêt scientifique et public pour le site abbatial.

20 ans de fouilles ... L’invasion végétale a été stoppée, les fondations et vestiges subsistants ont été sauvegardés et valorisés, le dessin de la 15e fille de Clairvaux retrouvé, et son histoire esquissée.

Le verger de l’abbaye de Vauclair


Abbaye de Vauclair, le verger Crédits : Région Picardie

Il s’agit d’un verger conservatoire qui s’étire sur plus d’un tiers du site de l’abbaye, et a été créé pour la préservation et la valorisation d’arbres fruitiers, principalement pommiers et poiriers, que l’on trouvait traditionnellement dans les régions françaises.

Pommes et poires étaient autrefois récoltées dans les campagnes de France, dans l’Aisne, dans l’Oise et dans la Somme, mais aussi dans le Nord, en Poitou et en Brie… Un choix étonnant de près de cent variétés de pommes et de poires attendent d’être cueillies ou ramassées pour composer un panier coloré d’ocres, de verts, de rouges, de jaunes… Un lieu calme, reposant, éclatant au temps de la floraison, et odorant lorsque vient l’automne, et le temps de la cueillette.

Le jardin des plantes médicinales de Vauclair


Abbaye de Vauclair, le jardin des plantes médicinales Crédits : Région Picardie

A l’origine, lorsque les moines vivaient en quasi-autarcie, et qu’ils devaient faire acte de charité et soigner les pèlerins ou les paysans, chaque abbaye disposait d’un lopin de terre où poussaient les plantes à l’ancestral pouvoir de soigner, et (quelquefois) de guérir. L’abbaye de Vauclair ne dérogeait pas à la règle, et possédait son jardin de plantes médicinales.

Longtemps abandonné, au fil des destructions opérées au cours des siècles, le jardin a été recréé, à proximité de l’emplacement présumé des anciennes infirmeries, dont les fondations ont été mises au jour lors de la campagne de fouilles de 1974. Il s’agit d’un jardin en damier… Selon la tradition, chaque espèce dispose de sa « case » d’un mètre de côté, et l’alternance surface plantée, dalle de pierre, comme un immense échiquier, assure aux plantes à la fois l’humidité et la chaleur indispensables à leur développement.

Des plantes médicinales, reconnues pour leurs qualités thérapeutiques, côtoient des plantes plus communes, mais quelque peu oubliées, typiques de la flore régionale.

Contributeur(s) initial(ux)

LAVAL Nadine

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