Abbaye de Chiry-Ourscamp

Abbaye cistercienne de l’Oise, fondée en 1129


Abbaye de Chiry-Ourscamp - Chiry-Ourscamp, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

Les vestiges de l’abbaye de Chiry-Ourscamp représentent le témoignage le plus important des grandes abbayes cisterciennes de l’Oise.

L’histoire


Vestiges de l’église cistercienne de Chiry-Ourscamp - Chiry-Ourscamp, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

L’abbaye est fondée en 1129 par Simon de Vermandois, évêque de Noyon et cousin du roi de France Louis VI le Gros. Il installe des moines de Clairvaux sur l’emplacement d’un ancien oratoire fondé par saint Éloi en 641 (évêque de Noyon au VIIe siècle).

On dit que lors des premiers défrichements de la clairière, saint Eloi parvint à atteler l’ours qui venait de tuer le bœuf chargé de tirer la charrue.

L’essor est très rapide et l’abbaye fonde à son tour de nombreuses « filles » (Froidmont en 1134, Beaupré en 1135, Mortemer en 1134...) et de nombreuses « granges » (Warnavillers, Éreuses, Éraine...).

Les constructions suivent le rythme du développement.

La première église est consacrée en 1134, un deuxième édifice plus vaste, commencé sous l’abbatiat de Guillaume (mort en 1157), est consacré en 1201.

En 1358, Chiry-Ourscamp compte 120 moines et 80 convers quand débute son déclin.

Pillée, elle tombe en commende, incendiée en 1581 elle est en partie reconstruite (toitures du déambulatoire, chapelles rayonnantes, faux triforium à la base des fenêtres hautes).

En 1748, l’aile de Gesvres est construite. Cette embellie ne dure guère.

En 1791, l’abbaye ne compte plus que 18 moines. Elle est supprimée puis vendue comme bien national en 1792 à Claude Pierre Maximilien Radix de Sainte-Foy. Il fit abattre en partie l’église abbatiale, ajoutant sa touche personnelle aux destructions passées. Ne pouvant pas payer, l’État en prend possession et la transforme en hôpital militaire jusque 1807.

Elle est vendue à Radix de Sainte-Foix en 1812 qui y établit une manufacture de fil. Il fait détruire le cloître et la nef de l’église pour la transformer en ruine romantique.


Abbaye de Chiry-Ourscamp - Chiry-Ourscamp, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

De 1822 à 1914, Chiry-Ourscamp est une manufacture de coton.

En 1914, elle sert d’entrepôt de munitions aux Allemands.

Elle est alors bombardée par l’artillerie française en février 1915 et incendiée...

Sa seconde vie débute en 1935 avec son rachat par les Serviteurs de Jésus et de Marie. Elle est alors en partie restaurée et abrite à nouveau une congrégation religieuse.

L’architecture


Eglise de l’abbaye de Chiry-Ourscamp, aile de Gesvres - Chiry-Ourscamp, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

En dehors de l’aile de Gesvres de style classique, il ne reste que quelques vestiges de l’église qui permettent de l’identifier comme un bâtiment typique de l’architecture cistercienne du XIIe siècle.

Ses ruines démontrent que les ogives sur croisées, piliers et arcs-boutants forment le squelette de l’édifice, les murs extérieurs, les voutains et la façade en constituant les éléments de remplissage.


Abbaye de Chiry-Ourscamp, vestiges de l’église cistercienne - Chiry-Ourscamp, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

Il s’agissait d’un long vaisseau voûté d’ogives, avec des bas-côtés à deux niveaux, un transept saillant dont chaque bras ouvrant sur quatre chapelles quadrangulaires.


Abbaye de Chiry-Ourscamp, vestiges de l’église cistercienne - Chiry-Ourscamp, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

Le choeur est agrandi en 1223. Son élévation est à deux niveaux : il se compose de quatre travées dans la partie droite avec bas-côtés et d’une abside à cinq pans avec déambulatoire sur lequel s’ouvraient cinq chapelles rayonnantes.

Les architectes utilisèrent les techniques les plus « pointues » de l’époque : fenêtres hautes à meneaux béantes grâce à des toitures à deux versants (bas-côté et déambulatoire) par exemple.


Eglise de l’abbaye de Chiry-Ourscamp, aile de Gesvres - Chiry-Ourscamp, l'abbaye Crédits : CRDP d'Amiens

Cette église se caractérise par la délicatesse de ses lignes, la verticalité de ses fenêtres hautes amplifiée par la suppression du triforium ; son choeur si délicatement sobre se veut le reflet de la simplicité et du désir de pureté des Cisterciens.

On retrouve les mêmes désirs dans la construction rectangulaire de la salle des morts ou infirmerie du XIIIe siècle, une pièce rectangulaire de 46 m sur 16 m. La chapelle actuelle occupe cette ancienne infirmerie. Elle est constituée de trois vaisseaux séparés par des colonnes, les murs sont percés à chaque travée de six baies : trois petites surmontées de trois grandes ouvertures rectangulaires en arc surbaissées sous un oculus polylobé.

D’autres bâtiments conventuels, ainsi que le logis de l’abbé ont été élevés au XVIIIe siècle, quelques décennies avant que les derniers moines ne soient chassés des lieux.

Tourisme à Chiry-Ourscamp

Au cœur de la forêt domaniale, le monastère est aujourd’hui le point de départ de circuits de randonnée, pédestres et cyclistes, qui suivent le cours de l’Oise et permettent de visiter aussi Noyon, Compiègne, Pierrefonds, etc. Un coin de verdure propice à la détente, à l’isolement et à la découverte d’un patrimoine exceptionnel, l’abbaye et l’église du XIIe siècle et d’un patrimoine insolite, les vieilles pierres du château d’Alphonse Mennechet de Barival.


Maison du tourisme de Chiry-Ourscamp - Chiry-Ourscamp, maison du tourisme Crédits : CRDP d'Amiens

La municipalité a décidé de la construction d’une maison du tourisme, face à l’abbaye cistercienne, un lourd investissement au regard de sa population de 1112 habitants en 2010.

Chiry-Ourscamp possède un camping, quelques gites ruraux et chambres d’hôtes.

Cette offre d’hébergement est en rapport avec l’environnement proche du village, la forêt domaniale d’Ourscamp-Carlepont et la vallée de l’Oise

Le succès du tourisme vert repose le plus souvent sur une offre diversifiée de sites à vivre et d’activités à l’échelle de plusieurs communes, d’une thématique d’ensemble et d’un partenariat entre acteurs institutionnels.

Contributeur(s) initial(ux)

Picardia

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